L’Âge des tempêtes – Grand Prix de l’Imaginaire 2026


Depuis quelques années, j’écris des nouvelles sur le changement climatique, nouvelles que je souhaite réunir dans un recueil qui portera le titre L’Âge des tempêtes. Une de ces nouvelles vient de recevoir le Grand Prix de l’Imaginaire. Voici, verbatim, le discours que j’ai tenu lors de la remise du prix à Montpellier, le 23 mai 2026.


Bonsoir,

J’ai préparé un petit truc, je vous rassure ça ne fait pas cinq pages.

D’abord je voudrais remercier les membres du jury pour ce prix qui récompense un texte qui est loin d’avoir fait l’unanimité.

Remercier mon éditeur, Olivier Girard, et toute l’équipe du Bélial’ qui me soutiennent depuis trente ans maintenant. Putain, trente ans.

Quand j’observe le monde dans lequel je vis et, plus important, dans lequel mes enfants vivent.

Le recul du vivant, la montée du populisme, la hausse des féminicides en France, la méfiance envers la science et le principe de la vaccination, le recul des droits des personnes LGBT ou immigrées, les menaces sur la liberté de la presse, l’empilement des renoncements écologiques, la montée de la haine et de la division, l’effondrement de la compassion, les problèmes de santé mentale de notre jeunesse, quand je vois ce monde en pleine perdition, je me dis que la littérature n’a jamais été aussi nécessaire. Et que les littératures de l’imaginaire qui sont les littératures du progrès n’ont jamais été aussi vitales.

Franz Kafka, qui était un homme très poli, a écrit : « On ne devrait lire que les livres qui nous piquent et nous mordent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ? »

Je vais être moins poli que ce cher Franz, et ce soir je voudrais vous prendre à témoin, et dire ceci aux autrices et aux auteurs présents dans cette salle… et aux absents qui ont toujours tort :

« Si vous n’écrivez pas pour nous mettre un coup de poing dans le cerveau ou un coup de pied dans les couilles, abstenez-vous, privilégiez plutôt une activité sans risque, tel que le macramé. »

Merci, je vous souhaite à toutes et à tous de passer une très bonne soirée.