Utu – Redux, Geoff Murphy (1984)

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Nouvelle-Zélande, 1870. Te Wheke, un éclaireur des troupes coloniales, se rebelle après le massacre de son village par des soldats anglais. Il lève une troupe de Maoris et commence une guerre sans merci contre les colons. Cette guerre fait vite une victime anglaise, Emily Williamson. Son mari sombre alors dans une profonde folie de vengeance. Quelle vengeance gagnera, celle de Te Wheke ou celle de Williamson ?

Utu est selon Quentin Tarantino, dont on connaît la mesure proverbiale, « Le meilleur film néo-zélandais de tous les temps » ; on n’ira sans doute pas jusque là, mais c’est un film étonnant. Une sorte de western qui reprend bien des codes du genre nord-américain, le pionnier, les populations indigènes révoltées, la cavalerie, la petite ville perdue qui se résume peu ou prou à son hôtel-bordel. C’est le ton du film qui surprend le plus. Utu alterne horreurs (meurtres d’enfants en scène d’ouverture) et scènes de comédie (ce qui m’a rappelé Little Big Man d’Arthur Penn, 1970, et Soldat Bleu de Ralph Nelson, 1970 aussi). La première fusillade est presque slapstick, jusqu’à la mort d’Emily Williamson qui nous rappelle violemment que tout ça n’est pas un jeu.

Le scénario est étonnant : il monte en puissance et les dix dernières minutes sont exceptionnelles en terme de sens sur la violence, la vengeance, l’amour, la folie, le devoir, etc. C’est aussi un scénario plein d’improbable, d’incongru, d’absurde. Très étonnant. Avec une histoire d’amour qui défie un peu toutes les lois romanesques. Bien vu !

Geoff Murphy n’est pas un très bon réalisateur, le manque de moyens est régulièrement flagrant et les auteurs font parfois ce qu’ils peuvent. Reste néanmoins une curiosité, plutôt agréable, au final amer beaucoup plus convaincant que le reste.

A découvrir !

The dead lands – La terre des guerriers

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Un conflit entre deux tribus maoris conduit au massacre d’un village. Le fils du chef, qui a survécu, fait alors tout pour se venger, Pour rattraper et éliminer ceux qui ont anéanti son peuple, il devra traverser la terre des morts sur laquelle vit un monstre. Et si ce monstre pouvait devenir son allié.

Sur un scénario linéaire et très simple de Glenn Standring, Toa Fraser propose une série B sanglante d’une extrême efficacité, où il exploite avec talent les paysages à couper le souffle de la Nouvelle-Zélande. Malgré quelques défauts (dus à un budget qu’on imagine serré) on est plongé dans ce passé guerrier où tout le monde est cannibale (yeah ! c’était le bon temps, ma petite dame).

Parmi les défauts, on citera l’absence d’enfants et de bébés dans le village massacré au début (dommage, j’aime bien quand on massacre des enfants au cinéma), des acteurs blancs qui incarnent des Maoris et une musique moderne pas très bien choisie (ce n’est toutefois pas aussi affreux que la musique d’Alan Parsons sur Ladyhawke).

Entre Apocalypto et le Conan de John Milius, The dead lands se laisse regarder avec un plaisir coupable. Tu préfères le bras ou la cuisse pour le dîner ? Le bras, ça cuit plus vite. On regrettera juste que The dead lands ne soit pas aussi abouti/radical que ses modèles.