Negalyod, Vincent Perriot

Negalyod

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Pouvais-je passer à côté d’une grosse BD de SF de 208 pages chez Casterman ?

Non.

Mais j’aurais pu. Je m’y suis repris à trois fois pour la finir, vaincre mon ennui mêlé d’exaspération. Quand t’as payé 25 balles, t’as quand même envie de connaître la fin. Quant t’arrives péniblement à la fin, tu te dis que t’as perdu 25 balles. La déception est très forte, à l’aune des efforts que tu as produit pour aller au bout, elle domine tous les autres sentiments, mais elle est d’une grande injustice car Vincent Perriot est le fils spirituel de Moebius, ou le fils que Moebius et Druillet ont eu en secret lors d’un voyage au Mexique.

Des images pleines de détails, des visions SF vertigineuses, des trouvailles graphiques presque à chaque page. Le dessin est magnifique, surtout dès qu’il se fait architectural.
Après Vincent Perriot est un piètre scénariste et on ne croit jamais à son monde (au croisement de Mad Max, Jurassic Park et Alita, Battle angel). Pas plus qu’on ne s’intéresse au personnage principal, éleveur de tricératops qui perd tout son troupeau à cause d’une expérience climatique. (Quant aux autres personnages, ils sont quasiment inexistants.)
La narration est ample, mais globalement Perriot raconte en 208 pages ce que raconte un gros album de 64 pages. Il aime bien les pleines pages muettes, ce qui fait dire qu’il est plus illustrateur que dessinateur de BD. Les maladresses dans la narration BD, dans la création des personnages s’accumulent, comme les péripéties scénaristiques un brin ridicules. Et le monde qu’on nous propose ne fonctionne pas bien, voire pas du tout. Surtout sur le plan politique. Les riches en haut, les pauvres en bas, on en bouffe depuis des décennies maintenant.

Elysium et son wordbuilding plus que bancal ont tué le jeu.

Y ajouter des dinosaures fait gadget, même s’ils sont très bien dessinés.

Negalyod permet toutefois de découvrir un dessinateur majeur qui devrait avoir le bon goût de s’associer avec un bon scénariste de SF (Luc Brunschwig n’est pas dispo ?).

 

2 commentaires sur “Negalyod, Vincent Perriot

  1. Je ne serais pas si dur quand à la qualité de scénariste de l’auteur mais je me suis aussi ennuyé sans bien comprendre à quoi j’avais à faire. Je trouve cruel quand un jeune auteur se voit encensé par la presse ce qui crée des grosses déceptions. On ne peut pourtant avoir les mêmes attentes qu’avec un auteur chevronné. Negalyod est juste un album ambitieux qui aurait dû s’adjoindre un scénariste. Très difficile d’apporter qqch de neuf en sf. Bablet l’à fait mais ça ne peut se produire chaque année.

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    1. Si je veux lire quelque chose de neuf en SF, je lis Greg Egan ou Vandana Singh ou Sam J. Miller, pas une bande-dessinée chez Casterman. Le minimum que j’attends d’un album c’est d’avoir envie de tourner les pages, d’être pris dans une mécanique narrative. Là rien, juste l’ennui, la dramaturgie est complètement ratée, les personnages sont inintéressants au possible, le monde décrit ne fonctionne pas. C’est beau, voire très beau, mais on n’y croit pas une seconde.

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