Algues vertes – L’histoire interdite | Inès Léraud & Pierre Van Hove

Prix éthique Anticor 2021 – Prix de la BD bretonne 2020 – Prix du journalisme 2020 – Prix des mémoires de la mer 2020 – Prix de la BD sociale et historique 2020

[3615 My Life]

Pendant ces dernières vacances, j’ai fait un gros craquage BD, une grosse dizaine d’albums que j’avais repérés tout au long de l’année, principalement de la science-fiction et de la fantasy. Des trucs récents, des choses plus anciennes. Parmi tous ces albums, il y a résolument un intrus, une singularité : Algues vertes – l’histoire interdite.

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Je pense que c’est la première fois que je me lance dans un reportage BD de 160 pages. J’avoue qu’avant de commencer ma lecture j’étais très dubitatif. Si je veux lire quelque chose sur l’écologie (histoire de bien me foutre en l’air le moral), d’habitude je prends un bouquin sérieux écrit par un ou des scientifiques sérieux. Bon là, l’approche est résolument différente : ludique mais sérieuse, caustique mais sérieuse.

Cette bande-dessinée très précise, très bien chapitrée, est une tuerie. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le lien avec le film Spotlight même si les sujets n’ont absolument rien en commun. Au-delà du problème connu des algues vertes qui s’amassent sur les plages bretonnes par tonnes, voire dizaines de tonnes, et causent la mort de chiens, chevaux, sangliers et même joggers en pourrissant et en dégazant leur H2S, Inès Leraud démonte tous les mécanisme qui sont à l’origine du phénomène, elle remonte dans le temps avant d’explorer les liens sulfureux qui unissent les mondes politique et agroalimentaire.

L’enquête semble très rigoureuse (tous un tas de document est disponible en annexe), la scénariste œuvre avec détermination, certes, mais une très grande prudence, ne rajoutant aucun effet dramatique. Comme dirait le FBI : les faits, juste les faits. Et ces faits suffisent largement à vous faire froid dans le dos.

Cela ressemble à une grande enquête du Canard Enchaîné méticuleusement transformée en BD ; c’est très réussi. C’est aussi désespérant, puisque la conclusion c’est qu’au lieu de s’attaquer à la maladie on ne soigne que son symptôme le plus visible en jetant à la déchetterie chaque année des mètres-cubes et des mètres-cubes d’algues vertes ramassées au bulldozer.

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