The Punisher (2017)

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Frank Castle, le Punisher, n’est pas mort. Il casse des murs à la masse sur un chantier de construction. Impliqué bien malgré lui dans une affaire de braquage qui tourne mal, il se voit obligé de quitter sa couverture. Contacté par un hacker qui s’est lui aussi fait passer pour mort, et vit dans un sous-sol depuis un an, Frank va devoir se confronter à son passé, à une « opé noire » en Afghanistan qui a tourné affreusement mal. Un allié des USA est mort : Ahmad Zubair. Et Dinah Madani de la sécurité intérieure veut absolument savoir pourquoi… Frank sait, mais cette vérité lui a déjà coûté très cher : tout ce qu’il aimait.

The Punisher fait partie de la myriade de séries Marvel : Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist, etc. Je ne suis pas vraiment client, et je n’ai vu que les deux premières saisons de Daredevil (qui sont très bien, à mon humble avis) et c’est d’ailleurs dans Daredevil que j’ai côtoyé pour la première fois le Punisher incarné par Jon Bernthal (parfait pour le rôle). Personnage ambiguë (pour le moins), complexe, le Punisher est sur le papier un des personnages les plus intéressants de l’univers Marvel.

Mais je dois dire que je suis assez partagé sur la série qui lui est dédié.

D’abord, il y a le format : 13 épisodes ne me semblaient pas nécessaires pour raconter cette histoire, dix auraient sans doute suffi. D’un autre côté, j’ai trouvé les épisodes 11 et 12 proprement hallucinants. Auraient-ils eu le même impact s’ils étaient apparus plus tôt. Pas sûr. Evidemment, on retrouve dans ce show les deux twist du parfait guide du scénariste hollywoodien, aucun ne sera une surprise, mais néanmoins, à cause de leur dimension morale, ils font quand même leur petit effet.

Ensuite, il y a le message politique, ou disons la coloration particulièrement lourdingue Marines / famille / patrie, martelée (des fois on se croirait face à une publicité de l’armée de Terre). Semper Fi and co. Résultat : on a un peu de mal à avoir de l’empathie pour cette bandes de brutes épaisses, indéfendables et à moitié psychopathes.

Jon Bernthal est parfait ; on ne saura jamais si le Punisher est un abruti ou juste un tueur assez intelligent pour savoir qu’il doit se faire passer pour un abruti brut de décoffrage. Amber Rose Revah est très bien dans le rôle de Dinah Madani (personnage de pouvoir, mais sexué, avec une histoire familiale, des failles). Ben Barnes est excellent dans le rôle de Billy Russo, le mercenaire en costume Armani. L’interprétation est au top. De ce côté-là rien à dire, on retrouve la qualité Netflix.

The Punisher est assurément du beau travail (excellents acteurs, bonne réalisation, très bon habillage musical), mais il faut sans doute aimer les trucs de soldats, de camaraderie militaire et de frères d’armes pour l’apprécier à fond. Pas vraiment mon truc, un peu en opposition avec l’idée que je me fais du média bande-dessinée et du rôle qu’il se doit d’avoir dans la (contre-)culture. Heureusement que le personnage de Madani est là pour endiguer partiellement ce Niagara de testostérone.

 

 

Colossal, Nacho Vigalondo (2016)

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Gloria, new-yorkaise fêtarde (pour ne pas dire alcoolique) n’a pas de travail depuis un an. Ce qui commence sérieusement à courir sur le haricot de Tim, son brillant petit copain… qui finit par la foutre dehors. Gloria rentre alors chez ses parents, loin de New York, mais pas très loin (le New Hampshire), dans une maison vide.

Au même moment, un monstre démoniaque et gigantesque (qui était déjà apparu vingt-cinq plus tôt) commence à ravager Séoul. Gloria se rend alors compte que quand elle se gratte la tête, le monstre se gratte la tête, quand elle danse, le monstre danse. Il y a deux conditions à cela, elle doit se trouver dans le parc près de chez elle, à 8h05 précise. Vingt-cinq plus tôt, ce parc n’était pas un parc, et Gloria sent bien qu’elle doit se souvenir de quelque chose, quelque chose enfoui profondément en elle.

