L’autopsie de Jane Doe

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Dans une petite fille, dans une banale maison un véritable carnage a eu lieu. Les policiers ne comprennent pas trop ce qui s’est passé. D’autant plus, qu’ils ont trouvé au sous-sol le corps d’une morte à demi-enterré, un cadavre étrangement préservé alors que la mort semble dater de plusieurs jours. Cette Jane Doe (c’est comme ça qu’on désigne un corps non identifié dans les pays anglo-saxons) est amené à un vieux médecin légiste (Brian Cox) qui officie avec son jeune fils (Emile Hirsch).

Après le très chouette TrollhunterAndré Øvredal nous propose un petit film d’horreur extrêmement maîtrisé, tendu, tournant autour d’une idée unique (une autopsie un soir d’orage). S’il faut l’estomac bien accroché : incision en Y, pesage des organes, boîte crânienne découpée à la scie… le résultat final est franchement convaincant.

 J’y ai vu une volonté de retrouver la « pureté » des vieux films d’horreur de la fin des années 70, dont le Halloween de John Carpenter me semble être un des maîtres-étalon.

Pour les fans de films d’horreur qui ont tout vu : oui.

Pour les enfants, les âmes sensibles : non.

 

The leftovers – saison 1

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Un jour, un 14 octobre, 2% de la population mondiale disparaît. Des enfants, des hommes, des femmes et même des foetus dans le ventre de leur mère.

Trois ans plus tard, dans la petite ville de Mapleton, état de New York, le chef de la police Kevin Garvey (Justin Theroux) doit faire face aux tensions qui animent sa communauté, car une étrange secte de gens vêtus de blanc, qui fument cigarette sur cigarette, souffle sur les braises de la mémoire. La femme de Kevin a intégré cette secte ce qui ne fait que compliquer un peu plus la situation.

Ailleurs, le fils adoptif de Kevin, Tom, se voit confié la sûreté de Christine, une jeune asiatique, la protégée de Wayne – un leader de culte qui croit être d’essence divine et qui pense pouvoir soulager les gens de leur peine. L’état américain est en guerre ouverte contre ce genre de barjots (une idée intéressante, insuffisamment exploitée).

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La première saison de The Leftovers m’a laissé un sentiment mitigé (mais suffisamment positif pour que je commence bientôt la vision de la seconde saison) ; il y a des choses formidables dans la série ; notamment tout ce qui tourne autour du quotidien de la fille de Kevin, Jill, et de Nora Durst (Carrie Coon, impressionnante tant son interprétation est à « spectre large »), une jeune femme séduisante qui a perdu son mari, son fils et sa fille le 14 octobre.

Si ce qui se passe dans la petite ville de Mapleton est globalement mystérieux/intéressant, tout la partie « Wayne / Tom / Christine » de l’intrigue est beaucoup moins convaincante, avec toute une série de petites erreurs (ou manipulations) scénaristiques qui ont fini de m’achever dans le dernier épisode de la première saison.

A force de filer la métaphore chrétienne tout azimut, de multiplier les mystères secondaires, les fausses pistes (sans parler des cauchemars « gonflants »), Damon Lindelof et Tom Perrotta (l’auteur du roman) risquent de livrer une oeuvre globale où la part d’irrésolu sera plus énervante qu’électrisante. A suivre.

 

Wake in fright – Ted Kotcheff

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John Grant, l’instituteur de Tiboonda (un coin paumé de l’Outback australien) se rend à la fin de l’année scolaire à Bundanyabba pour prendre son avion pour Sydney où il espère rejoindre sa petite-amie adepte de surf. A Bundanyabba, au terme d’une soirée de folie, il perd tout son argent au jeu et s’acoquine avec un médecin alcoolique. La descente aux enfers ne fait que commencer.

Adaptation d’un roman de Kenneth Cook Cinq matins de trop, Wake in fright est un film éprouvant, on ne regarde plus sa bière de la même façon après (il est même sans doute difficile de boire une bière, juste après). Quand à la célèbre scène de chasse au kangourou, réalisée en grande partie sans aucun effet spécial, elle est à réserver à un public averti (elle est à peu près aussi insupportable/révoltante que la scène de la tortue dans Cannibal holocaust). Donald Pleasence qui joue le docteur est absolument magistral ; Gary Bond qui incarne John Grant est un mix assez improbable entre Ryan O’Neal et Richard Chamberlain jeune. Son jeu fait pale figure comparé à celui de Pleasence.

