La vague, Dennis Gansel (2008)

lavague

Un professeur de lycée (franchement de gauche, assez cool : il arbore fièrement des t-shirts comme celui des Ramones) voit échapper sa semaine thématique sur l’anarchie (que s’octroie un professeur plus expérimenté) pour une semaine thématique sur l’autocratie, la dictature. Entre le lundi et le samedi d’une banale semaine de cours, il va créer avec ses élèves, d’abord, puis de nombreux élèves volontaires un jeu de rôles grandeur nature et reprendre quelques principes du fascisme en les remettant au goût du jour (il remplace par exemple les problèmes que poseraient les minorités, grand classique des dictatures de droite, par les inégalités salariales, ce que nous faisons subir à la planète et la mondialisation). Il s’adapte à l’Allemagne contemporaine, contournant par la gauche le fantôme du nazisme (incarné par le néo-nazisme).

Ce film je l’ai vu deux fois en deux jours. La première fois je l’ai trouvé intéressant, mais j’ai eu l’impression d’être passé à côté de quelque chose. C’est comme un mot que vous avez au bout de la langue, vous le cherchez, vous le cherchez sans le trouver. La seconde fois, j’ai regardé La Vague en essayant de créer des parallèles avec la « crise des gilets jaunes » et ma foi c’est à la fois partiellement probant (il n’y a pas de leader « gilet jaune ») et totalement perturbant (« si tu n’es pas avec moi tu es contre moi », n’est-ce pas l’essence-même du fascisme, qui vient du faisceau, des morceaux de bois additionnés qui peuvent certes plier mais ne se rompent plus). L’uniforme, le sentiment de déclassement ou de marginalisation, le signe distinctif, la nature pacifique (au départ) des gens embarqués dans un mouvement collectif qui en viennent au final à user de violence, l’aveuglement et l’impuissance des autorités, le manque de réaction de ceux qui ne sont pas d’accord, leur difficulté à le verbaliser face à un mouvement qui prend de l’ampleur (la crainte de se faire « casser la gueule », le danger que représentent les mouvements de foule).

Dans La vague, la colère, la frustration et l’incompréhension face aux changements du monde ne portent pas un gilet jaune mais des jeans et une chemise blanche. Ce film rappelle aussi le roman Rage de Stephen King (d’abord publié sous le pseudonyme de Richard Bachman, dont la commercialisation a été arrêtée à la demande de l’auteur après plusieurs fusillades dans des écoles, dont celle tristement célèbre de Columbine).

Très intéressant dans le contexte actuel.

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