The Strain – saison 2

Quinlan

(Y’a comme qui dirait un os).

L’épidémie vampirique progresse dans New York et l’affrontement prend des allures de triangle haineux entre d’un côté 1/ le maître / Eldritch Palmer / Eichorst, d’un autre 2/ Setrakian / Eph / Fet / Nora / Dutch et comme troisième force en présence 3/ Quinlan (Rupert Penry-Jones – photo), un vampire dissident, enfanté, armé d’une épée dont le manche semble être un magnifique fémur humain. Toutes ces alliances étant plus ou moins à géométrie variable.

C’est toujours aussi improbable (je ne vais pas spoilier, mais la façon dont Eph se sort de son duel à distance avec Eldritch Palmer est si grossière qu’on se pince pour y croire).

La série réserve quelques trouvailles qui font mouche : la détermination de Justine Faraldo (Samantha Mathis) – où commence le fascisme ? -, les « bébés-araignées » de Kelly, l’histoire d’amour d’Eldritch Palmer…

On retrouve avec plaisir le côté série B assumée de la saison 1, tout ce parfum Supernatural / comics que je trouve réjouissant. La disparition de certains personnages importants nous rappelle régulièrement que « tout ou presque peut arriver » dans ce show.

Hautement recommandable.

The Strain – saison 1

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Un avion se pose sur JFK et s’arrête en bout de piste, lumières éteintes. Tous ses passagers (sauf quatre, en fort mauvais état de santé) sont morts dans d’étranges conditions, aucun n’a eu le temps d’utiliser son portable pour signaler un quelconque problème. La soute de l’avion contient une immense boîte sculptée qui n’apparaît pas sur le manifeste de vol.  Le Dr Goodweather (Corey Stoll), du CDC, se rend sur les lieux et va être témoin d’un début d’épidémie vampirique qui va plonger New York dans le chaos.

Je n’avais pas un bon souvenir du roman de Guillermo Del Toro (co?)-écrit avec Chuck Hogan (la scène d’ouverture était tellement ridicule et WTF, sans parle du « style » utilitaire porté à sa plus simple expression – beurk), par conséquent je ne m’étais pas penché sur la série qui en avait été tirée jusqu’à que Francis Geffard – immense éditeur chez Albin Michel – ne me la conseille chaudement (ce qui est un poil surprenant quant on connaît son travail d’éditeur).

The Strain se situe dans la droite lignée de Blade 2 du même Guillermo Del Toro : c’est de la série B totalement assumée avec un soin particulier, toutefois, pour les personnages qui sont extrêmement bien écrits. Abraham Setrakian (David Bradley) est un rescapé des camps de la mort qui a sculpté le cercueil du Maître. Ephraim Goodweather est un ponte du CDC, ancien alcoolique, père absent, mari séparé mais toujours amoureux de sa femme… ce qui ne l’empêche pas de sauter sa plus proche collaboratrice, Nora Martinez. Nora, elle, doit s’occuper de sa mère, souffrant de la maladie d’Alzheimer. Eldritch Palmer (gros clin d’œil à Philip K. Dick) est un homme d’affaires mourant en quête d’immortalité. Vasiliy Fet (Kevin Durand, excellent) est un exterminateur de rats qui va passer du rongeur urbain au prédateur immortel.

La série n’est pas dénuée de défauts : le Maître est (sur le plan esthétique) ridicule, voire clownesque. Il est tellement puissant qu’on a du mal à comprendre comment il n’a pas remporté la partie en 24 heures. Parfois, il hésite à arracher la tête de certains de ses antagonistes, préférant parler avec eux (c’est sans doute une variante de ce qu’on appelle communément « jouer avec la nourriture »). Tout ça n’est pas très sérieux, assez comics, et c’est précisément ce que j’aime bien, ça renvoie à une des mes séries chouchou : Supernatural. Donc c’est de la BD filmée (avec des erreurs scénaristiques de la taille de la statue de la liberté) et, en même temps, il y a des scènes de violence psychologique plutôt étouffantes, des scènes vraiment ambiguës, des scènes de pure tension.  Le treizième et dernier épisode de la saison 1 est, sur ce plan, très réussi.

Certains épisodes sont réalisés par Peter Weller ou John Dahl. Le premier est réalisé par Guillermo Del Toro himself.

Tout est foutu : je crois que je vais attaquer la saison 2 dans la foulée de la première.

