Jeu de massacre (Free Fire, Ben Wheatley – 2016)

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C’est l’histoire d’une vente d’armes qui va partir en sucette. Nous sommes fin des années 70 à Boston. Chris (Cillian Murphy), dont on imagine assez facilement qu’il fait partie de l’IRA (ou travaille pour eux) vient acheter un lot de M16 à Vernon (Shartlo Copley), un trafiquant d’armes sud-africain dont le QI est en compétition serrée avec sa pointure (difficile de dire qui va gagner). Vernon n’a pas de M16 mais il a trente AR70. Chris a le pognon, au dollar près. Tout devrait se passer sans problème… Mais la veille, Stevo, un des porte-caisses de Chris, s’est fait refaire le portrait par Harry, un des hommes de Vernon. Il est question d’une cousine de 17 ans à peine, d’une fellation qui a mal tournée et d’une balafre. Quand Harry aperçoit Stevo, les jeux sont faits… Let’s rock’n’roll.

Ben Wheatley est un des réalisateurs du moment les plus atypiques qui soient. Avec lui, ça passe ou ça casse. Et ça casse presque une fois sur deux. Si Kill List m’a impressionné, High Rise m’a vite fatigué. Si Touristes est vraiment un Himalaya de l’humour noir, English Revolution est un espèce de sommet anglais (un pays pas forcément connu pour ses montagnes) du WTF. Free Fire est constamment comparé à Reservoir dogs, et je comprends bien pourquoi : le jeu sur les dialogues, la cruauté (gratuite ?) de certaines scènes, mais le film de Tarantino est nettement plus ambitieux (montage, dialogues justement, écriture des personnages, bande-son) et nettement plus réussi car Free Fire s’effondre un peu une fois que la fusillade a commencé (un comble !). Ça tire certes dans tous les sens, le spectateur se marre, mais Wheatley n’arrive pas à réinjecter un élément scénaristique fort pour emballer sa machine et disons « élever le débat ». C’est plaisant à regarder, les acteurs sont au top, il y a un jeu absolument dément autour des accents des uns et des autres, mais Free Fire reste un chouette divertissement contre-culture quand Reservoir Dogs touchait quelque chose de plus profond sur la violence, la cruauté, la folie et la trahison. Tu as été méchant, Ben. Bravo, c’est bien, maintenant il te reste à être plus malin que méchant… Tout en restant méchant. C’est pas si facile.

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