Men and chicken

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A la mort de leur père, Elias (Mads Mikkelsen, comme vous ne l’avez jamais vu) et Gabriel (David Dencik, bluffant) découvrent que leur père défunt n’était pas leur père biologique et que celui-ci, Evelio Thanatos (ah ah ah), habite sur une île du sud du Danemark peuplée par 42 personnes. Ils s’y rendent et découvrent un sanatorium quasi à l’abandon, peuplé de poulets et autres animaux domestiques dont un taureau de compétition. Leurs trois demi-frères habitent là : Josef, Gregor et Franz, tous plus frappés les uns que les autres. La première rencontre ne se passe pas bien : Gabriel est roué de coups (peu après, il passera sous une voiture) et puis chacun commence à apprivoiser l’autre. Pendant que Gabriel (qui a très bien supporté de se faire rouler dessus, chapeau) enquête sur les secrets peu reluisants de son père biologique.

Je me suis fait avoir…

Hier le 30 janvier, c’était le dernier jour pour le regarder en replay sur Arte et je me suis dit banco, ça a l’air rigolo, décalé (j’avais vu Les Bouchers verts du même réalisateur). Et en fait c’est certes rigolo (si on aime l’humour à base de scatologie, masturbation, zoophilie, gérontophilie, troubles psychiques, blague sur les handicapés, maltraitance infantile…), mais c’est surtout terriblement dérangeant, glauque et pour tout dire un brin éprouvant. Car Men and chicken n’est pas (mais alors pas du tout) une comédie colorée à la Wes Anderson, comme pourrait le laisser croire sa jaquette de DVD, c’est un film de science-fiction (oui oui) ultra-sordide, une sorte de collision frontale entre Freaks et L’Île du docteur Moreau mis en scène par les frères Coen, période O’Brother ou les Monty Python, quand ils faisaient preuve de méchanceté gratuite. Il y a de nombreux morceaux de bravoure dans le film, dont une hallucinante visite à la maison de retraite où quatre des cinq frères sont à la recherche de « filles », une denrée rare sur l’île d’Ork.

Et vous n’oublierez jamais l’apparition de la cigogne.

A une époque où il convient de peser tous ces mots pour ne pas heurter telle ou telle catégorie de la population, Anders Tomas Jensen vous regarde droit dans les yeux et vous dit : « le Politically Correct, vous savez où vous pouvez vous le mettre ? Utilisez les deux mains, ça rentrera mieux. »

Je conseille, avec l’avertissement de circonstance : « personnes sensibles s’abstenir ».

La bande-annonce en VOSTFR :

https://www.youtube.com/watch?v=sNLp6V8tMoI

Les Bouchers verts – Anders Thomas Jensen

bouchersverts

Svend « la sueur » et Bjarne travaillent comme garçons bouchers pour le vétéran de la barbaque, Holger. Un jour, ils décident de se mettre à leur compte et s’endettent à mort (attention, jeu de mots !) pour acheter un magasin dans une petite ville. Les premiers jours, ils n’ont aucun succès, jusqu’à ce qu’un concours de circonstances les amène à changer la provenance de la viande de leur poulet mariné. Le succès est immédiat, mais l’approvisionnement s’annonce difficile.

Bon, c’est un peu Delicatessen version danoise. C’est complètement barré, totalement amoral, immoral, improbable. Mads Mikkelsen est excellent (ce qui ne surprendra personne) dans un registre qui ne lui est pas du tout familier. La mise en scène est top, avec des ellipses de folie, de chouettes idées de cadrages.

 » Arrête de me menacer avec ta girafe ou ça va mal finir !  »

Maintenant je veux voir tous les autres films de ce réalisateur.

 

PS : Il faut voir le film en VOSTFR, la VF est d’une platitude, c’est à pleurer…