On l’appelle Jeeg Robot, Gabriele Mainetti (2015)

jeegrobot

Enzo est un voleur minable qui passe son temps dans un appartement encore plus minable à regarder des pornos et s’enfiler des yahourts (ou l’inverse). Un jour, poursuivi par la police, il se laisse glisser dans le Tibre et passe au travers d’un fût de déchets radioactifs. A la suite de quoi, il développe une force surhumaine (dont il se sert de façon absolument consternante… pour commencer). Appelé en renfort sur un « coup » (ambiance laxatifs, passoire et couteau de boucher), la récupération de boulettes de drogue tourne mal : un passeur africain meurt d’overdose et l’autre provoque un carnage. Enzo l’ignore, mais il a mis la main dans un engrenage qui va l’obliger à protéger Alessia, la fille (adulte) de son voisin, traumatisée, qui passe ses jours et ses nuits devant un dessin animé japonais : Jeeg Robot.

On l’appelle Jeeg Robot est le croisement improbable de Toxic Avenger (du label Troma) et de Gommorha avec un soupçon de Chica Vampiro, incarné par le personnage de petit caïd grotesque nommé Zingaro (Luca Marinelli).

Le film joue volontiers la carte de la provocation et de l’outrance, pourquoi pas, sauf qu’à un moment le scénariste dérape et [SPOILER] remet Enzo dans le droit chemin de la relation sexuelle non consentie (ou si vous préférez du viol sans violence physique). Pour le coup, ça m’a semblé aussi malsain qu’indéfendable. Tout s’explique : un personnage qui passe son temps loin des autres à regarder des pornos, une jeune fille visiblement abusée pendant l’enfance qui espère que la prochaine fois Jeeg Robot pourra la sauver, mais on est quand même en droit de s’étrangler. [/SPOILER] Si on ajoute Luca Marinelli qui essaye de poser de nouveaux jalons dans le surjeu en matière de voyou hystérique, le bilan n’est pas très positif.

Sordide, de mauvais goût, malsain au possible, On l’appelle Jeeg Robot sous couvert de film de super-héros différent s’inscrit en fait dans une grande tradition italienne de films provocateurs, on pense à Affreux, sales et méchants d’Ettore Scola, certains films de Marco Ferreri. C’est un film qui, au final, se vautre dans les plus bas instincts de l’homme et ne propose guère d’élégie.

Si vous voulez un bain de boue, vous allez être servis.

L’Amérique est un cauchemar

7secondes

Cette critique de mon recueil m’a, par un étrange cheminement mental, ramené à cette interview de Don DeLillo datant de novembre 2010 (oui, oui…).

A mes yeux, écrire « Iphone », « Exxon » ou « McDo » dans un texte qui parle d’environnement a un sens, surtout dans un monde où on ne peut quasiment plus voyager sans tomber sur un Starbucks coffee…

Ce qui n’est pas ravagé est assimilé. Ou, effet de miroir, ce qui ne peut être assimilé est fracturé.

L’Amérique est sans doute un beau cauchemar, mais c’est aussi un méchant virus qui grignote toute la planète…