Disponible dans toutes les bonnes librairies…

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C’est aujourd’hui que sort mon album de bande-dessinée Macbeth, roi d’Ecosse – tome 1 : Le Livre des sorcières, avec Guillaume Sorel aux pinceaux.

Quelques chanceuses et chanceux l’ont reçu en avant-première :

Le challenge est réussi pour Quoi de neuf sur ma pile ?

Une adaptation qui fonctionne à merveille pour Lorhkan.

Un dessin sublime et crépusculaire pour Just a word.

Thomas Day et Guillaume Sorel ont produit un monstre, pour l’Epaule d’Orion.

Une réussite dont on attend impatiemment la suite Au Pays des cave trolls.

La seconde (et dernière partie) est prévue pour le printemps prochain.

 

 

 

Intégrale N&B de La Voie du sabre en BD

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Il y a quelques années, les éditions Gallimard ont cédé aux éditions Glénat les droits d’adaptation BD de mon roman La Voie du sabre. Deux albums ont paru, avec Federico Ferniani aux dessins et Mathieu Mariolle au scénario. Plus un certain nombre de guest stars pour les contes insérés dans la narration.

Le dernier tome est prévu pour cet automne.

Personnellement, je ne fais rien sur cette trilogie. Mathieu et notre éditeur commun, Benoit Cousin, ont ma confiance depuis les prémices du projet.

En passant sur le forum BD Gest, j’ai appris qu’une intégrale N&B allait voir le jour.

L’aventure approche de sa conclusion et visiblement de fort belle manière.

 

Negalyod, Vincent Perriot

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Pouvais-je passer à côté d’une grosse BD de SF de 208 pages chez Casterman ?

Non.

Mais j’aurais pu. Je m’y suis repris à trois fois pour la finir, vaincre mon ennui mêlé d’exaspération. Quand t’as payé 25 balles, t’as quand même envie de connaître la fin. Quant t’arrives péniblement à la fin, tu te dis que t’as perdu 25 balles. La déception est très forte, à l’aune des efforts que tu as produit pour aller au bout, elle domine tous les autres sentiments, mais elle est d’une grande injustice car Vincent Perriot est le fils spirituel de Moebius, ou le fils que Moebius et Druillet ont eu en secret lors d’un voyage au Mexique.

Des images pleines de détails, des visions SF vertigineuses, des trouvailles graphiques presque à chaque page. Le dessin est magnifique, surtout dès qu’il se fait architectural.
Après Vincent Perriot est un piètre scénariste et on ne croit jamais à son monde (au croisement de Mad Max, Jurassic Park et Alita, Battle angel). Pas plus qu’on ne s’intéresse au personnage principal, éleveur de tricératops qui perd tout son troupeau à cause d’une expérience climatique. (Quant aux autres personnages, ils sont quasiment inexistants.)
La narration est ample, mais globalement Perriot raconte en 208 pages ce que raconte un gros album de 64 pages. Il aime bien les pleines pages muettes, ce qui fait dire qu’il est plus illustrateur que dessinateur de BD. Les maladresses dans la narration BD, dans la création des personnages s’accumulent, comme les péripéties scénaristiques un brin ridicules. Et le monde qu’on nous propose ne fonctionne pas bien, voire pas du tout. Surtout sur le plan politique. Les riches en haut, les pauvres en bas, on en bouffe depuis des décennies maintenant.

Elysium et son wordbuilding plus que bancal ont tué le jeu.

Y ajouter des dinosaures fait gadget, même s’ils sont très bien dessinés.

Negalyod permet toutefois de découvrir un dessinateur majeur qui devrait avoir le bon goût de s’associer avec un bon scénariste de SF (Luc Brunschwig n’est pas dispo ?).

 

Starve, B. Wood, D. Zezelj, D. Stewart

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Le chef Gavin Cruikshank fut une star de l’émission de télé-réalité Starve. Après son coming out, sa séparation avec sa femme, il s’est exilé en Asie du sud-est. Mais son contrat l’oblige à revenir à New York, sinon il perdra tout ; l’occasion pour lui de tisser des liens avec sa fille de dix-sept ans, Angie, dont il ne s’est jamais vraiment occupé. Ensemble, ils vont participer à la nouvelle saison de Starve où tous les coups sont permis, y compris les coups de batte de baseball.

