Utopia S01 – Dennis Kelly (2013)

Utopia

S’il y a un truc que je ne fais jamais, mais vraiment jamais, c’est revoir une série. Et donc, en toute logique, je me suis lancé dans une seconde vision d’Utopia. La saison 1, car j’ai très sincèrement détesté la saison 2… qui (puisque la saison 1 se termine sur une « révélation ») aurait pu être utile, mais s’est révélée plutôt creuse, ennuyeuse. Et vite oubliée.

Donc Utopia S01 c’est génial, sautons tout de suite aux conclusions hâtives, mais c’est quoi ? Ça parle de deux tueurs, un gros essoufflé et un autre aux cheveux rigolos, qui tuent des tas de gens pour retrouver Jessica Hyde. Ça parle d’un comics graphic novel The Utopia Experiments qui attire tous les fans de la théorie du complot. Ça parle d’un serviteur de l’état, engagé au ministère de la santé, qui doit trouver un moyen de commander quelques dizaines de millions de vaccins pour une grippe russe qui semble assez improbable. Ça parle d’un complot aux proportions gargantuesques. Ça tient à fond sur l’esbroufe (comme j’aime l’odeur de la manipulation scénaristique de bon matin) et un mélange improbable d’humour anglais et de violence gratuite. Jamais ça ne devrait marcher et pourtant j’ai couru (deux fois).

Sinon : l’habillage musical est étonnant. Décalé comme le reste.

The Fall – série télé (2013-2016)

theFall

Belfast, 2012. Un tueur (Jamie Dornan) étrangle des femmes, les lave, les laisse mortes dans des positions suggestives. Une commissaire londonienne (Gillian Anderson) est appelée en renfort par la police de Belfast ; elle a mené les investigations de l’affaire Moon, son expérience en la matière ne peut être remise en question. Le tueur s’appelle Paul Spector, il est psychologue, spécialiste du deuil. Il est marié à une infirmière ; ils ont deux enfants. La commissaire s’appelle Stella Gibson, elle est célibataire, bisexuelle, libérée mais fragile. Sous le masque de glace d’un professionnalisme acéré, elle cache une psychologie craquelée par l’empathie et la compassion. Stella (la souris) poursuit Paul (le chat). Stella (la blonde) fascine Paul (qui ne tue que des brunes). Il ne peut en rester qu’un(e).

Rarement une série télévisée ne m’aura fasciné à ce point ; je me suis surpris à revoir des épisodes, pour savourer la précision des détails, la méticulosité du scénario, le jeu de Gillian Anderson. La mécanique narrative est un modèle d’horlogerie suisse, régulier, sans fausse note. Dès le premier épisode, l’identité du tueur est connue. Dès le premier épisode, la fragilité de Stella est palpable. Le suspense est ailleurs, dans les procédures, les expertises médico-légales, les points presse, les erreurs que commettent les uns et les autres.

Gillian Anderson joue là le rôle de sa vie ; elle n’a jamais été aussi belle (elle fête ses cinquante ans cette année, ce qui de son point de vue est sans doute un « mauvais cap »), jamais elle n’a été aussi fragile, aussi forte, aussi lumineuse dans sa volonté de faire le bien. De faire ce qui est juste. Jamie Dornan est époustouflant en serial killer méticuleux, mais toutefois dominés par ses pulsions perverses. C’est un anti Hannibel Lecter, un anti Dexter. Il est tellement vivant, anti-romanesque, quotidien, incarné, probable dans ses moindres détails. Effrayant dans son apparente banalité de bon père de famille. Mais aussi dans sa capacité intellectuelle à construire des meurtres, des actes, des alibis. Les seconds rôles ne sont pas en reste. Colin Morgan est habité, presque incandescent, dans son interprétation du policier Tom Anderson, amant malheureux de Stella. Il s’est approché trop près de l’étoile, il s’est brûlé les ailes.

The Fall est épouvantable, éprouvant, à réserver aux adultes avertis ; les scènes de meurtre sont abominables. Les scènes de violence sont aussi rares qu’explosives. Les secrets des uns et des autres sont souvent inavouables. Mais derrière cette radicalité, se cache une ambition de marbre, inébranlable. Celle d’approcher au plus près la nature du mal. Ce qui, à mon sens, est le rôle primordial de l’art.

