Man on high heels – Jang Jin (2014)

Man_On_High_Heels

Seoul.
De nos jours.
Ji-wook (Cha Seung-won) est un flic aux méthodes particulièrement violentes et douteuses. Couvert de cicatrices, les os rafistolés avec des plaques métalliques, il est surnommé « l’homme qui valait trois milliards » par ses collègues. Ji-wook, grand pour un Coréen, fin, tout en muscles, privilégie les couteaux aux armes à feu et quand il intervient quelque part… le sang gicle à flots. Mais Ji-wook a aussi un secret : il prend des hormones (son collègue croit à tort qu’il se drogue à l’héroïne) et s’apprête à changer de sexe.
Ayant pourtant démissionné pour vivre sa transformation dans le calme, Ji-wook va être rattrapé par sa dernière affaire.

Après une heure de film en faux rythme, un peu lancinante mais toujours intéressante, toutes les pièces de l’échiquier sont en place et la deuxième partie (qui s’ouvre avec un des pires meurtres de l’histoire du cinéma – autant être prévenu) atteint des sommets dans la tension, l’émotion, le tragique, le comique, l’horreur frontale.
C’est alors les montagnes russes, quasiment un enchaînement de « morceaux de bravoure » sans répit.

Si Man on high heels n’est pas exempt de petits défauts (des problèmes de raccord dans les scènes d’action notamment) on prend ce film dans la gueule jusqu’aux ultimes scènes, apparemment très douces, mais d’une ambiguïté indéniable.

Je l’avais déjà vu une fois, je l’ai revu cette semaine avec plaisir.

The assignment, Walter Hill (2016)

revenger

Frank Kitchen (Michelle Rodriguez avec une barbe et en pénis, en full frontal) est un tueur à gages latino, originaire de Miami. Répondant à un contrat, il assassine Sebastian Jane, le frère de la génialissime (c’est elle qui le dit) chirurgienne Rachel Jane. La vengeance de Jane sera pour le moins originale : elle opère Frank et le transforme en femme (Michelle Rodriguez, toison et tétons au vent, en full frontal, pour les amateurs… dont je fais partie, ce qui ne coûte pas cher à avouer).

Ce film est tiré d’une BD : Corps et âme, chez Rue de sèvres. N’ayant pas lu la bande-dessinée, je ne peux parler que du film qui n’est pas fameux. On me l’avait vendu comme un navet et c’est vrai qu’il y a une indéniable saveur de navet trop cuit, mais un navet pas marrant, un navet sérieux, et insufisamment nanardesque pour devenir jouissif. Le film ne présente guère de surprise, de A à Z on sait où il va, comment il y va. Sigourney Weaver fait la dame de glace, amatrice de Shakespeare et Poe, avec un certain dédain, trouvé-je. Michelle Rodriguez est belle, mais belle ; résultat son opération semble assez peu crédible. Il n’y a pas une ombre de réflexion sur le changement de sexe, la forme de viol / torture que représente le fait d’imposer une telle opération à quelqu’un (on trouvait déjà cette idée d’opération imposée au centre de La Piel que habito de Pedro Almodovar, 2011, tiré d’un roman de Thierry Jonquet).

Même dans sa nullité, The assignment est médiocre. Un tour de force.