(Très) cher cinéma français, Eric Neuhoff (Albin Michel)

chercinéma

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(Disclaimer : je n’ai pas reçu ce livre en service de presse, je ne l’ai pas acheté non plus, travaillant chez Albin Michel, je suis allé au magasin et j’en ai demandé un exemplaire).

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Ma passion pour le cinéma français étant à peu près équivalente à celle pour le gratin de chou-fleur, saloperie de légume auquel je suis violemment allergique, et dont l’odeur seule me pousse à la nausée, je n’ai pas résisté longtemps et je me suis jeté sur ce petit pamphlet (ça se lit en une heure, deux si vous savourez certains passages).

L’entame est brillante :

« HS. Kaputt. Finito. Arrêtons les frais. Le cinéma français agonise sous nos yeux. Il est à peine l’ombre de lui-même. Bientôt, on punira les enfants qui n’ont pas fini leurs devoirs en les obligeant à regarder les nouveautés. C’est ainsi, le plaisir est devenu une corvée. Si tu n’es pas sage, tu iras voir le dernier Ozon. »

Neuhoff a deux têtes de turc (choisies bien sûr au hasard) : François Ozon et Isabelle Huppert. Le passage sur Huppert est un festival pyrotechnique. Neuhoff dit des choses tellement vraies sur le cinéma américain des années soixante-dix où un chef d’œuvre sortait par semaine, sur le sens des œuvres, le rôle de la critique, sur l’ambition artistique, etc.

Si le fonds (c’était mieux avant) semble assez inattaquable, le réquisitoire prend des détours nostalgiques parfois un peu étranges, un peu contre-productifs, mais bon Neuhoff a choisi d’enfoncer le doigt dans une cervelle pourrie et ce n’est pas chose facile.

Le livre a aussi des vertus inattendues, on a soudain envie de le défendre ce putain de cinéma français. Tel un Indiana Jones fatigué et poussiéreux on fouille dans sa mémoire, à la recherche de films français récents qu’on a aimés, ou qui vous ont transportés : j’en ai trouvés quelques uns, pas toujours (très) récents.

  • La Sentinelle d’Arnaud Desplechin (1992)
  • Trouble every day de Claire Denis (2001)
  • L’adversaire de Nicole Garcia (2002)
  • Le Bossu de Philippe de Broca (1997)
  • Vinyan de Fabrice du Welz (2008)
  • L’ennemi public n°1 / L’Instinct de mort de Jean-François Richet (2008)
  • Grave de Julia Ducournau (2016)

Évidemment, c’est beaucoup plus facile si on remonte aux Valseuses, à Melville, etc. Comme on pouvait le craindre, Neuhoff a raison.

Et je me suis aussi aperçu que j’étais infoutu de me souvenir… quel est le dernier film français que j’ai vu en salles. Sans doute Valerian de Luc Besson, que j’ai proprement détesté. Était-ce un film français ? Je crois qu’on s’en fout, c’était surtout un film raté.

 

 

4 commentaires sur “(Très) cher cinéma français, Eric Neuhoff (Albin Michel)

  1. Il a raison pour Isabelle Huppert, que je déteste de toutes mes forces. Le ciné français se meurt sous les Tuche et Danyboon. Mais j’ai toujours grand plaisir à voir des films avec Karin Viard et Sandrine Kiberlain. Synonymes de qualité , et Edouard Baer, par exemple. Et je n’arrive pas à me forcer à voir « le grand bain »….

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