Lords of Chaos, Jonas Åkerlund (2018)

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Lord of Chaos raconte l’amitié, puis la rivalité entre Euronymous (le leader du groupe norvégien Mayhem) et le Suédois Kristian « Varg » Vikernes, éphémère chanteur et bassiste de Mayhem après le suicide du précédent chanteur, Dead (oui, c’est son pseudo). Parallèlement Varg fondera le groupe Burzum. L’action se déroule principalement à Oslo, entre 1984 et 1993. Et ceux qui connaissent l’histoire savent qu’elle a très mal fini (vraiment !) et qu’elle s’est accompagnée d’un grand nombre d’attentats contre des églises, parfois des monuments en bois, extrêmement chargés d’un point de vue historique. C’est donc l’histoire de jeunes incultes (ah ah ah) qui confondent satanisme, paganisme et nazisme, qui brûlent des églises à la gloire d’Odin tout en disant vouer un culte au Diable (et pour certains d’entre eux à Hitler). Ce sont globalement des petits cons déboussolés qui n’arrivent pas à quitter l’adolescence, à laisser derrière eux les prises de risque et autres expérimentations hasardeuses qui accompagnent cet âge difficile.

Même si je ne suis pas un grand fan de Black Metal (De Mysteriis Dom Sathanas, c’est quand même à la limite de l’inécoutable, même bourré), je connaissais un peu cette histoire car on m’avait proposé, alors que je travaillais chez Denoël sur la collection X-Trême, un essai sur le rock sataniste. Pour une fois, Jonas Åkerlund semble avoir trouvé le sujet qui lui convenait ; il n’abandonne pas ses habituelles provocations, mais ici elles s’intègrent plutôt bien au projet, sans le faire capoter. Il filme un suicide en full frontal qui restera dans l’histoire du cinéma comme un des pires suicides jamais filmés (âmes sensibles s’abstenir) et comme d’habitude, il filme quelques fellations et autres parties de jambes en l’air. La routine akerlundienne, rien de plus.

Le film est dur (la scène du suicide est vraiment éprouvante), mais il sait aussi être terriblement drôle, comme dans la scène d’anthologie où des journalistes viennent interviewer Varg qui croit qu’en cachant la moitié de son visage derrière une mèche de cheveux il ne pourra pas être reconnu. Fou-rire assuré.

Les acteurs sont globalement très bons, avec une mention particulière pour Rory Culkin qui interprète Euronymous, Emory Cohen dans le rôle de Varg et Jack Kilmer (fils de…) dans le rôle de Dead, le chanteur tueur de chats. On pourra regretter certains petits détails, comme une production un peu fauchée dans la recréation de l’époque, et des personnages féminins très en retrait, même Ann-Marit (Sky Ferreira), l’ancienne groupie devenue compagne d’Euronymous, peut-être la seule qui arrive à discerner l’humanité (la fragilité) qu’il cache derrière son maquillage macabre, ses poses et son satanisme de pacotille.

Au final, je le conseille, surtout si le sujet vous intéresse.

(J’ai eu beaucoup de mal à trouver le blu-ray à un prix abordable.)

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