A Vigilante, Sarah Daggar-Nickson (2018)

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Après un drame qui l’a touchĂ©e dans son cĹ“ur, son âme et sa chair, Sadie a dĂ©cidĂ© de se mettre au service des femmes battues, des enfants en danger. Contre un peu d’argent, un peu de nourriture, ce que vous pouvez donner, elle vous dĂ©barrasse de votre mari violent, sans le tuer, elle vous protège le temps de contacter les services sociaux. Sadie est cabossĂ©e, dans un sale Ă©tat, physique et psychologique, mais elle arpente sa voie, comme un samouraĂŻ sans maĂ®tre qui a su garder un code d’honneur indestructible, que nul ne pourra remettre en cause.

Les films qui mettent en scène des justiciers m’ont toujours intĂ©ressĂ©, que ce soit Magnum Force (1973), Un justicier dans la ville (1974), Le Droit de tuer (1980), Vigilante (1982), Tir groupĂ© (1982), La Nuit des juges (1983), A vif (2007), Death sentence (2007) (tout comme les Rape&revenge, d’ailleurs). Ils sont rarement aussi sulfureux / dĂ©magogues qu »on veut bien le dire et souvent très rĂ©vĂ©lateurs de la pĂ©riode durant laquelle ils ont Ă©tĂ© filmĂ©s. Certains sont atroces comme Un justicier dans la ville 3, qui est un des pires films de l’histoire du cinĂ©ma, mais la plupart sont presque « documentaires » pour ne pas dire salutaires. Ils nous poussent Ă  rĂ©flĂ©chir aux notions de vengeance, de justice, d’injustice, etc. Et il me semble qu’il est très important d’y rĂ©flĂ©chir rĂ©gulièrement.

A Vigilante apporte sa pierre Ă  l’Ă©difice. Une pierre très Me too, mais pourquoi pas. Olivia Wilde porte le film sur ses Ă©paules mal cicatrisĂ©es ; son personnage n’est pas indestructible, n’est pas sans faille, elle est mĂŞme fĂŞlĂ©e presque Ă  se briser. Elle veut faire le bien, lĂ  oĂą il n’y a que du mal. Le traitement narratif choisi par la rĂ©alisatrice est aussi radical qu’exemplaire, on ne dĂ©couvre l’histoire de Sadie que fragment après fragment. Les Ă©pisodes les plus terribles ne sont pas montrĂ©s ou sont filmĂ©s hors-champ. Sarah Daggar-Nickson a optĂ© pour un traitement naturaliste, sobre, anti-spectaculaire, presque art&essai. IntĂ©ressant. A Vigilante est un film de vigilante mais aussi une rĂ©flexion sur ce genre souvent d’exploitation. Ce n’est sans doute pas un film parfait (il y a une scène vers la fin qui peine Ă  convaincre), mais je l’ai trouvĂ© marquant, tendu, sans une once de gras et très sincère. Très Ă©loignĂ© de Peppermint son alter ego hollywoodien sorti la mĂŞme annĂ©e, presque Ă  l’autre bout du spectre cinĂ©matographique.

Par certains aspects, A Vigilante m’a rappelĂ© Aucun homme ni dieu de Jeremy Saulnier. C’est plutĂ´t un compliment.

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