Fargo – saison 1

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Lester Nygaard (Martin Freeman) est courtier en assurances dans la petite ville américaine de Bemidji (Minnesota).  Un jour, dans la rue, il est maltraité par un ancien camarade d’école : Sam Hess. Ce gros connard qui possède une compagnie de transport routier est lié aux « gens de Fargo », la mafia. Au terme de l’altercation, Lester se casse le nez contre une vitrine. A l’hôpital, il raconte sa pitoyable histoire à l’inquiétant Lorne Malvo (Billy Bob Thornton, peut-être dans le rôle de sa vie), qui vient d’avoir un accident de voiture. Plus tard, Lorne Malvo se rend dans une boîte de strip-tease et assassine Hess d’un coup de couteau dans le crâne, alors que la victime suait à grosses gouttes en plein ébat tarifé. Ce premier meurtre va déclencher l’apocalypse sur Bemidji.

S’il y a un truc que je ne fais jamais, mais jamais, c’est revoir une série télé. Mais bon, la chair est faible, l’esprit aussi, et j’ai craqué, je me suis replongé avec plaisir dans cette première saison de Fargo. La mémoire est une mécanique complexe assez fascinante. La mienne est notoirement foireuse. Donc je me souvenais de Lester, de Malvo, des Solverson fille et père (Keith Carradine, j’adore cet acteur), mais j’avais complètement oublié toute la partie de l’intrigue avec le roi des supermarchés Milos Stavros (Oliver Platt). Fort logiquement, c’est ce qui m’a semblé le moins convainquant dans toute cette histoire. Sinon, Fargo c’est méchant, c’est drôle et certains des personnages sont bouleversants comme celui de Molly Solverson (Allison Tolman, qui porte plutôt bien ses kilos en trop). Lorne Malvo est particulièrement tordu et c’est sans aucun doute ce qui le rend unique.

Bon, ça n’a absolument aucun rapport, mais maintenant j’ai envie de revoir la première saison de Twin Peaks.

The night of – HBO (2006)

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Nasir Khan (Riz Ahmed) est un jeune homme de confession musulmane a priori sans histoire, un étudiant d’origine pakistanaise qui, un soir, emprunte le taxi de son père pour se rendre à une fête, downtown New York. Il se perd, s’arrête à un carrefour. Il n’a pas allumé son panneau « off duty ». Une jeune femme déboussolée monte dans son taxi. Elle veut aller à la plage. Il l’emmène au pied du pont de Brooklyn. Ils rentrent ensemble dans les beaux quartier, boivent, se droguent, jouent au jeu du couteau, font l’amour. Puis Nasir se réveille en sous-vêtements près du frigo ouvert. Il monte dans la chambre. Andrea (Sofia Black-d’Elia) est morte. Elle a reçu 22 coups de couteau. Naz panique. Ramasse le couteau avec lequel ils ont joué. Sort. Casse la vitre pour rentrer (il a oublié son blouson et les clés du taxi). Un témoin le voit (r)entrer par effraction. Il s’enfuie. Il sait que tout l’accuse. Trois pâtés de maisons plus loin, une voiture de police l’arrête pour une banale infraction au code de la route. Entrent alors un jeu un policier à deux doigts de la retraite, le détective Box (Bill Camp), un taulard qui prend Naz sous sa protection (Michael Kenneth Williams, mondialement connu pour son rôle d’Omar Little dans The Wire) et un avocat loser qui souffre d’un eczéma épouvantable (John Turturro).

Franchement après avoir vu les huit épisodes de The Night of, je ne sais pas trop par où commencer.

