Bury my heart at Wounded Knee, Yves Simoneau (2007)

Bury my heart at Wounded Knee est un long téléfilm HBO de plus de deux heures, évidemment inspiré du livre de Dee Alexander Brown (Albin Michel « Terre d’Amérique »), Enterre mon coeur à Wounded Knee, une histoire américaine (1860-1890). Mais l’ouvrage de Brown n’est pas la seule source du scénario, puisqu’il raconte aussi la vie de Charles Eastman.

Le film commence avec le massacre de Little Big Horn (25 et 26 juin 1876) où le général Custer et 267 de ses hommes périrent. Il se termine avec le massacre de Wounded Knee (29 décembre 1890) où environ deux cents indiens Lakota, hommes, femmes et enfants, furent tués par la cavalerie américaine.

On y suit plusieurs destins, mais en particulier celui de trois hommes (les guerres Indiennes, et ça ne surprendra personne, fut avant tout une affaire d’hommes) : Charles Eastman, médecin d’origine amérindienne ; le sénateur Henry Laurens Dawes (interprété par Aidan Quinn) ; le chef Sitting Bull (interprété par August Schellenberg).

Comme souvent chez HBO, le spectacle est éprouvant : scalp, blessures, corps gelés, enterrement d’enfants. Ici, il est question d’horreurs variées, de massacres, mais de maladie aussi, de racisme, de mesquinerie, de déchéance(s). Et de gens qui se trompent. Malgré toute sa bonne volonté, le sénateur Dawes apparaît comme l’homme par qui l’horreur arrive. Il croit aider les Amérindiens, il les enterre vivant, dans les réserves. Deux conceptions du monde, inconciliables, sont entrées en collision. Et encore aujourd’hui, les dégâts sont visibles (il suffit de visiter n’importe quelle réserve indienne pour s’en convaincre). Le scénario n’épargne personne, ni la lâcheté des uns, ni la cruauté des autres, ni la mesquinerie. Tout y passe : l’attrait de Sitting Bull pour la célébrité ; les bouteilles d’huile de foie de morue avalées avec avidité, car elles contiennent un tout petit peu d’alcool ; les horreurs perpétrées par les deux camps.

Le téléfilm n’est pas exempt de défauts, notamment en termes de réalisation, un brin forcée. Il passe un peu vite sur le mouvement Ghost Dance. On en retient une scène qui dit tout : un bœuf est lâché dans un corral, un Indien le prend en chasse à cheval et le tue avec sa carabine Winchester. Une forme d’aumône. Voilà la chasse que les Blancs offrent aux Indiens, après que les premiers ont volé les terres auxquelles les seconds pensaient appartenir… et non l’inverse. Tout ça, pour l’or des Black Hills.

Comme toujours, l’or n’est jamais très loin.

 

Atomic Blonde, David Leicht (2017)

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Berlin juste avant la chute du Mur. L’espion anglais James Gasciogne est assassiné par l’espion russe Youri Bakhtine qui récupère une liste d’agents doubles, d’agents infiltrés, d’agents plus vraiment secrets, liste (planquée dans une montre) sur laquelle se trouve l’identité de Satchel, un agent double que l’Angleterre veut pendre haut et court pour haute-trahison. Lorraine Broughton (Charlize Theron) est envoyée à Berlin pour récupérer la liste à tout prix, et en option, démasquer Satchel. Dès son arrivée, le KGB attente à ses jours. Sa couverture a été grillée et elle soupçonne immédiatement David Percival (James McAvoy) l’agent anglais en poste à Berlin de l’avoir trahie. Dans le même mouvement, elle se rapproche, près très près, d’une agente française : Delphine Lassalle (Sofia Boutella) qui a quelques informations de valeur au sujet de ce paradoxal David Percival, qui fait tout pour passer pour un crétin égocentrique fini et serait peut-être à la place le meilleur espion de sa génération.

