Archive 81, série Netflix créée par Rebecca Sonnenshine

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(Résumé pour ceux qui sont restés dans leur grotte ces six derniers mois.)

Dan Turner (Mamoudou Athie) est un spécialiste de la restauration de vieux enregistrements vidéos. Les mains gantées, avec amour, il démonte les cassettes, nettoie la bande, la rembobine, replace le tout dans un support neuf. Il est contacté par le PDG d’une très riche et très discrète entreprise, Virgil Davenport, pour restaurer les enregistrements de Melody Pendras (Dina Shihabi), une jeune femme disparue en 1994 dans l’incendie du Visser, un emblématique immeuble new-yorkais construit à la place du Manoir Vos, lui aussi détruit par un incendie en 1924. Virgil promet 100 000 dollars à Dan et lui fournit tout ce dont il aura besoin dans sa propriété des Catskills. Dan qui a perdu sa famille dans un incendie n’arrive pas à refuser l’offre et commence à restaurer les enregistrements de Melody. A priori c’est un projet de fin d’études sur le Visser, mais visiblement Melody a un autre but, plus secret.

Bon, par où commencer… C’est sans doute la série lovecraftienne la plus réussie qui ait jamais été tournée, sauf qu’elle n’est pas inspirée directement de Lovecraft mais d’un podcast de Daniel Powell et Marc Sollinger. Les éléments qui évoquent Lovecraft sont pourtant légion : la comète qui ouvre un portail vers une autre réalité, la secte bizarroïde qui attend quelque chose d’une entité extraterrestre ou venue d’un réalité alternative, l’idole de pierre cachée dans un meuble, l’importance d’un minéral (fictif) la charonite, etc.

Là où c’est moins lovecraftien, c’est la partie paradoxes temporels (qui semble inspirée de la mécanique quantique) et tout ce qui concerne le snuff movie d’Iris Vos. Si Archive 81 s’était en partie déroulée en Californie en 1924, j’aurais pensé à Tim Powers, qui aime bien les énigmes culturelles, les sectes étranges et les accidents occultes. On se souviendra de l’importance du film perdu Sea Gulls de Josef von Sternberg et Charlie Chaplin dans son roman A deux pas du néant.

Même s’il y a un ou deux points scénaristiques qui m’ont fait tiquer, dans l’ensemble j’ai pris beaucoup de plaisir à voir cette série.

Hautement recommandable.