Les derniers jours, David & Àlex Pastor

lesderniersjours

De nombreuses personnes sont enfermées dans un immeuble de Barcelone. Pourquoi ne peuvent-elles pas sortir ? On on sait pas, mais elles… elles ne le savent que trop bien, même si elles n’en parlent pas volontiers. Car s’il y a bien une chose dont il est difficile de parler, c’est de la fin du monde (tel que nous le connaissons).

Parmi ces personnes, Marc veut retrouver sa fiancée. Le seul moyen d’y parvenir : affronter la jungle du métro, puis emprunter les égouts. Une aventure dangereuse qu’il ne pourra mener qu’avec l’aide d’Enrique, un désagréable consultant RH spécialisé en dégraissage, surnommé Terminator.

J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce film. Pour tout dire, je l’ai arrêté une fois au bout de vingt minutes, avant de finalement lui redonner sa chance. En fait, il est de mieux en mieux plus on progresse dans l’intrigue,  jusqu’au final que j’ai beaucoup aimé, qui m’a beaucoup touché (je n’en dis rien pour ne rien spoilier).

Il y a des maladresses, mais je trouve que le propos du film, assez ambitieux, l’air de rien, dépasse lesdites maladresses.

A découvrir.

Kratie –> Stung Treng –> Banlung

Irrawaddy Dolphin, Thailand

(Photo (c) WWF, fauchée sans leur autorisation)

 

Vendredi 17 novembre je me suis levé à 6h00 pour retrouver les gens du Sorya Kayaking Tours de Kratie, où j’avais réservé ma place pour le half day dolphin trip.  Nous étions six dans le groupe du jour (deux allemandes, un allemand sans lien avec les filles, un couple d’américains de Seattle et moi-même). Je me suis logiquement retrouvé apparié avec le sympathique touriste allemand. Un guide, quatre kayaks, six clients. C’est parti.

L’aventure a commencé par un petit déjeuner léger, puis une demi-heure de camion sur l’ancienne route (défoncée) de Stung Treng avant la mise à l’eau des embarcations. Dès le départ, ça rigole pas : faut traverser le Mékong. 40 minutes d’effort vu le courant (une des deux Allemandes était une pro ; elle aurait été seule dans le kayak une place je pense qu’elle nous mettait minable pour le siècle, mais elle s’était trouvée une compagne d’aventure nettement moins aguerrie, ce qui a équilibré les forces en présence – « je l’ai un peu obligée » m’a-t-elle confié au petit-déjeuner, en parlant de son amie). Puis pause petit-déjeuner, le second de la journée, (riz gluant aux fèves de soja et fruits frais) sur une des îles du Mékong.

Ensuite nous pagayons vingt minutes pour rejoindre la piscine des dauphins où nous attendent quatre bateaux de touristes, venus comme il se doit en bateau à moteur long tail. Cinq minutes après notre arrivée nous voyons les premiers dauphins. Ça fait évidemment plaisir de les voir et en même temps on ne peut pas s’empêcher d’être triste qu’ils soient si peu nombreux (si j’ai bien compris le guide, il en reste soixante dans le Mékong avec une seule naissance répertoriée ces trois dernières années). Là il y en avait bien une dizaine. Nous sommes restés presque une heure à les observer. Après le départ du dernier bateau à moteur, nous sommes allés kayaker à leur rencontre. Il ne faut en aucun cas les toucher : ça leur crée des abcès. Quelques uns ont approché le temps d’une photo. Mais aucun n’est réellement sorti de l’eau.

Ensuite, Kayak jusqu’à une « piscine » naturelle où tout le monde s’est baigné joyeusement et où l’Américain a décide de défier le courant du Mékong à la nage (pas longtemps, ça tire fort).

Puis retraversée du fleuve, en biais, aidé par le courant, contrairement à la première fois.

J’ai trouvé le trip moins difficile que l’Ardèche (que j’ai descendue plusieurs fois dans ma vie), par contre c’est vraiment fatigant.