Plongeons : les acteurs sont géniaux (du premier rôle au troisième couteau) ; on retrouve la qualité HBO à laquelle on s’est habitué. Chacun incarne son rôle à un point tel que parfois on a l’impression de voir une histoire vraie se dérouler sous nos yeux. La série fait preuve d’une minutie incroyable dans sa volonté de montrer le fonctionnement de la justice américaine, l’horreur d’une prison comme Rikers Island ou la géographie de New York. Il faut savoir que le premier épisode est long, très détaillé, et qu’il se pose donc comme une sorte de seuil à enjamber. Je l’ai trouvé lancinant, j’ai pensé abandonner. Ceux qui connaissent la série The Wire / Sur écoute comprendront sans doute de quoi je parle. Puis la série prend son envol : implacable, éprouvante, sorte de catalogue de toutes les bassesses humaines possibles, mais aussi portrait en creux d’un père, Salim Khan (Payman Maadi) qui n’a de cesse de rester digne, un rocher dans la tempête. Ils sont tous terriblement humains dans leurs failles mais aussi leurs (éventuelles) forces. La descente aux enfers de Nasir est si rapide, si brutale, si réaliste qu’on prie littéralement pour que quelque chose de ce genre n’arrive jamais à un de nos enfants (on sait que ce sont des petits cons, qu’ils vont trop boire, prendre des drogues, déconner, on sait parce qu’on l’a fait vingt/trente ans avant eux et qu’on a « survécu » ou parce que des copains/copines à nous ont traversé ça – et certains sont tombés).

The Night of est d’une telle force émotionnelle qu’on ne peut échapper à son raz-de-marée. Par contre, son horreur psychologique est si poussée qu’il vaut mieux être prévenu. Si vous ne voulez pas voire une mère de famille honnête s’enfoncer des boulettes de cocaïne dans le vagin pour aider son fils en prison, si vous ne voulez pas voir un gardien extraire un téléphone portable du rectum d’un prisonnier fraîchement débarqué, si vous ne supportez pas la vue d’une hémorragie artérielle à la lame de rasoir (façon Un prophète), évitez. The Night Of n’épargne rien à Nazir et par voie de conséquence électrocute un spectateur qui ne s’attendait probablement pas à ce que le spectacle aille si loin. Descende si profond dans l’enfer carcéral.

On peut aussi considérer The Night of comme un hommage contemporain à Douze hommes en colère de Sidney Lumet. Un pont entre 2006 et 1957, qui nous montre combien l’Amérique a changé en cinquante ans.

 

 

Banshee (HBO 2013-2016)

Banshee

Il a passé 15 ans en prison pour sauver la peau de son amour de toujours, la fille du mafieux ukrainien M. Lapin. Et voilà : il sort de prison, Fleury-Mérogis rien que ça, et grâce à son ami drag queen du 13e, Petit Bouleau (surnom probablement à caractère sexuel), il retrouve la trace de Christine (née Anastasia Lapin). Elle vit à Romorantin, à proximité d’une congrégation de Witnesses, ces gens hyper croyants qui vivent comme on vivait en Sologne au XVIe siècle (carriole à cheval pour tout le monde, pas de sextoy, pas de rouge à lèvre, pas de Louboutin, pas de télévision pour suivre l’émission de téléréalité « Enfile-moi dans le foin, ma belle France Profonde »).

Le lendemain notre voleur arrive à Romorantin, dans une voiture volée. Il a faim, normal après toute cette route. Alors il se cale sur une chaise en bois dans le meilleur restaurant local : le repaire de Chasse, Pêche, Nature et Tradition. Il commande un poulet-frites et voilà que le futur chef de la gendarmerie de Romorantin qui dégustait un steak purée, Lucas Bonnet, se faire assassiner (la veille du jour de sa prise de fonction, c’est ballot) par deux connards aux ordres du caïd local : Caille Le Proctologue, un ancien witness reconverti dans la viande, la prostitution, les armes à feu et les narcotiques. Sans trop hésiter, faire profil bas n’est pas de son genre, notre voleur tue les deux connards, non sans l’aide d’un ancien boxeur de banlieue devenu le patron du repaire local de Chasse, Pêche, Nature et Tradition. Puis, devenus potes, ils enterrent les corps. Ça c’est fait. C’est alors que le voleur a l’idée géniale de la semaine, du mois peut-être, il appelle son pote drag queen coréen, Petit Bouleau, et lui dit :

 » Il faut que je devienne le futur chef de la gendarmerie de Romorantin : Lucas Bonnet.

– Arrête tes conneries : t’as été le voleur le plus recherché de la capitale, ta trombine sur TF1 à 20H01 . T’as tiré quinze ans à Fleury. M. Lapin veut récupérer ses diamants. Il y en a au moins pour dix millions.

