Le gangster, le flic et l’assassin – Lee Won-Tae (2019)

The Gangster, the Cop, the Devil, affiche

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Jung est un flic incorruptible (ambitieux, aussi). Il sait que son supérieur a un accord avec la pègre locale, notamment celle des jeux d’argent illégaux. Il a un certain réseau en ligne de mire et compte bien leur en faire baver un max’. Dans sa ville, un tueur assassine des innocents, toujours de la même façon : il percute doucement leur voiture par l’arrière et au moment des constatations les cribles de coups de couteau. Un jour, l’assassin s’en prend à Jang, un gangster. Celui que Jung tient absolument à coffrer. Jang survit. Jang blesse son agresseur. Jang se promet de retrouver le tueur en série avant la police et de lui régler son compte une fois pour toutes. Jung, lui, promet de mettre cet assassin derrière les barreaux.

Plutôt fun, bien rythmé (on ne voit pas le temps passer) Le gangster, le flic et l’assassin ne restera pas dans les annales des grands polars coréens poisseux. On est très loin de l’ampleur scorsesienne de New World, de la tension quasi-insupportable de The chaser ou de la cruauté exacerbée du Flic aux hauts-talons. C’est un divertissement convaincant, avec des péripéties assez invraisemblables sur lesquelles, dans le feu de l’action, on jette un joli voile d’indulgence. Dans le rôle du gangster, Ma Dong-Seok est plus que convaincant ; pour tout dire : il déchire tout. Kim Moo-yul qui incarne le flic est une sorte de Mark Wahlberg sud-coréen (pas sûr que ce soit un compliment). Quant à l’assassin, il assassine, ce qui n’est pas forcément le rôle au spectre le plus large.

Plaisant.

Man on high heels – Jang Jin (2014)

Man_On_High_Heels

Seoul.
De nos jours.
Ji-wook (Cha Seung-won) est un flic aux méthodes particulièrement violentes et douteuses. Couvert de cicatrices, les os rafistolés avec des plaques métalliques, il est surnommé « l’homme qui valait trois milliards » par ses collègues. Ji-wook, grand pour un Coréen, fin, tout en muscles, privilégie les couteaux aux armes à feu et quand il intervient quelque part… le sang gicle à flots. Mais Ji-wook a aussi un secret : il prend des hormones (son collègue croit à tort qu’il se drogue à l’héroïne) et s’apprête à changer de sexe.
Ayant pourtant démissionné pour vivre sa transformation dans le calme, Ji-wook va être rattrapé par sa dernière affaire.

Après une heure de film en faux rythme, un peu lancinante mais toujours intéressante, toutes les pièces de l’échiquier sont en place et la deuxième partie (qui s’ouvre avec un des pires meurtres de l’histoire du cinéma – autant être prévenu) atteint des sommets dans la tension, l’émotion, le tragique, le comique, l’horreur frontale.
C’est alors les montagnes russes, quasiment un enchaînement de « morceaux de bravoure » sans répit.

Si Man on high heels n’est pas exempt de petits défauts (des problèmes de raccord dans les scènes d’action notamment) on prend ce film dans la gueule jusqu’aux ultimes scènes, apparemment très douces, mais d’une ambiguïté indéniable.

Je l’avais déjà vu une fois, je l’ai revu cette semaine avec plaisir.