The Last Days of American Crime, Olivier Megaton (2020)

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Quelques heures avant la mise en place d’un signal de contrôle mental qui empêchera tout citoyen américain de commettre une mauvaise action, Graham Bricke (Edgar Ramirez), Kevin Cash (Michael Carmen Pitt) et Shelby Dupree (Anne Brewster) mettent au point un plan pour voler 1 milliard de dollars en liquide.

Voilà un film de science-fiction (si si) que je voulais voir, car j’avais été incapable de lire le comics en trois volumes qui en est à l’origine, pourtant scénarisé par un de mes chouchous, Rick Remender. Il y a des dessinateurs auxquels je suis totalement allergiques et malheureusement c’est le cas de Greg Tocchini (qui est très talentueux, là n’est pas la question).

La première chose qui surprend dans The Last Days of American Crime (presque 2h30, quand même) c’est son rythme : tout devient très vite extrêmement long pour pas grand chose. Le montage m’a exaspéré ; j’aurais aimé trouver la puissance narrative d’un Oliver Stone qui peut faire (mais pas toujours, nous sommes bien d’accord) des films de 2H30 sans qu’on s’y ennuie une minute. Là on en est loin. Après, les acteurs ne sont pas mauvais, sauf Michael Carmen Pitt qui s’essaye à une interprétation casse-gueule façon Nicolas-Cage-Show, le problème c’est qu’il n’y a qu’un seul et unique Nicolas Cage sur Terre, quand il est bon il est insurpassable, quand il est mauvais c’est la même chose. Dans le cas de Micheal Carmen Pitt parfois ça passe, parfois c’est d’un ridicule outré franchement embarrassant, un peu comme si on avait les deux Nicolas Cage, le bon et le mauvais, dans le même film. C’est perturbant. Il y a un autre truc qui m’a complètement gonflé, c’est le x-ième duel à la kalachnikov presque à bout portant où tout le monde se rate. Si y’a bien un truc qui fait des dégâts, c’est une kalach’ à quelques mètres de sa cible, si ce n’était pas le cas les pathétiques microcéphales des cités marseillaises préféreraient les lance-pierres ou l’eau bénite. Pareil pour les dégâts sur un véhicule, c’est une arme (de guerre) particulièrement « perforante », donc les balles ne glissent pas sur les carrosseries en faisant de jolies étincelles.

Une vraie déception où tout n’est pas à jeter, loin s’en faut. Il y a des moment où j’ai trouvé Edgar Ramirez très fort, très juste dans son interprétation d’un homme qui a globalement tout raté dans sa vie.

Gold, Stephen Gaghan (2016)

GOLD

Kenny Wells (Matthew McConaughey) est un arrière-petit-fils de prospecteurs. Sa famille possède la Washoe Mining Company. Après la mort de son père, les affaires vont mal pour Kenny et la boîte ne vaut plus rien. Mais il ne s’avère pas vaincu pour autant, à la suite d’une rêve qu’il espère prémonitoire, il vend les bijoux de sa petite-amie et se rend en Indonésie à la rencontre de Michael Acosta (Edgar Ramirez, flamboyant), un géologue qui a eu des succès considérables dans le passé et semble un peu au creux de la vague, depuis que sa théorie géologique sur la Ceinture de Feu a été traité de « ramassis de conneries » par ses pairs.

Si on lit le scénario de ce flm, sans en avoir vu la moindre image au préalable, on se dira sans doute que le rôle de Kenny serait parfait pour Jonah Hill, sans doute encore un peu trop jeune : vulgaire, alcoolo, gras, hâbleur mais sans finesse, toujours en sueur, Kenny est le pire des beaufs (ça c’est parfait pour Jonah). Mais voilà Kenny a la force de ses convictions et elles sont puissantes. Dans le rôle, Matthew McConaughey est convaincant, toujours sur le fil (du ridicule), surprenant dans sa transformation physique à mille lieux de L’Homme en noir de La tour sombre où il était fin, élégant, racé, et pour tout dire assez jouissif en grand méchant (dans un film, pour le reste, presque anecdotique).

Gold m’a laissé sur le cul. C’est vraiment un bon film (à condition toutefois de ne pas trop en savoir à son sujet avant de le regarder, car tout le film repose sur un « truc » assez fortiche). Gold en dit long sur les paradoxes de l’amitié. On y retrouve le charme de certains films d’aventure avec Alain Delon (Les aventuriers) ou de Jean-Paul Belmondo, ces classiques de l’âge d’or du cinéma français (les années 60 grosso modo). On y retrouve aussi les questionnements moraux d’un Scorsese en grande forme.

Même si on peut arguer que McConaughey en fait parfois un poil trop, Gold est un film ambitieux, profond, avec de vrais morceaux de bravoure (les scènes de malaria, la scène du jacuzzi, la scène de la Cadillac) et il serait dommage de passer à côté. Son échec commercial est, comme il se doit, largement immérité.