Enola Holmes, Harry Bradbeer (2020)

Enola Holmes est la benjamine de la fratrie Holmes (ah ah ah, oui, j’ai fait exprès). Ses frères Mycroft et Sherlock sont nettement plus âgés qu’elle, plus célèbres aussi, et ne sont pas venus la voir depuis des années, agissant un peu comme si elle n’existait pas. Explication probable : ce sont des mecs, des vrais, eux, et ils ne s’occupent que de choses sérieuses, ce qu’une petite sœur n’est définitivement pas. Enola a été éduquée par Eudora, la mère des trois enfants Holmes, une sorte de Mary Shelley en bonne santé, moitié punk survitaminée moitié experte en jujutsu ; un esprit libre, sans doute trop pour son époque, et pour tout dire un brin explosif. Un jour, Eudora disparaît sans laisser de traces. Mycroft décide de placer l’envahissante gamine au pensionnat spécial filles dures à marier et Sherlock laisse faire. Sauf qu’Enola n’ira pas au pensionnat, elle va s’enfuir, se lancer sur les traces de sa mère pour comprendre pourquoi celle-ci a disparu.

Enola Holmes est typiquement le genre de films que je ne regarde jamais, sans doute de peur d’attraper le diabète, une des rares afflictions qui m’a été épargné. C’est du young adult, avec une romance adolescente et en arrière-fond un festival d’anachronismes sociétaux qui donnent envie d’écouter du Basil Poledouris à fond. L’Histoire rebondit un peu comme une tête humaine tranchée lancée du haut des cent mille marches du plus grand escalier sacrificiel de ce merveilleux peuple qu’étaient les Aztèques. Disons que parfois c’est gros, très gros, comme les anachronismes déjà cités. Après, voilà, c’est mignon, du pur londonkawai, une comédie enlevée sur la famille Holmes, pleine de trouvailles de réalisation, trouvailles qui évoquent Jean-Pierre Jeunet et Tim Burton. C’est léger, donc, et complètement dans l’air du temps, avec une Noire en surpoids qui enseigne les arts martiaux à Londres à la fin du XIXe, un acteur d’origine indienne (vu dans Utopia) qui joue Lestrade, j’en passe des colorés et des biens mûres. C’est complètement, totalement, diversifié mon ami, une vraie boîte de quality street, caries et hyperglycémie garanties. Tous les quotas ont été respectés, à part pour les homosexuels, mais c’est un film jeunesse, faut pas déconner non plus.

Le tout est d’un féminisme épais, assez sirupeux, trouvé-je, qui conviendra parfaitement à Shanice, votre nièce de onze ans qui vous regarde d’un œil mauvais quand vous lui expliquez que « non, Guenièvre n’était probablement pas d’origine africaine et n’a pas grandi à Soho en écoutant Sade à la radio ».

Après, si on laisse de côté toutes les considérations quotas / diversités / politically correct (ça va être très dur pour certains), on passe plutôt un bon moment. J’avoue que j’ai été surpris pas Henry Cavill dans le rôle de Sherlock, très surpris : je l’ai trouvé très bien.

Au-delà de l’âge de onze ans c’est un film dur à apprécier, mais en faisant un petit effort on peut y arriver (on a tous nos petits problèmes, moi je ne peux pas résister à un truc où il y a Holmes dans le titre).

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