Le Lion et le vent, John Milius (1975)

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1904. Un chef berbère (Sean Connery, vraiment surprenant) kidnappe une américaine (Candice Bergen) et ses deux enfants. Le Maroc est plus ou moins occupé par des puissances étrangères : les Français et les Allemands. Le président Roosevelt qui veut être réélu envoie une mission militaire sauver ses compatriotes, odieusement retenus prisonniers dans le désert (du moins, c’est ce qu’il croit). Évidemment, la vérité est un tout petit peu plus compliquée…

De tous les films de John Milius, Le Lion et le vent est à mon sens le plus léger, ce serait presque un film familial sans ses décapitations et ses fusillades. C’est un film qui vaut surtout pour le duel intellectuel que se livrent Sean Connery, excellent, et Candice Bergen, à la fois déterminée et piquante. Mais aussi pour le portrait de Roosevelt, chasseur, amateur de fusils et accessoirement POTUS.

Jamais très sérieux, John Milius s’en donne à cœur joie dans cette illustration sans surprise du syndrome de Stockholm. Il critique le clientélisme, l’interventionnisme américain (on peut même y voir une interrogation sur le bien-fondé de la guerre au Viêt-Nam). Il donne à John Huston un petit rôle savoureux. Et bien avant Conan, il s’interroge sur la barbarie et se demande qui sont les plus barbares : les hommes fiers du désert ou les puissances étrangères en pleine ingérence. Avec des scènes qu’on pourrait qualifier de racistes et d’autres qu’on pourrait qualifier d’antiracistes, un partout balle au centre, il montre avec une certaine légèreté à quel point le colonialisme a été une affaire compliquée.

En 1970 Candice Bergen s’était faite remarquer dans Soldat bleu, un film qui, lui aussi, jouait sur deux tableaux a priori inconciliables, celui de la comédie et celui de la dénonciation brutale de l’extermination des Amérindiens. Dans Le Lion et le vent, le couple improbable qu’elle forme avec Sean Connery rappelle un peu le couple Yul Brynner / Deborah Kerr dans Le Roi et moi (1956).

« Madame, vous êtes une grande perturbation. »

(En VO : « Mrs. Pedecaris, you are a lot of trouble! »)

A découvrir ou re-découvrir.

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