Atomic Blonde est une bonne surprise, c’est sans doute même mieux que ça. Je n’en attendais rien ou disons pas grand chose et voilà, je suis resté scotché de bout en bout. Charlize Theron fait un numéro absolument incroyable : à poil, nichons au vent (dès la première scène), en dessous coquins, habillée smart, habillée tueuse implacable, avec perruque, sans perruque. Elle est de quasiment de toutes les scènes et elle incarne une version féminine de James Bond particulièrement réussie. Elle picole comme James Bond (vodka on the rocks), cogne comme James Bond, tire comme James Bond, mais (et c’est là que les scénaristes ont été très malins) malgré ses talents de tueuse implacable elle ne baise pas comme James Bond (ancienne époque). Ses sentiments amoureux sont clairement son épine dans le pied, ce qui la rend fascinante et terriblement attachante. James McAvoy ne surprend pas, il reprend quasiment à l’expression près son rôle dans Ordure ! Aucune surprise donc de ce côté-là, mais il le fait avec le talent pyrotechnique qu’on lui connaît. C’est un espion complètement outré qui se prend pour une rockstar, passe son temps avec des putes, boit comme un trou, parle comme un charretier, fraye avec les punks / activistes qui vont faire tomber le mur. Tout ça ne l’empêchant pas d’avoir une certaine efficacité. C’est un peu le jumeau maléfique de Lorraine. Leur face à face est plutôt intéressant, il joue à la fois sur le registre pop (voire vulgaire : je t’e mettrai bien un petit coup, jolie blonde / dans tes rêves, gros con) et sur un registre plus cérébral (d’inspiration John Le Carré tout à fait limpide – d’ailleurs le film se paye le clin d’œil de luxe absolu en donnant à Toby Jones à peu près le même rôle qu’il avait dan La Taupe).

Doté d’un scénario vraiment convaincant, plein de trouvailles assez géniales (l’utilisation des chansons de la fin des années 80, du film Stalker, des citations de Machiavel, etc), Atomic Blonde dégueule littéralement de morceaux de bravoure :

  • la scène dans le cinéma où est projeté Stalker.
  • Les scènes de séduction puis d’amour entre Charlize Theron et Sofia Boutella.
  • La scène des parapluies.

Sans parler de quelques fusillades à la violence décomplexée et graphique (meurtre au pic à glace, relooking d’appartements est-allemand au sang et aux matières cérébrales).

Le film bénéficie d’un choix de chansons à la fois assez évident et en même temps éclairé : Cat people (putting out fire) David Bowie, 99 luftballoons de Nena, Cities in dust de Siouxie and the banshees, London Calling de The Clash, etc.

A l’heure où le moindre commentaire sexiste peut coûter très cher, je prends le risque et assume le ras du bitume : Atomic Blonde c’est James Bond avec des (petits) nichons. Et c’est délicieusement bon de jouir de cette inversion des codes habituels du film d’espion. Charlize Theron est incroyable (séductrice, intelligente, manipulatrice, physique), James McAvoy fait le boulot avec panache, Sofia Boutella est belle à croquer (surtout en moto) et le reste du casting assure grave : Toby Jones, John Goodman, Eddie Marsan…

A priori ce cocktail incongru d’action à gogo, de pop culture et d’espions cérébraux à la John le Carré n’aurait rien dû donner d’intéressant, mais voilà c’est la magie du cinéma  (le plus grand tour de prestidigitation qu’ait inventé le diable)…

Foncez ! C’est de la bombe !

 

The Mercy Seat – frissons garantis

 

« The Mercy Seat »

It began when they come took me from my home
And put me in Dead Row,
Of which I am nearly wholly innocent, you know.
And I’ll say it again
I.. am.. not.. afraid.. to.. die.

I began to warm and chill
To objects and their fields,
A ragged cup, a twisted mop
The face of Jesus in my soup
Those sinister dinner deals
The meal trolley’s wicked wheels
A hooked bone rising from my food
All things either good or ungood.

