Gerald’s game / Jessie – Mike Flanagan (2017)

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Un homme (qu’on suppose très aisé puisqu’il achète des steaks Kobe à 200 dollars pièce) emmène son épouse Jessie dans leur maison au fil de l’eau. Il n’y a personne à 800 mètres, lui précise-t-il. Ils viennent là pour tenter quelque chose, se rabibocher, jouer à un jeu sexuel de domination. Gerald a emmené des menottes (des vrais, solides, pas des trucs couverts de moumoute rose) et un flacon de viagra. Pendant qu’il se prépare (et hop je gobe une petite pilule bleue), Jessie donne un des steaks à un chien errant. « Le meilleur repas de sa vie. » Puis le jeu de rôles sexuel commence et Jessie se rend compte que son mari a des fantasmes encore plus tordus que ce qu’elle craignait et surtout que ça ne l’amuse pas, mais alors pas du tout (pour des raisons qu’elle n’a pas envie d’aborder). Ils se disputent et Gerald fait une crise cardiaque, laissant Jessie seule menottée au lit… alors que le chien approche et qu’une menace bien pire rôde autour de la maison.

Susciter la peur au cinéma n’est pas chose facile, Mike Flanagan n’y parvient pas tout à fait, même s’il réussit quelques scènes de forte tension. Par contre, il propose un portrait absolument immonde (et convaincant) de la gente masculine. Et atteint sans trop se forcer des sommets de l’horreur psychologique. La scène de l’éclipse restera sans doute comme une des scènes d’abus sexuel les plus impressionnantes jamais réalisées. Si Bruce Greenwood et Henry Thomas sont particulièrement impressionnants, notamment dans l’expression frontale de leur misère sexuelle, Carla Gugino est un peu en retrait dans le rôle principal, elle n’arrive pas à se hisser au niveau d’actrices comme Carrie Coon, Jessica Chastain ou Brit Marling. Elle manque un poil d’incandescence.  Dans un rôle très proche, celui de Claire Spencer dans Apparences de Robert Zemeckis, Michelle Pfeiffer était autrement plus mémorable.

 

Ginger Snaps Resurrection, Brett Sullivan (2004)

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Brigitte, contaminée par sa sœur Ginger, vit comme elle peut en se faisant des shoots d’aconit en intraveineuse. Elle voudrait se débarrasser de son virus lycanthrope, mais se retrouve juste capable d’en freiner les effets les plus voyants. Elle s’entaille les poignets régulièrement, car les processus biologiques de cicatrisation freinent sa transformation. Un soir, alors que le bibliothécaire du coin lui rend visite, ils sont attaqués par un loup-garou. Le corps du bibliothécaire disparaît et Brigitte, blessée, est internée dans un hôpital psychiatrique privé, à cause de ses auto-mutilations et de sa dépendance à l’aconit. Pour elle, le temps est compté. La bête se rapproche, tout comme sa transformation maintenant qu’elle est privée d’aconit.

Suite directe de Ginger Snaps, Ginger Snaps Résurrection change carrément de tonalité tout en restant dans le registre de la série B horrifique sympathique. Exit le portrait d’une adolescence qui s’ennuie, exit aussi le personnage hilarant de la maman des sœurs Brigitte et Ginger. Ginger Snaps Résurrection est globalement plus sombre, notamment par le biais de scènes sexuelles qui s’apparentent quasiment toutes à des viols. Les personnages secondaires sont assez intéressants comme Alice, qui gère l’hôpital psychiatrique, l’infirmier à gueule d’ange qui échange de la drogue contre des faveurs sexuelles ou Ghost qui veille sur sa grand-mère entièrement brûlée (ce pan du scénario ne tient aucunement la route quand on connaît l’étendue des soins que nécessitent les grand brûlés). Ce n’est jamais franchement mauvais, ce n’est jamais totalement convaincant (le nombre d’incohérences et d’idioties scénaristiques est assez élevé).

Mineur.  Mais somme toute assez plaisant si on arrive à débrancher son détecteur à conneries scénaristiques pendant 90 minutes.

(Jaquette française pour le moins mensongère, Katharine Isabelle (Ginger) n’apparaît que très brièvement dans le film, centré autour du personnage de Brigitte.)