Sea Fever, Neasa Hardiman (2019)

(3615 my life… Ça fait un moment que ce blog tourne au ralenti. Il y a plusieurs raisons à ça, j’ai pas mal de travail en ce moment et je suis en train de regarder Les Sopranos, une série qui manquait à ma culture. J’aime beaucoup, mais à raison d’un épisode (rarement deux) par soirée, je n’avance pas aussi vite que certains Speedy Gonzales du binge-watching. J’ai fait une pause dans Les Sopranos pour montrer deux vieilleries à ma pinko, Dreamscape de Joseph Ruben et Furie de Brian De Palma, puis je n’ai pas repris Les Sopranos pour mater à la place et au moins pour la quarante-deuxième fois Videodrome de David Cronenberg, dont j’ai acheté fort cher une édition blu ray décente, enfin ! Les Sopranos m’appellent, la famille de ce bon vieux Tony est à un tournant, suite à un décès plutôt brutal, mais je repousse vaillamment leurs avances pour le moment. Et donc, hier, j’ai regardé Sea Fever trouvé pas cher dans le rayon occasions où je passe parfois ma pause déjeuner.)

Siobhán est une jeune biologiste marine spécialisée dans les anomalies de la faune maritime dues aux changements climatiques et à la pollution. Elle embarque sur un bateau de pêche pour examiner le poisson. Sa venue à bord semble poser pas mal de problèmes aux marins superstitieux, non seulement la jeune femme est plutôt jolie, mais malédiction elle est rousse, ce qui semble porter malheur en Irlande. Les propriétaires de ce bateau ont de très gros problèmes financiers et vont commettre une grosse bêtise en espérant ainsi les régler. Une fois leur hélice bloquée dans une zone d’exclusion où ils n’ont absolument pas le droit de se trouver, ils ont dû mal à comprendre ce qui leur arrive jusqu’à ce que Siobhán plonge et affronte la réalité.

Sea Fever est une déclaration d’amour à Alien de Ridley Scott et The Thing de John Carpenter. Le réalisateur en reprend (au moins) deux répliques célèbres et une scène emblématique qu’il fait évidemment à sa sauce et qu’on appellera ici « le test de la lampe torche » pour ne pas trop spolier. Le film ne pourrait être que ça, un hommage servile ou pire compassé, mais en fait c’est un très chouette film d’horreur (bien crado par certains aspects) qui aborde de nombreux sujets comme la superstition des gens de mer, les conditions de travail des immigrés, les difficultés grandissantes de la pêche traditionnelle, toujours plus coûteuse en carburant alors que le prix du poisson ne monte quasiment pas. Etc.

Je l’ai vu avec grand plaisir et je vous invite à le découvrir.

Dreamscape, Joseph Ruben (1984)

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Alex Gardner (Dennis Quaid) a des dons extraordinaires, il est en avance sur le reste de l’humanité. Il peut prédire en partie l’avenir, établir un contact télépathique et déplacer les objets à distance. Étudié comme un animal de foire par le gouvernement américain, il est sorti du système à 19 ans et gagne sa vie en pariant sur les courses de chevaux. Il accumule aussi les conquêtes féminines sans lendemain. Mais le voilà rattrapé par Novotny (Max Von Sydow) et Blair (Christopher Plummer, dans un de ses rôles les plus inquiétants). On va lui demander de s’introduire dans les rêves de personnes en grande souffrance pour les aider : un ouvrier du bâtiment, un enfant en proie à des terreurs nocturnes. Ce qu’il ignore, c’est que le président des États-Unis fait partie des patients potentiels.

Avec sa jaquette qui évoque The Goonies ou les Indiana Jones, et qui met en avant un enfant qui n’aura globalement qu’un tout petit rôle dans l’histoire, Dreamscape trompe bien son petit monde. Il s’agit d’un film résolument adulte où il est beaucoup question de sexualité, de fantasme, de folie meurtrière, de manipulations politiques. A bien y regarder, c’est une histoire qu’aurait pu parfaitement écrire Stephen King, et qui ressemble à Firestarter (sorti la même année) par bien des côtés. Impression amplifiée par la présence d’un écrivain à succès incarné par George Wendt et qui semble beaucoup inspiré par Stephen King. On pense aussi au Furie de Brian de Palma (le personnage de Blair n’étant pas tellement différent de celui incarné par John Cassavetes), à Scanners de David Cronenberg. Si l’histoire reste très bonne, force est de constater que les effets spéciaux ont pris un méchant coup de vieux, au point de ressembler parfois à ceux de maître Ray Harryhausen.

Je ne suis pas un grand fan des remakes, mais là pour une fois, ça ne serait pas forcément une mauvaise idée.