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Rob vit seul avec son cochon-truffier dans les forĂȘts de lâOregon.
Au volant d’une Camaro jaune dont ne voudrait pas un dealer de crack qui se sĂšvre Ă la cocaĂŻne, Amir vient rĂ©guliĂšrement Ă©changer les truffes rĂ©coltĂ©es contre des vivres.
Un jour, Rob est agressé et son cochon lui est dérobé.
Pour le retrouver, il va devoir retourner Ă Portland, lĂ oĂč gĂźt son glorieux passĂ©.
Et je n’en dis pas plus, car ce serait gĂącher le plaisir qu’on a Ă voir ce film qui se pĂšle comme un oignon, qu’on dĂ©couvre peau aprĂšs peau.
Ăa pourrait ĂȘtre un bĂȘte remake porcin de John Wick, ce dont le rĂ©alisateur semble avoir une conscience aiguĂ« (tout comme il rend hommage au True Romance de Tony Scott de façon assez subtile), mais pas du tout, Pig n’est pas un Ă©niĂšme film de vengeance oĂč Liam Neeson tue tout le monde parce que quelqu’un a urinĂ© sur sa pelouse. C’est un grand film amĂ©ricain, ramassĂ©, aiguisĂ©, d’une heure et trente et une minutes. Probablement ce que le cinĂ©ma amĂ©ricain est capable de produire de mieux actuellement. Un film avec du fond, de la matiĂšre, de la chair humaine, du drame. De bons acteurs, de bons dialogues (parfois excellents comme la scĂšne Ă glacer le sang qui se dĂ©roule au Finway ; je n’en dis pas davantage). Le rĂ©alisateur se livre Ă une rĂ©flexion extrĂȘmement cruelle sur ce qui fait le succĂšs, le bonheur… et parfois l’impossibilitĂ© d’avoir les deux Ă la fois.
L’argument comme quoi Pig serait le film de la rĂ©surrection de Nicolas Cage est Ă pisser de rire. Tous les deux ou trois ans, Nicolas Cage livre une performance hallucinante et/ou excellente⊠Mandy en 2018, Joe en 2014, j’en passe et des meilleurs⊠Il tourne dans beaucoup de mauvais films, voire des trucs franchement embarrassants comme le remake de Wicker Man, mais pas que. Dans Pig, Cage s’essaye avec un grand succĂšs Ă la sobriĂ©tĂ©.
Je conseille ; j’ai beaucoup aimĂ©.