Colossal est un film expérimental, une sorte de film d’art et d’essai avec un étrange godzilla démoniaque de série B (voire Z). Il est très éloigné de l’idée que l’on pourrait s’en faire en regardant la seule bande-annonce. Pour tout dire, j’ai trouvé le film raté (Anne Hathaway, à contre-emploi, m’a semblé encore plus à côté de la plaque que d’habitude), le cocktail drame/comédie de mœurs/film de monstre ne marche pas. Et malgré toutes ses scènes de séduction paradoxalement assez ennuyeux. Les personnages sont tous odieux et Gloria n’échappe pas à la règle ; on n’arrive pas à s’accrocher à elle, à avoir de la sympathie/de l’empathie pour cette pauvre fille bien pénible. Là où le film est extrêmement intéressant, c’est dans sa radicalité, sa tonalité à part. Pendant plus d’une heure, on ne comprend pas où Nacho Vigalondo veut en venir, ce qu’il veut nous raconter. Essayer de comprendre la volonté du réalisateur devient alors beaucoup plus intéressant que le film en lui-même (je ne pense pas que ça soit un compliment). Et le spectacle parfois voyeur, brutal sur les plans psychologique et physique, est étrangement (alors qu’on s’attend à une comédie) à la limite du soutenable. Voir Oscar (Jason Sudeikis) frapper Gloria (devenue son employée) à de nombreuses reprises et la voir réagir de façon incohérente, ou ne pas réagir du tout (cette fameuse sidération dont on parle beaucoup depuis l’affaire Weinstein), met extrêmement mal à l’aise. Un inconfort qui perdure presque jusqu’aux dernières scènes du film.

Colossal parle de confiance en soi, de traumatisme enfoui, d’alcoolisme, de nos démons intérieurs, des pervers narcissiques et de leurs victimes, de cette fascination qui nous fait appuyer sur la pédale de frein quand on approche du lieu d’un accident. Le réalisateur n’hésite pas à présenter la violence comme une solution et nous confronte à notre voyeurisme naturel.

Plutôt ennuyeux, sans personnages vraiment attachants (à part peut-être Joel/Austin Stowell, sous-utilisé), Colossal est un ratage presque colossal. Dommage, car le fond est plutôt intéressant.

Wolfcop, Lowell Dean (2014)

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Lou Garou est flic dans une petite ville canadienne. Alcoolo, notoirement incompétent, il est la honte de la police locale (qui se réduit à un chef, lui et l’employée du mois depuis XX mois : Tina). Sur fond d’éclipse, d’annulation du drink&shoot annuel (un rassemblement de chasseurs), d’élections locales, de braquage de magasin d’alcool et de fabrication industrielle de drogue, Lou va se rendre cruellement compte qu’il ne porte pas ce nom français idiot – Garou – par hasard.

Soyons clair d’entrée de jeu, sans préliminaires ni lubrifiant bio : Wolfcop est absolument consternant. Les acteurs sont à chier, les effets spéciaux sont monstrueux (pas forcément dans le meilleur sens de l’adjectif), les effets gore sont affligeants, le scénario est « aléatoire » (je ne sais pas très bien ce que ça peut bien vouloir dire, mais je me comprends et c’est l’essentiel). Beaucoup de zizi, de pipi et pas mal de (jolis) nichons, ce qui place tout de suite le film au niveau de Ash vs Evil Dead (en pire) ; en fait, à la réflexion, non, pas au même niveau, faut pas déconner : Ash vs Evil Dead touche la cuvette (une fois sur trois), Wolfcop se contente du tapis en peluche rose placé devant. Il y a plein d’idées, certes, mais elles sont à 92,7% pathétiques et c’est vrai que voir un homme se transformer en loup-garou à partir de son pénis est une idée extrêmement con et d’une subtilité qui ferait passer Donald Trump pour le maître de Machiavel.

Tout ça pourrait être amusant, voire à se pisser dessus (miction impossible ?), comme une bonne série Z de derrière les poubelles, mais non, le scénario est trop pompé sur Hot Fuzz et les meilleurs passages se comptent sur les doigts de la main qui reste à un manchot. Toutefois, reconnaissons que la scène absolument foireuse du « labo de meth » est par instants réjouissante, tout comme la montée en puissance de Tina.

Evidemment, je me ruerai sur la suite dès qu’elle sera disponible (je me demande si ce n’est pas la première fois de ma vie que je conjugue le verbe se ruer au futur simple).

Another_Wolf_Cop