– Il me faut reconquérir le cœur de Christine, je ne peux pas vivre sans elle. Surtout que je crois que sa fille est ma fille. Il faut que je devienne le futur chef de la gendarmerie de Romorantin : Lucas Bonnet.

– Ok, t’as gagné, mais je te préviens ça va être très très difficile. Laisse-moi deux heures.  »

Devenu chef de la gendarmerie de Romorantin, notre voleur va avoir du boulot sur la planche : ses collègues de travail sont surpris par ses méthodes parisiennes, Caille Le Proctologue est pas du tout impressionné, Christine a pondu deux gamins, officiellement avec son mari qui n’est autre que le procureur de la république (mais pour l’aînée les dates matchent pas trop), les Gitans locaux (qui gèrent les jeux d’argent) sont sur le point de perdre leur chef spirituel, rongé par le crabe. Et M. Lapin a levé son armée pour visiter Romorantin, récupérer ses diamants et sa fille Anastasia, qu’il n’a pas embrassé depuis quinze ans. Ajoutez à cela une Witness barely legal chaude comme la braise, qui n’est autre que la nièce perverse de Caille le Proctologue, une Gitane (chaude comme la braise) experte en lancer de tomahawk, une gendarmette d’origine irlandais (chaude comme la braise, c’est un truc local), une assistante du procureur martiniquaise (chaude comme la braise, elle aussi), quelques prostituées grassouillettes mais bonnes mères de famille, et vous vous dites que Romorantin est vraiment l’endroit hype où passer ses vacances en familles. Ou plutôt sans, comme à Pattaya.

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Sinon Banshee c’est le remake américain, forcément moins bien. Ça se passe à Banshee en Pennsylvanie, avec des truands, des Amish (vous savez comme dans le film Witness), des Amérindiens et tout un tas de jeunes femmes qui, pour des raisons assez incompréhensibles, confient toutes leurs examens gynécos approfondis au nouveau shérif, le viril Lucas Hood. Mais j’imagine que ça doit être pareil aux USA qu’en France : ils est de plus en plus difficile d’avoir un RDV avec un spécialiste.

Dire qu’il faut suspendre son incrédulité est un euphémisme, mais sinon c’est plutôt génial dans le genre poisseux (sangs, crachats et sécrétions vaginales)…

Lili-Simmons

(Lili Simmons dans Banshee – aka « la nièce perverse »)

Black Mirror – saison 4

black-mirror-logo

1 – USS Callister

Robert Daly (Jesse Plemons) est le cofondateur de Callister, une boîte spécialisée en réalité virtuelle qui vend le jeu/environnement Infinity. Peu avant Noël, une jeune femme récemment embauchée fait la connaissance de Robert et lui fait part de son admiration personnelle. Peu de temps après, le double virtuel de cette jeune personne (vous suivez ?) se retrouve prisonnier de la version privée de Daly, une sorte d’hommage à Star Trek où Daly est l’équivalent du capitaine Kirk.

Même s’il est agréable à regarder, cet épisode a deux gros défauts : 1/ Jouer sur l’univers des fans de Star Trek après Galaxy Quest de Dean Parisot fait un peu réchauffé (surtout que le film de Dean Parisot semble encore aujourd’hui insurclassable)  2/ l’épisode est basé sur une extrapolation scientifique difficile à avaler (je ne vois pas très bien comment avec un échantillon d’ADN on crée un double virtuel parfait).

2 – Arkangel

Distraite un simple moment, Marie (Rosemarie DeWitt) manque de perdre sa fille Sara au parc. La gamine a suivi un chat et a manqué de se faire écraser par un train. Inquiète pour sa fille, Marie accepte donc de faire l’essai gratuit d’une nouvelle technologie : Arkangel. On insère un implant dans le cerveau de Sara, ce qui permet à Marie de la suivre partout, de voir ce que sa fille voit et de brouiller ce qui pourrait lui faire peur. Ce que Marie refuse de comprendre, c’est que l’implant a un effet (négatif) sur le développement émotionnel de Sara.