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L’après-midi, mini-van jusqu’à Stung Treng, que je voulais visiter. Mais le van ayant pris trois heures de retard je suis arrivé avec la nuit. J’ai mangé au bord de l’eau dans un typique restaurant flottant sur le Mékong, établissement familial doté d’une énorme carte visuelle (avec les photos de nourriture les plus ratées que j’ai vues de ma vie), mais ils avaient « rien », pas même un morceau de poulet, juste de quoi faire un lok lak. Ok pour un lok lak.

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Samedi 18 novembre : mini van pour Bang Lung.

La route est moderne, bordée de plantation d’hévéas ou de plantation de bananiers.

Arrivée à 10h30 dans cette ville si peu touristique (traversée par une énorme artère routière : la route 78) et pourtant au cœur de la région des treks : le Ratanakiri.

 

 

 

 

 

 

 

Kratie / Koh Trong

coucher de soleil

Kratie (prononcez Kratché)

… est une petite ville animée (c’est rien de le dire) sise au bord du Mékong en face de l’île de Koh Trong.

Il y a une chose à savoir sur cette honorable cité fluviale…

Si vous pensez naïvement que l’homme est au sommet de la chaîne alimentaire, c’est que vous ne connaissez pas encore Kratie où le moustique fait office de premier de cordée, de menace létale et de classe dirigeante. Donc venez équipé (votre lance-flamme ne passera pas la douane), mais les bougies à la citronnelles, les spirales, les spray, les bracelets anti-mosquito, tout ça ferait mieux de vous accompagner. Soyez intraitable, le moustique ne se mange pas, une fois mort il ne manque à personne, mais lui vous dévore vivant. La ville regorge de cliniques où les gens reçoivent leur perfusion contre la malaria/le paludisme. On voit même des gens au restaurant avec leur pied mobile et leur perf’ bien en évidence.

(Une seconde chose à savoir sur Kratie : évitez autant que possible le Santeheap hotel. De l’extérieur, il fait plutôt illusion, mais alors les chambres sont dans un état. La mienne n’a plus de plomberie et le courant ne marche que si le ventilateur boeing 747 en plein décollage du plafond est mis sur on, le wi-fi marche nulle part – revers de la médaille c’est pas cher, les gens sont adorables, le service de laundry est imbattable).

anguilles

Anguilles au marché.

MarchéKratie

Marché

 

Koh Trong

Les voitures sont interdites sur cette île et on la rejoint par bateau aléatoire (qui part quand il est plein) pour 25 cents / 1000 riels. Le bateau se prend à côté du Jasmine Boat Restaurant. On peut visiter l’île à moto (quel intérêt ?), à vélo, en carriole derrière un poney (cool avec les enfants) ou à pied. J’ai évidemment choisi cette dernière option et il m’a fallu plus de trois heures pour faire le tour de l’île, avec un détour par la plage pour essayer d’observer des tortues de Cantor (sans succès).

L’île est très chouette, mais comme Indiana Jones qui est mon maître en toutes choses (l’orthographe y compris) : I hate snakes. Et donc j’ai croisé deux fois le chemin d’une de ces magnifiques bestioles. Beurk… Y’a aussi plein de lézards, mais les lézards ça va, même les gros.

Conquêtedelouest

La conquête de l’ouest.

Boat

Fitzcarraldo.

Indigène4

Les mangeurs de pastèques.

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La mangeuse de pastèque

Grillons

Le mangeur de grillons (je suis tout à fait sérieux, sa bouteille contenait deux grillons et il en cherchait d’autres. Un met très apprécié au Cambodge).

Indigène1

Le voleur de bicyclette.

KohTrong

Welcome

toutlemondestlebienvenue

You’re not welcome

Maison récente - en bois

Maison récente : piliers béton, bois local + tuiles locales pour le toit.

