The Head, Alex & David Pastor (2020)

🐧

Antarctique, de nos jours.

Une Ă©quipe scientifique dirigĂ©e par Arthur Wilde (John Lynch) est sur le point de mettre au point une bactĂ©rie qui dissout le C02 133 fois plus vite que la photosynthĂšse. Cette dĂ©couverte pourrait sauver des millions de vies. A la fin de l’Ă©tĂ© austral, la base Polaris VI se vide de la plupart de ses occupants et ne reste alors qu’une dizaine de personnes : Arthur, Ă©videmment ; Anicka et Aki (ses assistants) ; Erik le commandant ; Maggie, la trop jeune toubib, dont c’est la premiĂšre mission en antarctique. Et tout le personnel qui fait tourner les communications, la cantine, les engins, les machines nĂ©cessaires Ă  la survie.

Trois semaines avant la fin de l’hivernage, un SOS est envoyĂ©. Sept personnes sont mortes, assassinĂ©es, deux ont survĂ©cu, une a disparu.

The Head est une sĂ©rie plutĂŽt prenante : j’ai avalĂ© ses six Ă©pisodes en trois soirĂ©es, sans forcer. On s’amuse bien Ă  chercher les petits clins d’Ɠil Ă  The Thing (mais lĂ  c’est plus un clin d’Ɠil, mais un hommage filĂ© en permanence), Ă  The Shining et Ă  Alien, m’a-t-il semblĂ©, pour une scĂšne bien prĂ©cise. The Head est aussi un colosse aux pieds d’argile. Une fois que le rideau tombe, que toutes les explications arrivent (dans l’Ă©pisode 6), l’Ă©difice a beaucoup de mal Ă  tenir debout, d’autant plus qu’il a branlĂ© Ă  de nombreuses reprises. Ce qui m’a le plus gĂȘnĂ© (et c’est sans doute trop subjectif pour ĂȘtre rĂ©ellement signifiant), c’est l’incapacitĂ© rĂ©currente (mais pas constante) de l’Ă©quipe de tournage Ă  faire croire que cette histoire se passe en Antarctique. On ne ressent pas le froid, on n’est assez peu mis au courant des dangers qu’il reprĂ©sente, il y a toute une dimension matĂ©rielle / Ă©quipements qui peine Ă  convaincre, foule de dĂ©tails qui tuent la suspension d’incrĂ©dulitĂ©. Paradoxalement la scĂšne oĂč l’on ressent le plus le froid qui accable les personnages est une scĂšne d’intĂ©rieur. La suspension d’incrĂ©dulitĂ© est beaucoup mise Ă  l’Ă©preuve, notamment via tout ce qui concerne la tragĂ©die Polaris V (je ne spoile pas). Et puis, il y a une impossibilitĂ© factuelle ou disons managĂ©riale (je ne spoile pas) qui empĂȘche purement et simplement l’histoire d’ĂȘtre crĂ©dible.

Malgré cela, il est tout à fait possible de se laisser emporter par le long tour de magie que représente The Head et de profiter de la ballade au pays des manchots.

Par contre, si vous aimez rĂ©flĂ©chir aux tenants et aboutissant de l’ensemble et dĂ©cortiquer les dĂ©tails, vous risquez de hurler (de douleur) Ă  plusieurs reprises.

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