Réalisé par Jodie Foster, Arkangel est un épisode très fin sur le plan psychologique. Il commence comme une nouvelle de Greg Egan et finit en chronique des années adolescentes difficiles, non sans perdre de vue l’impact de la technologie dans nos vies.

C’est de la fiction spéculative de haut-vol. Très bon et sur le plan psychologique et sur le plan SF. C’est aussi un épisode à la réalisation extrêmement soignée / réussie avec des ellipses d’une très grande force. Les acteurs sont épatants, Rosemarie DeWitt bien sûr, mais aussi Nicholas Campbell qui joue le rôle du grand-père de Sara.

Cet épisode rappelle – aussi – à tous les parents que la peur fait partie des émotions qui participent au développement des enfants et qu’ils ont donc besoin d’avoir peur pour mieux appréhender leur environnement mais aussi les aléas de la vie. A trop les protéger/ soutenir / accompagner on ne les aide pas.

3 – Crocodile

Un couple de jeunes gens, bourrés / défoncés, renversent un cycliste et le tuent. Ils lestent le corps dans un sac de couchage et le jettent dans un lac, avec son vélo. Quinze ans plus tard, le conducteur a cessé de boire, il a des remords, il veut écrire une lettre anonyme. Sa complice est devenue une architecte à succès ; elle fera tout pour garder sa vie et sa position sociale. Le problème c’est que dans cette société on peut avoir accès à votre mémoire pour les besoins d’une enquête. Et qu’il va y avoir une enquête ; toutefois, pas celle que l’on croit.

Les décors (l’Islande) et la réalisation sont sublimes. Andrea Riseborough et Kirian Sonia Sawar sont très convaincantes (leur face à face m’a rappelé le face à face de L’Homme démoli d’Alfred Bester). Mais le scénario est très difficile à croire, notamment à cause des histoires de caméras de sécurité, de téléphone portable (géolocalisation, etc), de GPS du camion de pizza automatisé. C’est un épisode sur la société de surveillance future qui semble oublier qu’elle existe déjà. Ou alors l’épisode est volontairement ironique (en sus de sa conclusion fort ironique) et là c’est sans doute trop subtil pour moi.

Comme mon père dit toujours : «  Méfiez du meurtre, il conduit au mensonge et à la dissimulation. »

4 – Hang the DJ

Par l’entremise d’un programme de rencontres Frank et Amy ont rendez-vous dans un très chouette restaurant (où il n’ont toutefois pas la liberté de commander ce qu’ils vont manger et semblent surveillés en permanence). Ils n’ont que douze heures à passer ensemble dans un cottage top moumoute. Ils ont le coup de foudre mais ne font pas l’amour. Ils se séparent sur quelque chose d’irrésolu. Le programme met en suite Frank en couple pour un an avec une jeune femme avec qui il n’a rien en commun. Amy, elle, est mise en couple avec un homme séduisant, certes beau, mais du genre tête-à-claques qui va très vite l’ennuyer. Puis le programme remet Frank et Amy ensemble. Amy fait alors promettre à Frank qu’il ne va pas regarder le compte à rebours que chacun peut révéler (la coutume est plutôt de le révéler ensemble au tout début de la rencontre). Combien de temps vont ils rester ensemble cette fois-ci ?

Un épisode très réussi qui m’a fait penser à San Junipero (dans la saison 3). Amy (Georgina Campbell) est craquante à souhait. Son langage volontiers ordurier est bien vu. On sent une véritable alchimie entre les acteurs qui forment le couple ; ce qui est loin d’être souvent le cas au cinéma. Les nombreuses scènes de sexe sont bien vues et/ou hilarantes.

Excellent.

5 – Metalhead

Dans un monde désolé, trois personnes s’introduisent dans un entrepôt pour récupérer une boîte bien particulière. Un robot-sentinelle les attaque, tue les deux hommes et se met à traquer la femme.

Metalhead est sans aucun doute l’épisode le plus aride de cette quatrième saison. Une femme traquée par un robot-tueur autonome. Le tout filmé en Noir & Blanc dans les landes du Devon.

Si le réalisateur fait passer à merveille le sentiment de tension, le monde décrit n’est pas très réaliste, tout comme la motivation des protagonistes. La chute ironique de l’épisode se révèle comme son plus grand défaut logique. On sent qu’elle est surtout métaphorique : la mort de toute innocence.

