Blood father, Jean-François Richet (2016)

bloodfather

Link (Mel Gibson, magistral) a fait de la prison, longtemps, s’en est sorti, s’est sorti de la bouteille aussi (deux ans qu’il n’a pas bu une goutte d’alcool). Dans sa caravane pourrie, il tatoue les inconscients qui sont prêts à lui confier leur peau. Et puis un jour tout bascule, la fille disparue de Link réapparaît, elle est dans la merde, elle a un tué accidentellement son « boyfriend », un petit caïd mexicain affilié au cartel de Juarez.

Blood Father surprend par son incroyable manque d’ambition. Richet qui avait signé les deux excellents Mesrine, ne rejoue pas dans la même catégorie, il n’essaye pas de reproduire son hallucinante scène d’ouverture du diptyque avec Vincent Cassel en Mesrine. Avec ce Blood father (adaptation du roman Père de sang, de Peter Craig, projet longtemps associé à Sylvester Stallone devant et derrière la caméra), il s’essaye à quelque chose de plus « miniature », sans doute plus dense en matière de psychologie et de rapports humains.

Le casting est très réussi : William H. Macy en sponsor A.A. de Link, Erin Moriarty dans le rôle de la fille qui s’est plongée dans la merde jusqu’aux narines, Diego Luna en mafieux mexicain trop gourmand et Miguel Sandoval en rôle de parrain mexicain totalement hallucinant (cet acteur, beaucoup vu à la télé, est sans doute passé à côté d’une grande carrière). Seul Michael Parks en patriarche magouilleur néonazi détonne, il se croyait sans doute sur le plateau de Tarantino ou de Robert Rodriguez, le décalage s’avère pénible.

Blood father est excellent là où on ne l’attend pas : Mel Gibson qui fouille dans le sac de sa fille, trouve des tampons et des préservatifs et se rend alors compte, pour la première fois, que sa petite fille disparue à quatorze ans est devenue une jeune fille de dix-sept ans qu’un petit truand mexicain a prise dans tous les sens pendant quelques mois. La scène où il lui explique qu’elle finira par faire le tapin au sud de la frontière si elle n’arrête pas ses conneries et toute aussi brutale que pleine d’amour paternel.

Sans surprise, sans grande ambition, sauf celle de livrer un chouette polar sans gras, réduit à l’essentiel, Blood Father finit tout à fait logiquement comme un film de Clint Eastwood : sur l’importance de la passation. Avant cela, Richet réalise quelques belles scènes américaines, de désert et de « trailer park ».

Mineur mais agréable.

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