PointeSud

Pointe sud de l’île.

bateau

Bateau en bout de plage des tortues, aucune tortue de Cantor à l’horizon.

ghosthouse

La maison aux esprits

chedi

Chedi

Jungle

Welcome to the jungle

Lacroiseresamuse

Légende : le pilote/capitaine a treize ans, le type assis sur le moteur diesel est là pour empêcher le moteur de bouger (car l’engin n’est pas fixé, juste posé sur un cadre métallique au fond du bateau). Inutile de vous dire qu’il a chaud aux fesses. Et si vous faites remarquer au capitaine qu’il est peut-être un peu jeune pour naviguer sur le Mékong (pas le fleuve le moins dangereux au monde), surtout barrer un bateau qui contient des touristes, une moto, des étudiantes, etc. Il vous répondra qu’il a l’habitude, il fait ça depuis des années.

Phnom Penh –> Kratie

kayakakratie(Kayak à Kratie – mon prochain moyen de locomotion)

Prendre le bus au Cambodge est toujours une aventure. On sait à peu près quand on part, pour ce qui est d’arriver, c’est franchement une autre histoire.

Il y a deux jours je me suis réservé un billet pour Kratie dans une agence de voyage qui vantait le trajet en bus climatisé, confortable, moderne, siège n°15, avec la petite bouteille d’eau incluse qui le fait bien. 12 dollars (une fortune dans ce pays). Et il y avait même un signe wi-fi sur la pub (bon, j’y ai pas trop cru, mais je ne doute pas que certains bus de cette compagnie, ceux pour Siem Reap par exemple, soient réellement équipés du wi-fi). On me proposait même de me prendre à mon hôtel à 6h30 pour un départ à 7h00.

OK. Banco. J’en ai vu d’autres/je peux prendre le risque de « perdre » douze dollars.

A 6h25, je suis en effet ramassé à mon auberge de jeunesse par un tuk tuk qui m’emmène deux rues (!) plus loin et me dépose devant une supérette fermée. Le chauffeur me dit « no problem » et me laisse là avec mon sac à dos. OK. Je suis un brin dubitatif, mais comme je connais le pays, je me la joue Keanu Reeves/zen. Le gardien de nuit de la supérette s’extrait de son hamac et me tend une minuscule chaise en plastique rouge, taille basse, sur laquelle je pose mon sac à dos vu que le sol est jonché de détritus : barquettes de nourriture, bouteilles vides, PQ, épluchures (évidemment en plein Phnom Penh, au pied des tours de quarante étages des banques chinoises).

Dix minutes plus tard arrive un mini-van à moitié rempli de Cambodgiens. Aucun Blanc. Le chauffeur me demande « Kra-tché », oui oui Kratie. Il jette un coup d’œil, pas davantage, à mon billet, et embarque mon sac à dos, qu’il enfonce à coup de pieds au milieu des sacs de riz, des cartons, etc.

Le mec est un tel cliché que j’ai, par avance, honte de le décrire : tongs, short pourrav, chemise hawaï, en surpoids notable.

Je monte dans l’engin qui a bien trente ans, oui trente ans je dois pas être loin du compte (tout est pété dedans : les sièges, les ceintures, les poignées pour s’accrocher), et inutile de chercher le siège n°15 ; je m’assois là où me dit m’asseoir. Ils vous gueulent dessus, mais aucune inquiétude à avoir, ça ne surprend que la première fois.

Comme le veut la règle bien connue « aucun mini-van ne quitte Phnom Penh avec une place de libre », le chauffeur s’arrête à toutes les stations services de la route du nord en hurlant depuis sa place de conducteur, mais vers la droite, donc à travers deux voyageurs et une fenêtre fermée pour cause de climatisation : « Kra-tché ! ». Après quatre arrêts, le mini-van est plein et donc : on s’arrête. C’est logique. C’est cambodgien : le plus dur est fait, donc maintenant on va bouffer.