Ash vs Evil Dead – saison 2

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Ash, Pablo et Kelly sont de retour, pour lutter contre les deadlites et essayer de renvoyer le Necronomicon aux enfers. Tout commence à Jacksonville où Ruby (Lucy Lawless) demande de l’aide à Ash, ce qui ne manque pas de piquant. Et donc voilà tout ce petit monde sur la route d’Elk Grove, où tout a commencé, où Ash (considéré comme un dangereux serial killer) va entre autres retrouver son père (Lee Majors, sous viagra) et divers amours de jeunesse.

Excessif, régressif pour le moins, totalement de mauvais goût, franchement immonde, traversé par d’invraisemblables délires caca-prout, cette seconde saison ne nous épargne rien, y compris un headfucking sur un cadavre dont l’immense pénis arbore un Prince Albert (c’est au début, donc ce n’est pas probablement pas du spoil). Au-delà de (ou grâce à) toutes ces outrances, la série reste drôle. Les acteurs ne se prennent pas au sérieux, en font des tonnes (voire des mégatonnes) et jouent volontairement avec leur image (Lee Majors en vieux qui saute sur tout ce qui bouge, Lucy Lawless embrassant une femme). Les scénarios sont capillotractés, pleins d’incohérences diverses et variées, mais parfois aussi extrêmement inventifs. Sur la fin de la saison, les scénaristes jouent un peu trop la carte du fan service en revenant sur un lieu emblématique de la franchise (je n’en dis pas davantage).

On notera la présence de Ted Raimi (frère de) dans cette saison 2 qui incarne un barman vétéran de la guerre du Golfe complètement taré et qui semble défoncé en permanence  (il est plutôt hilarant).

C’est con, ce n’est peut-être pas aussi bon que c’est con, mais c’est quand même bon.

 

The Leftovers – this is the end, my friend

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Troisième et dernière saison de The Leftovers.

Plus plaisante que la deuxième, même s’il y a beaucoup à reprocher.

Alors que le père de Kevin se trouve en Australie pour tenter de sauver le monde (à sa manière), par une étrange coïncidence Nora accepte de se rendre en Australie elle-aussi, pour tenter de mettre fin à ses souffrances psychologiques. Kevin (devenu le chef de la police de Jarden) lui propose alors de l’accompagner. Ce qu’elle accepte après lui avoir menti sur le but réel de son voyage.

L’épisode 3, hommage limpide au Walkabout de Nicolas Roeg (jusqu’à la scène de suicide à côté d’une coccinelle Volkswagen) est excellent, de bout en bout. Le reste est moins bon, mais réserve quelques bons moments. Le dernier épisode est plutôt réussi ; mais s’il boucle une partie de l’intrigue, il laisse en plan toute une autre partie, loin d’être secondaire, dont on ne connaîtra jamais le dernier mot. Le procédé rappelle l’arnaque Lost (« on vous a pris pour des cons, mais ne nous en voulez pas trop, on s’améliore lentement mais on s’améliore).

Sinon HBO fait du HBO : ils mettent des quéquettes et des foufounes un peu partout parce qu’ils sont HBO, mouais, less is perhaps more ; et le scan à zizis de l’épisode 7 est sans doute le comble du ridicule dans une série qui ne manque certes pas de moments ridicules.

The leftovers aurait pu être une série super chouette si la syndrome Lost ne l’avait pas frappé de plein fouet.

Quand émotion rime avec bidon, ce dont on se souvient c’est du chant du bidon.

The Leftovers saison 2

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De Mapleton, état de New York, Kevin, sa fille, Nora et le bébé (de Wayne/Christine) se déplacent vers Jarden, Texas, où n’a eu lieu aucune disparition le fameux 14 octobre. Matt et Mary les ont déjà précédés.

Jarden est une ville close, assiégée par les curieux, protégée par le parc national de Miracle, c’est visiblement en endroit à part (magique ?). Un endroit sur lequel semble régner  John, un pompier, qui met le feu aux maisons des charlatans. De son côté, Laurie a quitté sa secte de « chain smokers » pour se retourner contre elle.

S’il y a bien un domaine dans lequel cette deuxième saison de Leftovers convainc, c’est la construction ; à ce niveau, c’est très fort, virtuose. Pour le reste, c’est à peu près aussi bidon que la dernière saison de Lost, ça patauge dans des circonvolutions scénaristiques parfois pathétiques ou misérables de manipulation. Les créateurs lancent des dizaines de pistes et on ne voit pas très bien (pire : on sait par avance) que tout ne sera pas ficelé, que la moitié de ces déviations/digressions sont des fausses pistes.