Difficile pour moi de passer à côté d’un album de Danijel Zezelj, dessinateur de BD né en Croatie, mais installé depuis longtemps (milieu des années 90, je crois) à New York. J’ai découvert Zezelj un jour, par hasard, dans une librairie de BD avec son album Tomsk-7, chez Mosquito, qui se trouvait en pile, parmi les coups de cœur du libraire. Et je suis immédiatement tombé sous le charme de son dessin (il y a malheureusement souvent beaucoup à redire des scénarios qu’il illustre ou signe).

Sur le plan du dessin, Starve ne fait pas partie des œuvres les plus marquantes de Zezelj, même si certaines pages sont magnifiques, mais si le soucis du détail sur certaines cases urbaines est bluffant. Ça reste du comics, probablement produit rapidement. Mais ça reste aussi du Zezelj ; on y retrouve sa capacité constante à réinventer la ville sur le plan graphique. Pour tout dire, j’ai beaucoup de mal avec la mise en couleurs de Dave Stewart, maronnasse et triste, qui écrase un tantinet le trait du Croate. Par contre, c’est plutôt intéressant sur le plan du scénario, la BD (en dix épisodes) ne va pas du tout là où on l’attend, et même si certaines péripéties sont difficiles à digérer (comme l’épisode du thon rouge), il y a plein de trouvailles très chouettes, comme l’installation de Cruikshank dans le désert culinaire de Brooklyn. Brian Wood nous dépeint un futur presque indifférenciable de notre présent, tout est dans ce « presque » : il a poussé les curseurs un petit cran au-dessus : pollution, inégalité, bouleversements climatiques. L’aéroport JFK est sous trente centimètres d’eau.

A mon avis, Starve n’est pas la BD avec laquelle il est souhaitable de découvrir l’art de Zezelj (j’aime beaucoup Industriel, oeuvre radicale qui a la particularité de ne contenir aucune bulle, aucun texte), mais ça reste une bande-dessinée d’anticipation sociale plutôt étonnante, avec de véritables points forts, mais aussi d’indéniables points faibles. Par moments, on pense à J.G. Ballard ou Jonathan Lethem.

 

Grave / Denaeus – Richard Corben (Delirium)

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Après ma lecture du lovecraftien Ratgod, je continue mon exploration de l’oeuvre trop macho (?)  de Richard Corben avec ce gros volume publié par Delirium. Au sommaire des contes du cimetière (Grave) (ambiance Contes de la crypte) et une histoire « grecque » plus longue : Denaeus.

Pour tout dire, il m’aura fallu quelques jours pour venir à bout de l’album. Si les contes sont souvent bluffants d’un point de vue graphique, ils se révèlent vite assez répétitifs (mieux vaut picorer). Quant à Denaeus que j’ai lu en dernier, c’est (faute d’une meilleure définition) une espèce de salade mythologique grecque qui, une fois de plus, impressionne au niveau du graphisme, mais peine à convaincre au niveau du scénario, un tantinet en roue libre. D’ailleurs, la narration pêche un peu ça et là.

L’objet-livre est très réussi, mais certains choix de traduction m’ont laissé au mieux perplexe. Grave Denaeus n’est pas et de loin ce que Richard Corben a produit de meilleur, mais ses fans retrouveront son style inimitable, la puissance indéniable de son dessin. Ce volume me pousse d’ailleurs à acquérir d’autres titres de Corben. Pour ma part, son Grand Prix d’Angoulême est tout à fait mérité. Quant au côté « macho », il me semble toujours compliqué de déconnecter un acte créatif de l’époque qui l’a vu naître, c-à-dire par exemple juger le racisme de Lovecraft avec nos yeux du XXIe siècle connecté / mondialisé.

Les gros seins de Richard Corben (et ses giclures de sang / cervelle et autres tripailles) me vont très bien.

Pour finir, je laisserai le dernier mot à Moebius :

Richard « Mozart » Corben, s’est posé au milieu de nous comme un pic extraterrestre. Il trône depuis longtemps sur le champ mouvant et bariolé de la BD planétaire, comme la statue du commandeur, monolithe étrange, sublime visiteur, énigme solitaire.

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