Retour à Zombieland

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(Bon, il faut bien le reconnaître ce blog n’est plus trop vivant : il avance comme un escargot, il bave comme votre arrière-vieille tante dans son rocking chair texan et il sentirait presque la viande avariée. C’est un zombie-blog ! Le taulier mate la série Deadwood depuis quelques semaines (c’est très bien, je ne vous apprends rien), se couche avec les poules, se réveille avant la coq et bosse comme un taré sur des bouquins français qui font 500 pages et des traductions qui tangentent les mille feuillets. Le travail ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. Donc ce blog est mort-vivant et il fallait bien un film azimuté, azimutant, pour le réveiller.)

Alors dix ans après Zombieland, on  prend les mêmes, on ajoute Zoey Deutsch (à pisser de rire) et Rosario « Very Hot » Dawson et on recommence. C’est débile, c’est jouissif, c’est sanglant, les acteurs sont au top et la bande-son est super-chouette. Ça fout plutôt la patate et on se délecte à chercher les clins d’œil : Zombie de Romero, Kill Bill de Quentin Tarantino, Terminator 2, etc. Un festival.

J’ai ri aux éclats, plusieurs fois, plutôt bon signe (surtout que ma dernière excursion au cinéma c’était pour un Terminator Dark Fates qui m’avait horripilé de bout en bout)…

Je signe tout de suite pour un Zombieland 3.

Allez un petit cadeau pour la route :

 

 

Three billboards outside Ebbing, Missouri

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Une femme (Frances McDormand, plus mieux que d’habitude, trouvé-je, alors qu’elle est d’habitude excellente), Mildred Hayes de son nom complet, loue trois panneaux à la sortie de la ville et y faire inscrire 1/ Violée pendant qu’elle agonisait 2/ Et toujours aucune arrestation ? 3/ Comment est-ce possible, chef Willoughby ? Le shérif se meurt d’un cancer du pancréas, ce qui ne facilite pas son enquête. Et son adjoint Dixon est aussi abruti que raciste, ce qui non plus n’est pas commode. De son côté, Mildred se fait draguer par le nain du patelin, assiste excédée à l’idylle de son ex avec une jolie idiote de 19 ans. Et son fils aîné ne comprend pas pourquoi les panneaux, pourquoi accabler le shérif, pourquoi ne pas faire son deuil ? Il y a des choses qu’une mère ne peut accepter, notamment son intolérable sentiment de culpabilité.

J’ai beaucoup aimé ce film, même si je lui trouve un énorme défaut : Sam Rockwell dans le rôle de Dixon en fait des tonnes, des kilotonnes et probablement quelques mégatonnes. Tous les curseurs sont dans le rouge, et je dirais même que quelques ampoules ont pété dans un flash d’hydrogène sulfuré : il est odieux, immonde, raciste, alcoolique, con comme un boulon, et incapable d’accepter sa potentielle propre bonté qu’il considère sans doute comme de la faiblesse.

Martin McDonagh et moi, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour. J’ai trouvé son Bons baisers de Bruges sympa sans plus, quand bon nombre de mes petite camarades avaient atteint l’orgasme lors du visionnage. 7 psychopathes était plutôt crétin et plutôt raté. Peut-être parce que la bêtise humaine est son fonds de commerce (et que je ne m’y retrouve pas en tant que spectateur), je ne suis jamais pleinement satisfait par ses films. Mais dans celui-là, il y a Woody Harrelson dans un de ses meilleurs rôles, Woody Harrelson qui fait tout le contraire de Stockwell, avance vers la mort avec force, laissant derrière lui un puissant sillage de subtilité et d’humanité.

Frances McDormand et Woody Harrelson valent vraiment la peine de supporter un Sam Rockwell qu’on a connu plus convaincant.