War dogs, Todd Philips (2016)

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A un enterrement, David Packouz (Miles Teller) revoit son copain d’enfance Efraim Diveroli (Jonah Hill). David essaye de fourguer des draps en coton égyptien à des maisons de retraite de Floride, sans trop de succès, pendant qu’Efraim vend des armes au Pentagone, utilisant un site d’appel d’offres où certains contrats (« les miettes ») n’intéressent pas grand monde, mais représentent quand même des milliers de dollars de commission. Les deux hommes s’associent. Leurs aventures prennent un tour particulier quand ils doivent se rendre en Jordanie récupérer un lot de Beretta bloqué en douanes.

 » La guerre est une économie, toute personne qui t’affirme le contraire est soit stupide soit impliquée « .

Evidemment basé sur une histoire vraie, War dogs n’est pas un film d’une originalité transcendante, les similarités avec Le loup de Wall Street (renforcées par la présence de Jonah Hill dans les deux films) sont tellement nombreuses qu’on a parfois l’impression de voir un remake situé dans le monde des marchands d’armes. Le film fait la part belle à la comédie, et ne possède pas toute la profondeur du Lord of war d’Andrew Niccol. War dogs dit toutefois quelque chose d’intéressant sur la fascination qu’exerce encore de nos jours le film de Brian de Palma Scarface. Comme toujours, ce qu’en retiennent les personnages c’est la montée en puissance d’un self-made-man avide de pouvoir et d’argent, qui n’a peur de rien, même quand on découpe son copain d’enfance à la tronçonneuse. Comme l’amour la fascination rend aveugle et tout le monde (ou presque) oublie la chute, quand Tony tue son meilleur ami, provoque la mort de la seule personne qu’il aime au monde (sa soeur) et suit de très près ses tripes (libérées par une décharge de chevrotines) dans une fontaine pleine de sang.

Si le film pêche par son manque d’originalité, War dogs a d’autres atouts : la réalisation est inventive, le rythme est soutenu, les acteurs sont épatants et le ton résolument adulte (on se drogue et on se fait sucer dès que possible, car l’argent y pourvoie). C’est une vraie boule puante (d’ailleurs le réalisateur ne s’embarrasse d’aucune pincettes politically correct en matière de clichés antisémites ; il offre à Jonah Hill (né Jonah Hill Feldstein) à peu près tout le catalogue, avec la légèreté d’un merkava lancé à 60 km/h). Efraim est un personnage odieux, absolument indéfendable, mais il devient inquiétant dans une des scènes a priori les plus anodines du film, quand il vire un de ses employés car celui-ci vient de lui expliquer que l’acronyme IBM a un sens, que derrière ces trois lettres se cache une ambition industrielle : International Business Machines. L’intelligence et la culture générale sont alors clairement désignés comme ennemis des bonnes affaires. Est dangereux celui qui pense trop. Les officiers supérieurs le savent que trop bien : un soldat ne doit pas penser, jamais ; il faut l’occuper, tout le temps.

War dogs est un solide divertissement pour adultes consentants. Si vous n’en attendez pas trop, il vous donnera sans doute beaucoup.

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Ghost House, Rich Ragsdale (2017)

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Un couple se rend en vacances en Thaïlande. Julie (Scout Taylor-Compton) se passionne pour les ghost houses, ces petites maisons destinées aux esprits, dans lesquelles les bouddhistes déposent des offrandes. Emmenée par deux Anglais dans la « campagne » où l’on trouve des ghost houses encore plus intéressantes que celles de la capitale, Julie revient malade. Elle est possédée par un watabe, un esprit en colère.

Un film fantastique situé en Thaïlande… difficile de résister.

