Dans l’antre de la pénitence

antrePénitence

 » 1905, San José en Californie. Suite à la perte de son mari et de sa fille, Sarah Winchester se lance dans la construction compulsive de la « Winchester House » : une demeure aussi étrange que démesurée. Un chantier perpétuellement troublé par les lubies de sa commanditaire, qui réveille ses domestiques en pleine nuit, ou ordonne à ses ouvriers de construire des portes et des escaliers ne menant nulle part. On la prétend folle, hantée par les esprits de ses proches disparus. Mais le jour où un étranger fait son apparition sur le pas de sa porte, les démons de Sarah pourraient bien devenir réels… « 

(Résumé éditeur)

La maison Winchester à San José en Californie est une attraction touristique célèbre, attachée à la folie historique d’une femme : Sarah Winchester. Cette maison est au centre de plusieurs œuvres, comme le roman de science-fiction Vanishing point de Michaela Roessner (que je faillis publier, en français, dans une vie antérieure), ou le film des frères Spierig, le bien-nommé Winchester.

Pour ce qui est de L’Antre de la pénitence, le scénariste Peter J. Tomasi nous emmène en 1905 en Californie à la rencontre de Warren Peck, un assassin (tueur d’Indiens notamment) qui, blessé, va trouver gîte et couvert chez Sarah Winchester, dans sa maison de la pénitence. La folie, les fantômes, les hallucinations, tout s’amasse dans cet endroit peuplé d’assassins en pleine repentance.

S’il faut un petit temps d’adaptation pour s’habituer au dessin, original certes, mais assez agressif, après quelques pages à peine on comprend vite que ce dessin, si particulier, est tout à fait adéquat. Et vers la fin, Ian Bertram livre quelques doubles pages de folie, où semblent entrer en improbable collision l’art d’Escher et les visions horrifiques du Clive Barker des Livres de sang.

Cette californian ghost story vaut plus q’un coup d’œil.

Bad Blood, Jonathan Maberry / Tyler Crook

BadBlood

J’ai découvert l’illustrateur Tyler Crook avec la très bonne (bien qu’inégale) série southern gothic Harrow County publiée par Glénat Comics. Un peu en manque, j’ai hésité entre BPRD, la série spin off de Hellboy dont Crook a dessiné plusieurs arcs (mais je suis loin d’avoir déjà tout Hellboy), et ce stand-alone, Bad Blood en cinq épisodes. J’avoue que la présence de Jonathan Maberry au scénario n’était pas pour me rassurer. Pour avoir lu quelques uns de ses thrillers en VO, je sais qu’il officie plutôt dans la grosse série B qui tache – pas forcément ce qu’il y a de plus raccord avec le dessin très typé de Crook.

Bad Blood raconte le destin tragique de deux personnages : Trick Croft qui souffre d’un cancer du sang et Lolly, strip-teaseuse junkie longtemps abusée par son père qui rêve d’être transformée en vampire par un vampire. Après avoir involontairement empoisonné un seigneur aux dents longues via sa chimio, Trick découvre le monde de ténèbres qui l’attend derrière de grands rideaux de velours rouge.

Bon le scénario n’est pas très fin (il n’est pas non plus mauvais), la fin est expédiée et l’ensemble laisse un certain goût de déception. Il y avait matière à faire un ou deux épisodes de plus, au moins un autour du personnage de Jonas Vale. Maberry ne fait pas grand chose de nouveau avec ses vampires (il survole leur histoire plus vieille que l’humanité) et son « twist de la mort qui tue » est tellement attendu qu’il ne surprend guère (et pour tout arranger, il ne tient pas vraiment la route). La narration de Tyler Crook n’est pas exempte de défauts, certains enchaînements de cases sont mal fichus. Rien de dramatique, mais ça accroche parfois un peu, comme une mauvaise traduction.

L’ensemble reste sympa, mais sans plus.