On n’y croit jamais : l’emprise de John sur Jarden, les scènes allégoriques dans l’hôtel ou dans les eaux sacrées, l’évolution psychologique de certains personnages, le concept même de Jarden (qui lorgne un peu trop sur le village du Prisonnier). Le sous-texte chrétien est lourdingue (je ne vais pas spoilier) ; les créateurs de la série jouent avec la Genèse, le Livre de Job, le Lévitique. Ok, super, mais globalement ils n’ont rien à en dire d’intéressant et donc on s’en fout. Avec la force d’un ouragan sur la Louisiane.

Cette saison 2 The Leftovers est moins profonde qu’elle n’est creuse. Je l’ai trouvée admirablement construite et paradoxalement fort mal écrite (j’ai eu la désagréable impression qu’à chaque fin d’épisode les scénaristes encaissaient leur chèque en gloussant). Certains épisodes sont pénibles à suivre parce qu’ils ne contiennent rien.

Je vais regarder la saison 3 pour de mauvaises raisons : je suis faible et j’espère vaguement qu’il y aura quelque chose d’intéressant dedans (car le pire n’est jamais certain ; quoiqu’avec Damon Lindelof aux manettes, il est permis d’en douter).

Fargo Saison 3

FARGO -- Pictured: Ewan McGregor as Ray Stussy. CR: Matthias Clamer/FX

Après une saison 1 enthousiasmante, une saison 2 fort sympathique, je n’ai pas été convaincu plus que ça par la saison 3 de Fargo. Les acteurs sont formidables (ce qui semble être la marque de fabrique de la série) : Ewan McGregor (dans un double rôle), Carrie Coon (en chef de police obstinée), Mary Elisabeth Winstead (en arnaqueuse joueuse de bridge), mais l’histoire est franchement pas terrible, sans parler du « méchant », absolument répugnant, interprété par David Thewlis. C’est ce personnage qui m’a posé le plus de problème, il est tellement peu subtil, tellement « noir », sans zone de gris.

J’ai eu beaucoup de mal à suivre ce cortège de personnages pathétiques et mesquins (au point d’hésiter à arrêter la série entre les deuxième et troisième épisodes), puis la deuxième moitié de la série s’est révélée plus convaincante. Le dernier épisode frôle l’abstraction. Assez bien vu.

Noah Hawley devrait peut-être en rester là.

The leftovers – saison 1

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Un jour, un 14 octobre, 2% de la population mondiale disparaît. Des enfants, des hommes, des femmes et même des foetus dans le ventre de leur mère.

Trois ans plus tard, dans la petite ville de Mapleton, état de New York, le chef de la police Kevin Garvey (Justin Theroux) doit faire face aux tensions qui animent sa communauté, car une étrange secte de gens vêtus de blanc, qui fument cigarette sur cigarette, souffle sur les braises de la mémoire. La femme de Kevin a intégré cette secte ce qui ne fait que compliquer un peu plus la situation.

Ailleurs, le fils adoptif de Kevin, Tom, se voit confié la sûreté de Christine, une jeune asiatique, la protégée de Wayne – un leader de culte qui croit être d’essence divine et qui pense pouvoir soulager les gens de leur peine. L’état américain est en guerre ouverte contre ce genre de barjots (une idée intéressante, insuffisamment exploitée).

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La première saison de The Leftovers m’a laissé un sentiment mitigé (mais suffisamment positif pour que je commence bientôt la vision de la seconde saison) ; il y a des choses formidables dans la série ; notamment tout ce qui tourne autour du quotidien de la fille de Kevin, Jill, et de Nora Durst (Carrie Coon, impressionnante tant son interprétation est à « spectre large »), une jeune femme séduisante qui a perdu son mari, son fils et sa fille le 14 octobre.

Si ce qui se passe dans la petite ville de Mapleton est globalement mystérieux/intéressant, tout la partie « Wayne / Tom / Christine » de l’intrigue est beaucoup moins convaincante, avec toute une série de petites erreurs (ou manipulations) scénaristiques qui ont fini de m’achever dans le dernier épisode de la première saison.

A force de filer la métaphore chrétienne tout azimut, de multiplier les mystères secondaires, les fausses pistes (sans parler des cauchemars « gonflants »), Damon Lindelof et Tom Perrotta (l’auteur du roman) risquent de livrer une oeuvre globale où la part d’irrésolu sera plus énervante qu’électrisante. A suivre.