Wake in fright met mal à l’aise durablement ; il dit beaucoup de choses sur les hommes laissés entre eux, leur paresse, leur ennui, leur médiocrité intellectuelle, leur vulgarité.

Même si je ne peux que louer la radicalité de l’entreprise, personnellement j’ai trouvé le film un poil trop long et un poil complaisant dans ses scènes de violence envers les animaux. A la cinquième ou sixième scène de beuverie, parfum outback désœuvré, pris de nausée, j’avais fortement envie que le réalisateur passe à autre chose. Chouette ! un massacre de kangourous.

 

 

 

Les Bouchers verts – Anders Thomas Jensen

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Svend « la sueur » et Bjarne travaillent comme garçons bouchers pour le vétéran de la barbaque, Holger. Un jour, ils décident de se mettre à leur compte et s’endettent à mort (attention, jeu de mots !) pour acheter un magasin dans une petite ville. Les premiers jours, ils n’ont aucun succès, jusqu’à ce qu’un concours de circonstances les amène à changer la provenance de la viande de leur poulet mariné. Le succès est immédiat, mais l’approvisionnement s’annonce difficile.

Bon, c’est un peu Delicatessen version danoise. C’est complètement barré, totalement amoral, immoral, improbable. Mads Mikkelsen est excellent (ce qui ne surprendra personne) dans un registre qui ne lui est pas du tout familier. La mise en scène est top, avec des ellipses de folie, de chouettes idées de cadrages.

 » Arrête de me menacer avec ta girafe ou ça va mal finir !  »

Maintenant je veux voir tous les autres films de ce réalisateur.

 

PS : Il faut voir le film en VOSTFR, la VF est d’une platitude, c’est à pleurer…

 

The dead lands – La terre des guerriers

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Un conflit entre deux tribus maoris conduit au massacre d’un village. Le fils du chef, qui a survécu, fait alors tout pour se venger, Pour rattraper et éliminer ceux qui ont anéanti son peuple, il devra traverser la terre des morts sur laquelle vit un monstre. Et si ce monstre pouvait devenir son allié.

Sur un scénario linéaire et très simple de Glenn Standring, Toa Fraser propose une série B sanglante d’une extrême efficacité, où il exploite avec talent les paysages à couper le souffle de la Nouvelle-Zélande. Malgré quelques défauts (dus à un budget qu’on imagine serré) on est plongé dans ce passé guerrier où tout le monde est cannibale (yeah ! c’était le bon temps, ma petite dame).

Parmi les défauts, on citera l’absence d’enfants et de bébés dans le village massacré au début (dommage, j’aime bien quand on massacre des enfants au cinéma), des acteurs blancs qui incarnent des Maoris et une musique moderne pas très bien choisie (ce n’est toutefois pas aussi affreux que la musique d’Alan Parsons sur Ladyhawke).

Entre Apocalypto et le Conan de John Milius, The dead lands se laisse regarder avec un plaisir coupable. Tu préfères le bras ou la cuisse pour le dîner ? Le bras, ça cuit plus vite. On regrettera juste que The dead lands ne soit pas aussi abouti/radical que ses modèles.

Being human (UK)

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Un vampire (Aidan Turner), un loup-garou (Russell Tovey) et une fantôme (Lenora Crichlow) vivent dans la même maison à Bristol. Ambiance Friends avec des crocs…

Après une première saison plutôt sympathique, même si le jeu des acteurs masculins fait pale figure face à la prestation de Lenora Crichlow, plutôt mimi dans son genre (osez le commentaire sexiste !), j’ai laissé tombé la série à la fin de la seconde saison, lassé par la nullité des scénarios, les trous dans l’emmental, les personnages qui disparaissent (Daisy) et j’en passe (Mitchell qui ignore le nom de famille de la collègue de travail avec qui il couche, putain ! la grosse manipulation scénaristique toute moisie !) J’ai surtout eu l’impression que les créateurs ne savaient plus quoi raconter d’intéressant au sujet de leurs créatures.

Par contre, j’ai été saisi par les nombreuses similitudes avec la trilogie de Glen Duncan du Dernier loup-garou (écrite après). Mais Jake Marlowe a infiniment plus de classe que Mitchell (Aidan Turner).