And the mercy seat is waiting
And I think my head is burning
And in a way I’m yearning
To be done with all this measuring of proof.
An eye for an eye
A tooth for a tooth
And anyway I told the truth
And I’m not afraid to die.

Interpret signs and catalogue
A blackened tooth, a scarlet fog.
The walls are bad. Black. Bottom kind.
They are sick breath at my hind
They are sick breath at my hind
They are sick breath at my hind
They are sick breath gathering at my hind

I hear stories from the chamber
How Christ was born into a manger
And like some ragged stranger
Died upon the cross
And might I say, it seems so fitting in its way
He was a carpenter by trade
Or at least that’s what I’m told

Like my good hand
tattooed E.V.I.L. across it’s brother’s fist
That filthy five! They did nothing to challenge or resist.

In Heaven His throne is made of gold
The ark of his Testament is stowed
A throne from which I’m told
All history does unfold.
Down here it’s made of wood and wire
And my body is on fire
And God is never far away.

Into the mercy seat I climb
My head is shaved, my head is wired
And like a moth that tries
To enter the bright eye
So I go shuffling out of life
Just to hide in death awhile
And anyway I never lied.

My kill-hand is called E.V.I.L.
Wears a wedding band that’s G.O.O.D.
‘Tis a long-suffering shackle
Collaring all that devil blood.

And the mercy seat is a-burning
And I think my head is flowing
And in a way I’m hoping
To be done with all this weighing up of truth.
An eye for an eye
And a tooth for a tooth
And I’ve got nothing left to lose
And I’m not afraid to die.

And the mercy seat is waiting
And I think my head is burning
And in a way I’m yearning
To be done with all this measuring of proof
An eye for an eye
And a tooth for a tooth
And anyway, there was no proof
And nor a motive why.

And the mercy seat is waiting
And I think my head is burning
And in a way I’m yearning
To be done with all this measuring of proof.
A life for a life
And a tooth for a tooth
And anyway there was no proof
And I’m not afraid to die.

Now the mercy seat is waiting
And I think my head is smoking
And in a way I’m hoping
To be done with all these looks of disbelief.
A eye for an eye
And a tooth for a tooth
And anyway I told the truth
And I’m not afraid to die.

And the mercy seat is waiting
And I think my head is burning
And in a way I’m yearning
To be done with all this measuring of proof
An eye for an eye
And a tooth for a tooth
And anyway I told the truth
And I’m not afraid to die.

And the mercy seat is waiting
And I think my head is burning
And in a way I’m yearning
To be done with all this measuring of proof.
A eye for a eye
And a tooth for a tooth
And anyway I told the truth
But I’m not afraid to lie.

And the mercy seat is waiting
And I think my head is burning
And in a way I’m yearning
To be done with all this measuring of proof
An eye for an eye
And a tooth for a tooth
And anyway I told the truth
But I’m afraid I told a lie.

Better than porn

/

Stop those voices in your head
They eat away your will
You’ve everything you need
/
Hate the way they make you weak
They bring you to your knees
And steal your power away
/
Girls talk shit when you’re backed up against it
Don’t believe any word that they hear
And you can do what it is that you want
Without some little bitch in your ear
/
And girls talk shit, making no bones about it
When you’re something that they don’t understand
When they see that you got caught with your pants down
When they see you got caught with your pants down
/
Buy into the things they say
You’ll lose your common sense
You’ve everything you need
/
Love to bring you to your knees
And watch you as you bleed
And give your power away
/
Girls talk shit when you’re backed up against it
Don’t believe any word that they hear
And you can do what it is that you want
Without some little bitch in your ear
/
And girls talk shit, making no bones about it
When you’re something that they don’t understand
And you can do what it is that you want
Without some little bitch in your ear
[x2]
/
Girls talk shit, when your karma is crashing
Girls talk shit, when it falls to the floor
Girls talk shit, when you’re biting your nails down
To the quick cause you feel insecure
/
Girls talks shit, making no bones about it
Girls talks shit, making no bones about it
You can do what it is that you want
Without some little bitch in your ear
In your ear
In your ear