Un exercice de style plutôt réussi mais un peu vain.

6 – Black Museum

Une jeune femme roule dans le désert et s’arrête près du Black Museum de Rolo Haynes pour recharger la batterie électrique de sa voiture vintage. Elle a trois heures à tuer, pourquoi ne les utiliserait-elle pas pour visiter le Black Museum de Rolo Haynes. Un musée dévolu au crime dans lequel se trouve des tas d’objets bizarres et une attraction d’un goût très douteux.

La quatrième saison de Black Mirror se termine avec un épisode assez fourre-tout où Charlie Brooker se prend (malheureusement) pour Steven Moffat. S’il y a de bonnes idées, tout le passage avec le personnage de Carrie notamment, l’épisode part dans tous les sens et sa tonalité Tongue In Cheek / outrée le rend particulièrement lourd, voire indigeste.

Une conclusion décevante ; on a connu Charlie Brooker plus fin.

The Punisher (2017)

punisher

Frank Castle, le Punisher, n’est pas mort. Il casse des murs à la masse sur un chantier de construction. Impliqué bien malgré lui dans une affaire de braquage qui tourne mal, il se voit obligé de quitter sa couverture. Contacté par un hacker qui s’est lui aussi fait passer pour mort, et vit dans un sous-sol depuis un an, Frank va devoir se confronter à son passé, à une « opé noire » en Afghanistan qui a tourné affreusement mal. Un allié des USA est mort : Ahmad Zubair. Et Dinah Madani de la sécurité intérieure veut absolument savoir pourquoi… Frank sait, mais cette vérité lui a déjà coûté très cher : tout ce qu’il aimait.

The Punisher fait partie de la myriade de séries Marvel : Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist, etc. Je ne suis pas vraiment client, et je n’ai vu que les deux premières saisons de Daredevil (qui sont très bien, à mon humble avis) et c’est d’ailleurs dans Daredevil que j’ai côtoyé pour la première fois le Punisher incarné par Jon Bernthal (parfait pour le rôle). Personnage ambiguë (pour le moins), complexe, le Punisher est sur le papier un des personnages les plus intéressants de l’univers Marvel.

Mais je dois dire que je suis assez partagé sur la série qui lui est dédié.

D’abord, il y a le format : 13 épisodes ne me semblaient pas nécessaires pour raconter cette histoire, dix auraient sans doute suffi. D’un autre côté, j’ai trouvé les épisodes 11 et 12 proprement hallucinants. Auraient-ils eu le même impact s’ils étaient apparus plus tôt. Pas sûr. Evidemment, on retrouve dans ce show les deux twist du parfait guide du scénariste hollywoodien, aucun ne sera une surprise, mais néanmoins, à cause de leur dimension morale, ils font quand même leur petit effet.

Ensuite, il y a le message politique, ou disons la coloration particulièrement lourdingue Marines / famille / patrie, martelée (des fois on se croirait face à une publicité de l’armée de Terre). Semper Fi and co. Résultat : on a un peu de mal à avoir de l’empathie pour cette bandes de brutes épaisses, indéfendables et à moitié psychopathes.

Jon Bernthal est parfait ; on ne saura jamais si le Punisher est un abruti ou juste un tueur assez intelligent pour savoir qu’il doit se faire passer pour un abruti brut de décoffrage. Amber Rose Revah est très bien dans le rôle de Dinah Madani (personnage de pouvoir, mais sexué, avec une histoire familiale, des failles). Ben Barnes est excellent dans le rôle de Billy Russo, le mercenaire en costume Armani. L’interprétation est au top. De ce côté-là rien à dire, on retrouve la qualité Netflix.

The Punisher est assurément du beau travail (excellents acteurs, bonne réalisation, très bon habillage musical), mais il faut sans doute aimer les trucs de soldats, de camaraderie militaire et de frères d’armes pour l’apprécier à fond. Pas vraiment mon truc, un peu en opposition avec l’idée que je me fais du média bande-dessinée et du rôle qu’il se doit d’avoir dans la (contre-)culture. Heureusement que le personnage de Madani est là pour endiguer partiellement ce Niagara de testostérone.