Frank, Lenny Abrahamson (2014)

frank

Un jeune compositeur de chansons raté, ou ratées ce qui revient au même, (Domhnall Gleeson, décidément capable de jouer à peu près n’importe quel rôle) remplace par hasard le claviériste d’un plus qu’obscur groupe de rock (The Soronprfbs) dont le chanteur, Frank (Michael Fassbender, comme vous ne l’avez jamais vu) porte en permanence une tête en plastique, même sous la douche (!). Tous partent en Irlande, à Vetno, enregistrer l’album qui va changer la face du monde.

Les films « de groupe » sont un genre à part entier. The Commitments d’Alan Parker est peut-être le plus connu. C’est en tout cas, un de mes préférés.

Frank est clairement un OFNI (Objet Filmé Non Identifiable), je lui ai trouvé beaucoup de points communs avec Bad Boy Bubby de Rolf de Heer. Peut-être moins frontal (Bad Boy Bubby est vraiment dérangeant), Frank est aussi un film qui contient son lot de scènes dures : tentatives de suicide, personnages mentalement déficients et/ou à la dérive. Mais Abrahamson a un immense talent de conteur et il nous dépeint cette bande de losers avec ce qu’il faut d’humanité (beaucoup) et de cruauté (un peu) pour que le film ne lasse jamais. Même dans les moments les plus pathétiques (et ils sont nombreux), Frank reste agréable à regarder. Le réalisateur pose un regard tendre sur ces gens brisés. Maggie Gyllenhaal, dont l’immense talent n’est plus à démontrer, prouve une fois de plus qu’elle peut passer de l’immense machine hollywoodienne (White house down) au meilleur du film indépendant. Encore plus que ses partenaires masculins, elle crève littéralement l’écran. Sa colère permanente est incroyablement électrique. Le film fonctionne comme un empilement de morceaux de bravoure dont les sessions d’enregistrements sont peut-être l’Himalaya.

« Chinchilla ! »

La dernière scène du film est magnifique ; on la trouve facilement sur youtube (mais elle spoile à mort le vrai sujet de Frank) ; je préfère vous en mettre un autre extrait, très SF : Secure de galactic perimeter.

La scénario de Frank a été inspiré par la vie de Chris Sievey et son personnage iconique Frank Sidebottom. Les rapports semblent toutefois ténus.

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