12e forum international de la bande-dessinée de Tétouan

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Tétouan by night. Une ville entière qui respire au rythme du match Real Madrid / Bayern de Munich. Des cafés remplis d’hommes (aucune femme) les yeux rivés sur l’écran de télévision. Dans la médina, odeurs de savon noir, d’épices, de cannelle, de café torréfié, de viande, de tannerie. Il fait 13°. Il pleuvote. On imagine les mêmes odeurs, déjà à la limite du supportable, amplifiées par la chaleur de l’été nord-africain. La ville grimpe à la montagne comme les favelas de Medellín. Les maisons andalouses ont un charme certain, avec leurs magnifiques portes. Envie de pâtisserie, de dattes. Pour boire du vin, il faut aller dans les restaurants espagnols (conseil d’un autochtone), visiblement les seuls habilités à vendre de l’alcool. Presque tout le monde s’adresse à moi en espagnol. Il faut dire que les nombreux touristes (certains emmitouflés comme aux sport d’hiver) sont quasiment tous de cette nationalité. Il est 22h15 heure locale ; la ville commence à s’apaiser un peu. L’hôtel est tellement bien insonorisé que j’ai l’impression que les murs sont en papier toilette.

Dans l’antre de la pénitence

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 » 1905, San José en Californie. Suite à la perte de son mari et de sa fille, Sarah Winchester se lance dans la construction compulsive de la « Winchester House » : une demeure aussi étrange que démesurée. Un chantier perpétuellement troublé par les lubies de sa commanditaire, qui réveille ses domestiques en pleine nuit, ou ordonne à ses ouvriers de construire des portes et des escaliers ne menant nulle part. On la prétend folle, hantée par les esprits de ses proches disparus. Mais le jour où un étranger fait son apparition sur le pas de sa porte, les démons de Sarah pourraient bien devenir réels… « 

(Résumé éditeur)

La maison Winchester à San José en Californie est une attraction touristique célèbre, attachée à la folie historique d’une femme : Sarah Winchester. Cette maison est au centre de plusieurs œuvres, comme le roman de science-fiction Vanishing point de Michaela Roessner (que je faillis publier, en français, dans une vie antérieure), ou le film des frères Spierig, le bien-nommé Winchester.

Pour ce qui est de L’Antre de la pénitence, le scénariste Peter J. Tomasi nous emmène en 1905 en Californie à la rencontre de Warren Peck, un assassin (tueur d’Indiens notamment) qui, blessé, va trouver gîte et couvert chez Sarah Winchester, dans sa maison de la pénitence. La folie, les fantômes, les hallucinations, tout s’amasse dans cet endroit peuplé d’assassins en pleine repentance.

S’il faut un petit temps d’adaptation pour s’habituer au dessin, original certes, mais assez agressif, après quelques pages à peine on comprend vite que ce dessin, si particulier, est tout à fait adéquat. Et vers la fin, Ian Bertram livre quelques doubles pages de folie, où semblent entrer en improbable collision l’art d’Escher et les visions horrifiques du Clive Barker des Livres de sang.

Cette californian ghost story vaut plus q’un coup d’œil.