Ghost house est un J-horror qui serait extrêmement classique s’il avait été situé dans la campagne japonaise ou à Tokyo. Tourné à Bangkok et dans la campagne thaïlandaise (je n’ai pas réussi à trouver la liste des lieux de tournage, dommage), le film sort presque du lot. Mais il est insuffisamment thaï/couleur locale pour convaincre totalement. On reste un peu à la surface de ce bouddhisme animiste où coexistent moines et chamanes. Niveau ambiance thaïlandaise, Only god forgives est très au-dessus, surtout dans sa description vénéneuse de la nuit. Les scènes de rivière et de lac, vers la fin du film, avec l’immense pont en bambou et le temple isolé sur sa rive, sont très chouettes d’un point de vue esthétique. Les scènes fantastiques sont par contre très classiques, assez peu subtiles, et pour tout dire un peu ridicules. Le fantôme qui marche bizarrement, se déplace comme un cafard sur les murs et plafonds, la jeune japonaise aux longs cheveux noirs, l’enfant mort aux yeux blancs que seule Julie voit, car en contact avec le monde des esprits tourmentés. On connaît ça par cœur, depuis presque vingt ans maintenant. Et sur ce plan Ghost house ne fait que recycler ce qu’on a vu et revu. Allant jusqu’à se conclure par la fin la plus cliché qui soit. Comme il se doit.

 

L’Orphelinat, J.A. Bayona (2007)

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Laura et son mari médecin rachètent l’orphelinat où a grandi la première pour en faire un centre d’accueil pour trisomiques, un établissement de taille modeste, cinq ou six « lits ». Le couple a adopté un petit garçon, Simon, qui souffre du SIDA. Dans l’orphelinat en devenir, Simon se fait de nouveaux amis imaginaires, notamment Tomas qui se promène avec un sac sur la tête. Ce qui n’est pas forcément du goût de Laura. Pendant la fête de bienvenue, destinée aux nouveaux pensionnaires, Simon disparaît.

Voir L’orphelinat quelques semaines après A monster calls, du même réalisateur, n’est pas forcément une bonne idée, tant le second surclasse le premier. Les thèmes se rejoignent : la maladie, les amis imaginaires, les douleurs de l’enfance, l’injustice et le deuil. Ce qui emporte définitivement le morceau dans A monster calls – le travail esthétique – a plus tôt tendance à amoindrir l’impact de L’orphelinat. Le lieu éponyme n’est pas aussi « fort » que l’école de L’échine du diable, la fête avec les masques rappelle trop celle de The Wicker man mais dans un contexte pour le compte très décalé.

Le film ne fait qu’une heure et quarante-cinq minutes, mais je l’ai trouvé terriblement longuet, souffrant d’une progression dramatique boiteuse.

Ce n’est pas mauvais pour autant ; on dirait juste le brouillon de A monster calls, autrement plus convaincant.

Don’t kill it – Mike Mendez (2016)

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Triples meurtres en série à Chickory Creek (trois fois trois égale neuf). Quand un assassin est tué par un citoyen, celui-ci se met aussitôt à tout massacrer autour de lui. Autant dire que les autorités locales sont dépassées et que le FBI ne comprend rien. Heureusement pour Chickory Creek, le tueur de démons Jebediah Woodley (Dolph Lundgren, buriné, tout en auto-dérision) est dans les parages.

Il est difficile d’expliquer pourquoi certains navets se révèlent, au visionnage, absolument réjouissants. Don’t Kill it et son gore pour rire (un peu moins « stade anal » que celui de Ash Vs Evil Dead toutefois) fait évidemment partie de cette catégorie. Dolph Lundgren incarne une sorte de frère Winchester (l’excellente série TV Supernatural) en solo. Rassurez-vous : tout le monde joue mal, l’histoire est conne comme une chaussette esseulée coincée dans un filtre de sèche-linge. C’est mauvais de bout en bout, mais délicieusement mauvais.

Je conseille (mais seulement aux grands pervers dans mon genre).

Le pacte du mal, Oskar Santos (2010)

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Diego Sanz (Eduardo Noriega, très convaincant à contre-emploi) est un docteur distant, tête à claques, mais doué. Il travaille avec des patients en phase terminale, amputés, souffrant de sclérose en plaques qui, tous, ont besoin qu’on les soulage de leur douleur. Un jour, dans le parking de l’hôpital, il est agressé par un homme bouleversé parce que sa maîtresse est en état de mort cérébrale, mais aussi enceinte de sept mois. L’homme tire au pistolet sur Diego avant de se suicider. Quand les médecins et les infirmières arrivent pour prendre en charge leur collègue, Diego est certes inconscient, couvert de sang, mais personne n’arrive à trouver l’orifice d’entrée de la balle.

