Upgrade, Leigh Whannell (2018)

upgrade

 

Futur proche.

Grey Trace répare des vieilles voitures. Un jour, il propose à sa femme de ramener une de ses voitures à son propriétaire. La surprise est totale pour Asha : elle se retrouve en face d’Eron Keen, inventeur génial qui travaille comme elle dans le domaine des implants intelligents/connectés. Sur le chemin du retour, la voiture connectée d’Asha est déroutée dans un quartier mal famée où le couple a un terrible accident. La jeune femme est assassinée devant les yeux de son mari. Lui est laissé tétraplégique par une blessure à la nuque.

Quelques jours après l’agression, Eron Keen propose à Grey une opération qui n’a jamais été tentée, une opération totalement illégale, mais qui pourrait lui rendre ses bras et ses jambes. Bien décidé à retrouver les assassins de sa femme, Grey accepte. Eron lui greffe alors une puce intelligente dans la nuque.

L’heure de la vengeance a sonné.

Upgrade est une série B australienne, dans tout ce qu’une série B peut avoir de plus noble : sincérité, maladresses scénaristiques, fautes de goûts, refus des standards scénaristiques hollywoodiens, envie de donner du plaisir brut aux spectateurs. J’ai beaucoup aimé ce petit film, même si, me semble-t-il, il était totalement inutile de faire du méchant un clone d’Adolf Hitler, même si l’inévitable twist n’en est pas un, tant on a compris dès le début de quoi il était question et où le film allait nous mener. Il y a une vraie belle faille scénaristique qui s’ouvre sur la fin. Elle était facile à combler ; le scénariste et réalisateur Leigh Whannell n’a pas jugé nécessaire de le faire. Son ambition semble ailleurs : produire une science-fiction éloignée des standards hollywoodiens, très nostalgique trouvé-je de la science-fiction fauchée des années soixante-dix. Upgrade est très chouette. Malgré tous ses défauts, vous pouvez lui donner une chance.

Hellboy, le reboot de la mort qui te tue…

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Il était une fois Arthur, Excalibur, Merlin et la sorcière Vivienne Nimué (une putain de française ? avec un nom pareil, je vois que ça…). Donc Arthur galope fièrement vers l’arbre de la sorcière immigrée clandestine, Merlin lui donne un coup de main, un prêtre aussi, pendant qu’on y est. Clic-clac Kodak, avec l’aide notoire d’Excalibur, on coupe la sorcière en morceaux, on met tout ça en boîtes bento et (comme on le fera plus tard avec Voldemort) on éparpille les happy meals aux cinq coins de l’Angleterre. On est au VIe siècle, un truc comme ça, et un prêtre ne voit aucun problème à s’associer avec un magicien du nom de Merlin. Bon, il faut dire que c’est pour tuer une sorcière aux petits seins qui pointent. Nécessité fait loi.

Quelques siècles plus tard, un démon-goret manipulé par plus maligne que lui décide de ramasser les morceaux de la sorcière, de rassembler tout ça et de foutre l’apocalypse chez les Anglais (alors qu’ils ont déjà Boris Johnson, vraiment… était-ce nécessaire ?) Heureusement le BPRD veille et Hellboy va pouvoir brandir son énorme pistolet (non, ce n’est pas un symbole phallique, pas plus que les cornes cassés et limées sont symboles de castration ou une épée enfoncée bien profond dans un rocher récalcitrant est symbole de panne sexuelle royale).

Alors, comment dire… Pendant tout le film je me suis dit qu’après le suicide au cheddar de Marc Veyrat, quelqu’un avait eu la bonne idée de refiler son restaurant deux étoiles (au guide Micheline, trois qui la tiennent deux qui la…) à l’ancien gérant du McDonald’s de Palavas les flots. Guillermo Del Toro sort, Neil Marshall entre et dépense 50 millions de dollars pour pondre cette bouse hallucinante. Tout est mauvais, les acteurs qui cachetonnent, les blagues à deux balles, les effets spéciaux, le scénario (quel scénario ?). La seule chose qu’on ne peut pas reprocher à Neil, c’est une certaine constance dans la médiocrité.

