
Je viens de passer quinze jours en Colombie et j’ai des sentiments mitigés pour le pays, même si dans leur immense majorité les Colombiens sont adorables et accueillants.
- La première chose qui m’a frappé, ce sont les prix (il faut dire que le peso colombien est très haut depuis les élections qui ont vu gagner le candidat d’extrême-droite). Oubliez l’Amérique Latine bon marché, ça s’applique sans doute à plein de pays, mais pas à la Colombie. Par exemple, si vous voulez manger sainement (c’est très vite compliqué, surtout dans les petites villes), un plat dans un restaurant vous coûtera trente euros (taxes et services compris, non affichés), les doses sont gargantuesques, et à plusieurs reprises j’ai dû à regret renoncer à finir.
- Tout ou presque se fait par avion, sinon apprêtez-vous à passer dix heures dans un bus pour relier deux villes distantes de 200 kilomètres. Et la Colombie c’est grand, très grand. J’ai payé 300 euros mon aller-retour Medellin-Nuqui (sur la côte pacifique) et un peu plus mon aller-retour Medellin-Tolu sur la mer Caraïbe.
- Je ne dirais pas que la Colombie est une destination familiale à cause des prix, après si vous êtes riches, ça se tente. Il y a plein de trucs à faire en famille. Notamment en lien avec la nature.
- Ce que j’ai préféré : Nuqui sans hésitation. Petite ville de 9000 habitants que l’on peut rejoindre uniquement par avion depuis Medellin (167 kilomètres, 45 minutes de vol, attention ça tabasse pas mal au moment de passer les Andes). On peut y surfer quand il y a des vagues, visiter la jungle, la mangrove en kayak de mer, aller à la rencontre des Indiens qui vivent dans la forêt, profiter des sources chaudes, observer les baleines à bosse, aller voir le centre de protection des tortues, pêcher, etc. Beaucoup de possibilités pour une petite ville bien particulière, car peuplée à 80% de descendants d’esclaves noirs. A mon avis, les deux meilleurs restaurant sont Playa Africana et La Pola (pas de carte, mais la patronne vous dit ce qu’elle a aujourd’hui quand vous arrivez – les prix sont particulièrement modestes pour la Colombie, sauf les gambas, mais je crois que c’est partout pareil sur la planète). Il y a environ 100 touristes qui arrivent par jour, donc la pression touristique est encore très faible, même si des hôtels se construisent ou s’agrandissent partout. L’hôtel Arena Azul est au calme, en dehors de la ville proprement dite, douze minutes à pied depuis l’aéroport. Bertha la patronne peut vous organiser n’importe quelle sortie. Comptez 100 euros par personne (je vous ai dit que c’était cher), la nourriture n’est jamais incluse. Mais Bertha peut vous préparer un panier pique-nique pour 18000 pesos par personne. Il n’y a pas de distributeurs de billets et tout se paye en liquide, donc prévoyez à l’avance (pour ne pas finir comme ces français que j’ai rencontrés et qui ont dû faire un virement à leur hôtel pour récupérer un peu de cash, moyennant 10% de frais plus ceux du virement. Il faut dire que comme moi, ils ont été pris de court par les prix).
- Ce que j’ai aimé mais moins, c’est Cartagena, sur la côté Caraibes. Là, les prix sont déments, les arnaques courantes, il faut faire un peu attention à tout, tout le temps. C’est une ville pour riches, tout coûte une fortune, à commencer par les hôtels. Après, la vieille ville (100 balles pour une chambre sans fenêtre, qui dit mieux ?) a un charme fou – on se croirait à Cuba (notez bien que je n’y suis jamais allé). Voir le coucher de soleil depuis les remparts (sur fond de techno latina, vous n’y échapperez pas), c’est quand même sympa. Voire plus. Il y a des curiosités, comme ces bus colorés, enguirlandés, qui circulent la nuit et dans lesquels les gens dansent et boivent. Je ne compte pas les fois où on m’a proposé de la cocaïne ou une fille.
- Ce que je n’ai vraiment pas aimé : Medellin, et ses mendiants, ses drogués (sous basuco, souvent agressifs), ses prostituées junkies qui gueulent et vous agressent à moitié quand vous leur dites que vous n’êtes intéressé. Ces zones rouges (comme « el Bronx » où il est formellement déconseillé d’aller, de jour comme de nuit – si vous avez un doute demandez à votre hôtel, mais souvent les locaux vous ferons faire demi-tour, ou la police, placée stratégiquement à l’entrée des zones tenues par les gangs). La musique jusqu’à 3h30 du matin, presque tous les soir, si forte que les vitres de votre chambre d’hôtel vibrent (boules quiès en vente dans toutes les pharmacies – autre méthode dormir dans un étage élevé – j’ai choisi le 21e/24 au moment de la réservation). Pour ma dernière nuit, j’ai pris un hôtel non loin de l’aéroport international à trente kilomètres de la ville elle-même, nettement plus calme. La saleté à Medellin, c’est immonde partout, même dans les parcs, peuplés de mendiants et de trafiquants. Emmerdes assurées. La plaza Bottero avec ses magnifiques statues sent la pisse, la chiasse et le vomi, selon les endroits, et les types de squatters présents. Le soir on peut faire un tour à Provenza le quartier de la jeunesse dorée de Medellin, c’est sûr, il y a presque autant de policiers que de touristes. Mais surtout beaucoup de Colombiens venus picoler ou fumer le narguilé. La musique est à chier, tout est très cher, mais c’est la seule partie de Medellin, ou presque, où on peut boire un pot le soir sans risquer sa vie.
- Ce qu’il faut emporter : des désinfectants intestinaux, si vous décidez de manger local, des répulsifs pour les moustiques, surtout à Nuqui (pas de moustiquaire dans les hôtels). Un t-shirt manches longues pour la jungle, au moins un pantalon léger. Des électrolytes pour la déshydratation. J’ai essayé (la déshydratation) lors d’un trek en pleine jungle, c’est moyen, surtout avec ma pathologie cardiaque. Un traitement anti-paludéen, si vous souhaitez explorer la partie amazonienne du pays.
J’ai essayé la Colombie. Si j’y retourne un jour, ce sera dans sa partie amazonienne à Léticia, malheureusement très compliquée d’accès pour moi qui ne peut pas atterrir dans un aéroport aussi élevé que celui de Bogotá (les rares vols pour Léticia partent de Bogotá). En même temps, je n’en fais vraiment pas une priorité. La planète est vaste et il y a encore plein d’endroits où je ne suis jamais allé.