Dans la tête de Sherlock Holmes | Cyril Lieron & Benoît Dahan


Londres.

3h12 du matin.

Un médecin à l’épaule démise court dans la rue. Il sera vite sifflé par un bobby. Il porte une pantoufle d’homme et une pantoufle de femme.

Visiblement désorienté, il a échappé de peu à un destin funeste et a besoin de Sherlock Holmes pour comprendre ce qui lui est arrivé, car il a perdu la mémoire après s’être rendu à un spectacle exotique.

L’affaire se corse quand le cadavre d’une vendeuse de chapeaux et accessoires est retrouvé dans le Limehouse Basin. Comme le médecin hébétée, elle a assisté au même spectacle exotique. Et comme il se doit, c’est à elle qu’appartient la pantoufle suscitée.

Il y a bien longtemps qu’une série de BDs (ici un diptyque) ne m’avait procuré autant de plaisir. Lieron & Dahan impressionnent par leur respect de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle, par le scénario qui, sur le fond comme sur la forme, est impeccable, par le découpage des planches qui invite au jeu de pistes. Car souvent ce sont à de vrais puzzles que le lecteur est confronté.

Franchement, je ne vois rien à redire, c’est du magnifique boulot. Toutes mes félicitations.

On notera aussi que les objets livres sont incroyables en terme de fabrication (couverture découpée, énigme résolue par transparence, etc.)

(La critique est courte car, de mon point de vue, il n’y a rien à critiquer.)

Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express

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Sherlock Holmes a de sérieux problèmes de cocaïne. Il suit et harcèle un professeur de mathématiques du nom de Moriarty dont le seul fait d’arme semble être la rédaction d’un traité sur les astéroïdes. Désemparé, le docteur Watson demande de l’aide à Mycroft Holmes. Ensemble, ils décident de mettre Holmes sur une piste qui le mènera à Vienne. Holmes croit être proche de coincer Moriarty en flagrant délit d’association de malfaiteurs, il va se retrouver aux bons soins du docteur Freud.

Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express de Herbert Ross (on est en droit de préférer le titre original The seven per cent solution) est un chouette film tiré du roman de Nicholas Meyer. Pour tout dire, je trouve le film supérieur au roman (dont on ne se souviendra guère pour ses qualités stylistiques). Nicol Williamson qui restera à jamais dans les mémoires pour avoir incarné le Merlin de John Boorman relève le gant. Robert Duvall incarne un Watson convaincant, et pourtant c’est plutôt du contre-emploi. Alan Arkin est très bien dans le rôle du Dr Freud. Alors évidemment on peut se gausser de cette Vienne où absolument tout le monde parle anglais, on peut trouver le racisme anti-turc du film assez pataud, et en même temps c’est tellement délicieux à voir : le duel sur fond d’antisémitisme, la scène des chevaux qui nous ramène au Hitchock de La Mort aux trousses, l’inénarrable poursuite finale.

Je conseille.