Moi je veux bien qu’on me file 50 millions de dollars (même 49…) pour rebooter Star Wars, j’ai le cast ! Moderne, me too et tout et tout. Leila Bekthi dans le rôle de la princesse Leia, Léa Seydoux dans le rôle de Léa Skywalker, Sergi Lopez dans le rôle de Han Solo, Vincent Cassel dans le rôle de Dark Vador, Benoît Poelvoorde dans le rôle de Chewbacca et Isabelle Huppert dans le rôle de l’Impératrice. Putain, si ça ça envoie pas du rêve, je veux bien être castré !

(Non, peut-être pas, quand même…)

 

 

C’est arrivé entre midi et trois heures, Frank D. Gilroy (1976)

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Un gangster, Graham Dorsey (Charles Bronson), fait un rêve prémonitoire juste avant l’attaque d’une banque. A la première occasion, il fausse compagnie aux autres membres de son gang. Cette première occasion est… une veuve, Amanda Starbuck (Jill Ireland, Mme Bronson à la vie), qui possède une incroyable maison au beau milieu du désert. Entre midi et trois heures, donc, ils vont faire l’amour trois fois, danser, s’habiller comme pour un gala, se baigner dans une crique paradisiaque et dévorer un poulet grillé (cuisson : 75 minutes, pour ceux qui l’ignoreraient). Quelle santé !

C’est arrivé entre midi et trois heures de Frank D. Gilroy (réalisateur et auteur du roman) est tout autant un western que John McCabe de Robert Altman, c’est dire à quel point ce n’en est pas un. Charles Bronson joue un gangster ordinaire, un peu pleutre, qui va être complètement dépassé par ce qui lui arrive : une histoire d’amour. Pour le moins à contre-emploi (il a tourné Un justicier dans la ville deux ans plus tôt), Charles Bronson casse son image de macho indestructible et fait des merveilles. Jill Ireland (qui joue avec lui, ici, pour la treizième fois) n’est pas en reste.

Si le film s’apparente à une comédie, il est étonnamment amer.

C’est fort probablement le premier western où il est ouvertement question de problèmes d’érection (en tout cas, je n’en vois pas d’autre).

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The Darkness, Greg McLean (2016)

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Deux couples vont camper dans le Canyon de Chelly, sur les anciennes terres des Anasazis. L’un des enfants, Michael Taylor (qui est par ailleurs autiste) tombe dans une crevasse et récupère cinq pierres magiques, libérant des forces qui n’avaient pas arpenté la terre depuis plusieurs siècles : celle du loup, du serpent, du bison, du coyote et du corbeau.

Il y a tout les bons ingrédients dans The Darkness : les mythes Amérindiens, le mystère qui entoure la fin de la civilisation anasazi (ou du moins la désertion de leurs cités), un couple (Kevin Bacon et Radha Mitchell) qui ont des problèmes de couple : la parentalité, l’infidélité du mari, la perte de désir, l’anorexie de l’aînée, l’autisme du cadet. Il y a tout et, paradoxalement, Greg Mclean n’en fait pas grand chose. Il copie (involontairement, supposera-t-on) tout un pan du Poltergeist de Tobe Hooper.

The Darkness ronronne, il devient vite ennuyeux et ce qu’il y a de plus intéressant tourne autour des relations entre les personnages : relations de travail, relations de couple, etc (on notera d’ailleurs un beau portrait de mari complètement odieux). Toute la dimension surnaturelle (et spirituelle) du film est bâclée par le réalisateur, les contradictions s’accumulent pour laisser place au sensationnel. Et malgré de très bonnes scènes et deux trois trouvailles graphiques assez bluffante, la mayonnaise ne prend jamais. Les Anasazis (et leurs croyances) méritaient mieux.

