Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express

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Sherlock Holmes a de sérieux problèmes de cocaïne. Il suit et harcèle un professeur de mathématiques du nom de Moriarty dont le seul fait d’arme semble être la rédaction d’un traité sur les astéroïdes. Désemparé, le docteur Watson demande de l’aide à Mycroft Holmes. Ensemble, ils décident de mettre Holmes sur une piste qui le mènera à Vienne. Holmes croit être proche de coincer Moriarty en flagrant délit d’association de malfaiteurs, il va se retrouver aux bons soins du docteur Freud.

Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express de Herbert Ross (on est en droit de préférer le titre original The seven per cent solution) est un chouette film tiré du roman de Nicholas Meyer. Pour tout dire, je trouve le film supérieur au roman (dont on ne se souviendra guère pour ses qualités stylistiques). Nicol Williamson qui restera à jamais dans les mémoires pour avoir incarné le Merlin de John Boorman relève le gant. Robert Duvall incarne un Watson convaincant, et pourtant c’est plutôt du contre-emploi. Alan Arkin est très bien dans le rôle du Dr Freud. Alors évidemment on peut se gausser de cette Vienne où absolument tout le monde parle anglais, on peut trouver le racisme anti-turc du film assez pataud, et en même temps c’est tellement délicieux à voir : le duel sur fond d’antisémitisme, la scène des chevaux qui nous ramène au Hitchock de La Mort aux trousses, l’inénarrable poursuite finale.

Je conseille.

Broken Trail, Walter Hill (2006)

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Un oncle (Robert Duvall) va remettre à son neveu (Thomas Haden Church) qu’il ne connaît guère une lettre de sa sœur décédée. Elle a déshérité son fils et lui explique pourquoi. Mais l’oncle ne l’entend pas de cette oreille et propose au cow-boy de convoyer des chevaux et de partager les bénéfices 75/25. En route, ils rencontrent une ordure (James Russo, immonde de la première à la dernière seconde) qui convoie cinq jeunes chinoises vierges (enfin… une ne l’est plus, le convoyeur a pris un petit bonus) vers leur lieu de prostitution. Une des chinoises a les pieds bandés. La rencontre ne se passe pas très bien (euphémisme), et les deux cow-boys se retrouvent avec les cinq chinoises sur les bras. Mais que vont-ils pouvoir faire de ses pauvres filles totalement perdues ?

The Broken trail est un téléfilm de trois heures. Clint Eastwood (ou Kevin Costner) aurait pu en faire un film de trois heures avec une image un poil plus léchée, sans changer le casting, qui est juste parfait. Avec, en tête de gondole, un Robert Duvall impérial, qui ne comprend rien aux femmes, et ne s’emmerde pas à essayer de connaître les prénoms de ses cinq protégées. Il les appellera Un, Deux, Trois, Quatre et Cinq. Pourquoi faire compliqué (chinois) quand on peut faire simple (cow boy) ? Greta Scacchi incarne une prostituée vieillissante avec une conviction rare. Et fait communiquer son besoin d’amour (véritable) avec une économie dans le jeu qui force l’admiration. Rusty Schwimmer est bluffante en mère maquerelle à poigne.

Le film est évidemment épouvantable dans son soucis permanent de réalisme. Le sort de ces filles noue le cœur. La conquête de l’Ouest s’est bien souvent faite sur le dos des femmes. Walter Hill ne s’est jamais montré aussi soucieux des minorités ethniques, sans doute porté par un scénario qui n’est pas le sien, signé Alan Geoffrion.

Au final, c’est un très très beau téléfilm, extrêmement dur, qui n’est pas sans évoquer le fabuleux Open Range et le marquant The Homesman.