Restaurant sur la route. Très fier de moi, je commande en khmer une soupe de porc qu’on me « remplit » de viscères et d’abats, autant demander un bouillon… Ça a bon goût, mais je retire la « viande » morceau par morceau, surtout qu’il y a des trucs que j’identifie mal, du pancréas peut-être. Du poumon ?

A 8h00, enfin, nous quittons vraiment Phnom Penh.

Je vous épargne la pause-pipi au milieu des rizières inondées (ici, c’est encore la saison des pluies), où les étudiantes demandent au chauffeur en langage châtié (donc en hurlant à pleins poumons) : « Espèce de connard, où est-ce qu’on pisse, y’a pas un buisson dans lequel s’accroupir à un kilomètre à la ronde ? » C’est plutôt mimi une étudiante khmer qui gueule, surtout si elle se dandine en même temps.

Les mecs (qui pissent au bord de la route) se marrent. J’ai beaucoup de mal à garder mon impassibilité keanureevesienne (tu restes le maître absolu, Néo !).

Enfin : les filles font pareil (pissent au bord de la route).

Et on repart.

Puis on passe un pont en bois au dessus d’une méchante rivière en crue ; je sais pas vous, mais moi les ponts en bois, c’est plutôt à vélo que j’apprécie de les emprunter. En mini-van plein comme un oeuf : moins. Puis on passe deux ponts militaires qui furent mobiles, il y a fort fort longtemps. Il a plu il y a peu, tout est boueux. A un moment, le mini-van ralentit et nous longeons au pas, des bâches plastiques qui occupent la moitié de la route et sur lesquelles les gens ont mis leur riz à sécher. J’imagine bien le même truc en France sur la nationale 7, début juillet. Ils ont beaux mes melons, ils sont beaux !

Vers midi, commence la tourné UPS locale : le chauffeur fait d’incessants détours pour livrer des colis, et évidemment il gueule comme un pou dans son téléphone quand il ne trouve pas l’adresse. Le système est rôdé : on laisse son colis, souvent à la station service, avec le numéro de téléphone du receveur, le nom de son patelin, et le prix qu’il va payer pour recevoir l’objet. Une sorte de chronopost à livreurs aléatoires.

Enfin, vers midi trente, après avoir pris quelques routes pourries de chez pourries, souvent pas goudronnées, et traversé un putain de marché en pleine heure de pointe, ne me demandez pas pourquoi, on arrive à Kratie. Au bord du Mékong.

Content, en ce qui me concerne.

258 km.

Phnom Penh – dernier jour…

ImmeubleV

Immeuble violet, construit à droite de l’infamous (ce n’est pas moi qui le dis) boîte de nuit Heart of Darkness (street 51)

Petit chat

Une photo de petit chat (dans le but cynique d’attirer des visiteurs)

Statue coiffée

C’était la stone lion pride hier, je vois que ça…

MagasinsSculptures

Quartier des sculpteurs (street 178)

Graveur

Sculpteur de tortues vivantes (il les marque du nom de famille du propriétaire pour les protéger des voleurs et donc qu’elles finissent dans la soupe)

SokhaHotel

Promenade au bord du mékong.

Mékong

Mékong.

Enfants

Jeux d’enfants.

Coq

Un des nombreux coqs de Phnom Penh.

deucflicsamiami

Deux flics à Miami (le croco n’est pas loin).

Kim Hak – Left Behind

leftbehind

(Photo reproduite absolument sans aucune autorisation quelconque).

En ce moment, au Bophana Center, à Phnom Penh une exposition de photos de Kim Hak « Left Behind ». Sorte d’apocalypse cambodgienne contemporaine sur la destruction d’un immeuble dans lequel  vivaient 2500 personnes. C’est incroyable de voir de telle visions de destruction, qu’on croyait réservées au genre post-apocalyptique. Toute l’histoire de cet immeuble est assez fascinante ; j’avoue avoir été particulièrement marqué par les photos de mariage / bonheur abandonnées/ piétinées.