 

Les prédateurs, Tony Scott (1983)

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Miriam (Catherine Deneuve) et John (David Bowie) s’aiment depuis longtemps, très longtemps. Ce sont des vampires. Et c’est Miriam qui a fait de John le vampire qu’il est. Il sont unis par l’amour, la musique (lui au violoncelle, elle au piano) et le meurtre. Car il faut bien nourrir leur appétit pour le sang humain.
Un jour, John se met subitement à vieillir. Comme il ne comprend pas ce qui lui arrive, il s’adresse à une spécialiste du vieillissement, Sarah Roberts (Susan Sarandon). Mais Sarah ne s’intéresse pas à lui, et quand elle commence à comprendre qu’il y a peut-être quelque chose à creuser dans le cas de John, il est trop tard. En tous cas pour John…

Les Prédateurs, tiré du roman de Whitley « je me suis fait kidnapper et sodomiser par les extraterrestres » Strieber est le premier long métrage de Tony Scott, juste avant Top Gun, qu’il réalisera en 1986. C’est un film qui accumule les défauts, notamment des scènes érotiques inspirées de David Hamilton, assez clipesques, qui tangentent le ridicule (ou y sombrent carrément, question de goût). Néanmoins, ça reste un assez chouette film de vampires, au dénouement assez surprenant. Si Catherine Deneuve requiert à des doubles pour toutes les scènes érotiques, il n’en est rien de Susan Sarandon qui, comme on dit dans ces cas-là, donne de sa personne.

Un classique qui s’ouvre sur Bela Lugosi’s Dead de Bauhaus que, malheureusement, Tony Scott finit par saccager (pour en effet de mise en scène / montage tout sauf convaincant).

NB : Pour la première fois de sa carrière, Tony Scott utilisait The Flower duet (Lakmé) de Léo Delibes. Il réutilisera ce morceau dans True Romance, durant le face à face de légende (sur les Siciliens) qui oppose Dennis Hopper à Christopher Walken.

Bag of bones, Mick Garris (2011)

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Mike Noonan, écrivain à succès, se retrouve veuf du jour au lendemain. C’est d’autant plus dur que sa femme était enceinte au moment où elle a perdu la vie dans un accident de la circulation. On a toujours dit à Mike qu’il ne pouvait pas avoir d’enfants et il a du mal à imaginer que sa femme le trompait. Ce mystère, cette possible faute, le hante, s’ajoute à son deuil. Il finit par se convaincre que les réponses se trouvent dans la maison près du lac où sa femme se rendait parfois pour peindre. Mike emménage pour écrire son nouveau roman et commence à s’intéresser à la vie locale de Dark Score Lake, un endroit où a eu lieu un nombre statistiquement élevé de noyades d’enfants.

Bag of bones n’est pas le roman le plus connu de Stephen King. L’histoire est assez banale et sa résolution, bien que très kingienne, se révèle assez peu satisfaisante. Décevante.

Depuis 1992 et son médiocre La Nuit déchirée, Mick Garris met beaucoup d’énergie à massacrer l’œuvre de Stephen King en voulant l’adapter en téléfilms et longs métrages : Le Fléau, sa calamiteuse version de Shining, et j’en passe. Bag of bones n’est pas très réussi (cela dit, je l’ai trouvé moins mauvais que le Shining sus-cité que je n’ai jamais réussi à finir), Pierce Brosnan joue régulièrement à côté et on ne peut pas s’empêcher de se demander ce que Frank Darabont ou Rob Reiner auraient fait avec une telle histoire. Il y a quand même une ou deux choses réussies : tout ce qui tourne autour de l’arbre féminin (je ne spoile pas davantage), le personnage de Mattie Devore (incarnée par l’actrice australienne Melissa George, vue dans Triangle de Christopher Smith), le personnage de Sarah Tidwell (incarné par Anika Noni Rose).

Mick Garris n’a jamais su adapter Stephen King ; pitié, qu’on lui interdise de ré-essayer. Le monde ne manque pas de formidables réalisateurs. D’ailleurs Christopher Smith (pour n’en citer qu’un) vaut beaucoup plus que sa malingre réputation.