Renaissances, Tarsem Singh (2015)

Renaissances

Damian Hale (Ben Kinglsey, plus sobre qu’à son habitude) est un magnat de l’immobilier new-yorkais. Un homme peu sympathique (euphémisme) qui vit dans un grand appartement sur Central Park à la décoration absolument cauchemardesque (tout en marbre et dorures, on se croirait chez Saddam Hussein). Damian se meurt d’un cancer. Il n’ a plus que six mois à vivre. Bien fait pour lui ! Il voudrait reprendre contact avec sa fille Claire, mais n’y arrive pas. La jeune femme a visiblement une haine froide pour ce père qui pense que tout problème peut se régler avec un gros chèque.

Une étrange carte de visite invite Damian à prendre contact avec le Dr Albright. Ce dernier lui propose un procédé révolutionnaire : la mue. Contre 250 millions de dollars l’esprit de Damian va être téléchargé dans un corps de synthèse (Ryan Reynolds). Relocalisé à la Nouvelle-Orléans Damian 2.0 profite de sa retraite dorée, il conduit un bolide « piège-à-chattes », joue au basket, sort en boîte, baise (beaucoup – le corps de Ryan Reynolds et le portefeuille de Damian Hale sont d’une aide notable). Jusqu’au jour où une hallucination fissure sa nouvelle vie bien rodée : un château d’eau en forme de citrouille, une femme latino et une petite fille malade.

Le secret de la mue de Damian se trouve dans la région de Saint-Louis. Elle s’appelle Anna, et elle n’est plus malade.

 

Sur une idée qu’on penserait fauchée à Greg Egan, ce remake inavoué de Seconds de John Frankenheimer, se présente sous la forme d’un étrange mélange de science-fiction cérébrale (libre-arbitre, existence de l’âme, immortalité) et de film d’action. La première « fusillade » évoque la scène d’anthologie (qui fit beaucoup couler d’encre à l’époque) du Eureka de Nicolas Roeg. Le film est relativement audacieux pour un produit hollywoodien. Par exemple, le premier élément de tension scénaristique n’apparaît pas avant la trentième minute. Chose presque impensable à l’heure où on vous explique que le spectateur doit être collé au fond de son siège au bout de cinq minutes, grand maximum. La partie SF est plus intéressante que la partie action, comme on pouvait s’en douter. Mais la partie action a l’avantage de faire passer ces concepts de SF auprès d’un public sans aucun doute plus large que celui de Greg Egan. Renaissances n’est pas un grand film, il ne surprendra jamais le lecteur de Greg Egan. La scène de la « balle » (je ne spoile pas) est juste une facilité scénaristique à la limite de l’impardonnable. Mais Renaissances est divertissant, bien joué, bien réalisé, très léché même, et réserve quelques jolies surprises de mise en scène.

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