Dark, saison 1 (Netflix)

Widen. Allemagne de l’ouest.

En 1953, deux enfants morts sont retrouvés sur le site de la future centrale nucléaire de Widen. Leurs yeux sont terriblement brûlés, leur oreille interne est détruite.

1986, un enfant disparaît : Mads Nielsen.

2019, Mikkel Nielsen, le fils d’Ulrich Nielsen (frère de Mads) disparaît. Le père, qui est aussi policier, n’est pas prêt de lâcher l’affaire.

Il va vite se rendre compte que tous les 33 ans le malheur frappe à Widen.

Dark a la particularité d’être une série allemande qui rivalise sans mal avec les séries américaines du même genre, même si on sent que le budget est légèrement en retrait. un budget sans doute raisonnable qui n’empêche pas de belles créations comme la machine de l’horloger et des effets spéciaux (plus ou moins réussis), notamment dans le dernier épisode de la saison 1.

Si l’ensemble m’a semblé plein de défauts – il y a des paradoxes temporels que je n’arrive pas m’expliquer à la fin de la saison 1 (sauf à invoquer des mondes parallèles) ; les liens familiaux m’ont semblé parfois un peu durs à suivre entre les trois époques ; certaines réactions des personnages sont incompréhensibles et faute d’éclaircissement ressemblent plus à du tripatouillage scénaristique qu’autre chose -, je me suis néanmoins laissé prendre au jeu. Et je ne tarderai pas trop à visionner la saison 2, en ayant toutefois peur d’être déçu.

Il n’est peut-être pas judicieux de regarder cette série peu de temps après Tales of the loop ou même Watchmen avec qui, étrangement, elle partage pas mal de choses. A dire vrai, c’est sans doute ce qui m’a le plus gêné : on dirait du Damon Lindelof. Une sous-intrigue est à peine bouclée que trois autres, souvent incongrues, viennent de poper ça et là comme une génération spontanée de bruit généré pour masquer la progression hésitante du signal global. On connaît la méthode, on a vu The Leftovers et Lost ; on sait donc comme ça finit, dans un long cri de rage (nettement moins agréable qu’une chanson de Nena).

Par conséquent, on ne peut s’empêcher de penser que la saison 2 est – sur le plan scénaristique – à haut risque (il y a tellement d’énigmes à boucler (en 1953, en 1986, en 2019 et en ???? – je ne spoile pas) qu’il faudrait sans doute dresser un document excel exhaustif pour tenter de s’y retrouver -je suis sûr que quelqu’un l’a fait quelque part).