Le pacte du mal est un film espagnol construit autour de deux idées fantastiques a priori complémentaires qui, à mon humble avis, sont assez mal mariées dans le cas présent. La bonne idée c’est que Diego le distant se retrouve soudain avec le pouvoir de guérir certains de ses patients et que ce pouvoir le rapproche des gens. La mauvaise idée est le contrepoids posé sur l’autre plateau de la balance, celle de la condition humaine. Ce qui est gagné d’un côté est perdu de l’autre. On peut aussi y voir une métaphore du bénéfice/risque des interventions chirurgicales, poussée à son paroxysme.

On voit alors deux films se dérouler en parallèle : le premier sur la médecine hospitalière, le serment d’Hippocrate, le lien médecin-patient que j’ai trouvé formidable. Un second, plus fantastique, plus classique dans sa « malédiction » (et ses mécanismes) que j’ai trouvé banal et, pour tout dire, assez mal mené. La métaphore devient vite éléphantesque, alors qu’elle aurait gagné à ne pas être souligné. La fin (et ses pudeurs de gazelle) est particulièrement décevante.

 

The Bad Batch, Ana Lily Amirpour (2016)

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Kidnappée par des cannibales dans le désert, Arlen y laisse la jambe et le bras droits. Elle réussit toutefois à s’échapper et s’installe non loin à Comfort, une ville sur laquelle règne Dream (Keanu Reeves), le roi de la teuf – un sorte de mix entre Pablo Escobar (pour la moustache), David Guetta pour la musique et le colonel Khadafi pour le harem à Uzis.

Il y a des films, arrivés à la fin, vous ne savez pas trop ce que vous avez vu. The Bad Batch fait clairement partie du lot. C’est du post-apo, enfin ça y ressemble, mais en version arty et décalé. Ça ne raconte rien, ou du moins pas grand chose. Malgré les scènes d’horreur, les pique-niques cannibales et la profusion d’armes à feu, le film est longuet, tout en faux-rythme, plein de trouvailles visuelles géniales, mais qui ne suffisent pas à maintenir l’intérêt. Les acteurs jouent « à côté », mais ça semble volontaire.

Tout est bizarre, étrange et oscille entre le raté, le foireux, le décalé fulgurant et le « ah ouais, quand même ».

Bizarrement, je suis assez admiratif de l’ambition qui se cache derrière tout ça, mais je me suis vraiment ennuyé.

Ana Lily Armirpour a un sens de l’humour très étrange. Elle a un sens esthétique absolument renversant, mais sa narration est à la ramasse, lancinante au point de devenir douloureuse. Va falloir qu’elle pense sérieusement à changer de drogue. Un shot d’adrénaline en intracardiaque ?

 

Les enquêtes du département V

DépartementV

Les enquêtes du département V est une série de trois films danois (bientôt quatre) mettant en scène le duo de flics : Carl Mørck et Hassad, rejoints par la « secrétaire » Rose dès le second film. C’est visiblement adapté des romans de Jussi Adler-Olsen (disponibles chez Albin Michel/Le livre de poche).

Miséricorde (2013)

Profanation (2014)

Délivrance (2016)

Journal 64 (2018)

Pour simplifier c’est un Cold Cases danois où Carl, placardisé à la suite d’une erreur professionnelle, va à la fois montrer à quel point il est insupportable (arrogant, égocentrique, dépressif) mais aussi doué.

J’ai regardé les trois premiers films quasiment à la chaîne (un coffret DVD est disponible chez Wild Side). La première enquête s’intéresse à la disparition d’une femme sur un ferry. La seconde est une histoire de double-meurtre atroce, en périphérie d’un pensionnat huppé, la troisième nous présente une série de kidnapping d’enfants dans le milieu des sectes chrétiennes.

L’ensemble a des hauts et des bas. Les hauts c’est clairement le personnage d’Hassad (interprété par Fares Fares) flic musulman et croyant dans un pays européen ayant très peu d’immigration nord-africaine et moyen-orientale. Cette facette-là de la série est très réussie.

On peut aussi considérer comme une force le juqu’auboutisme de la série. Je ne vais pas spoilier, mais l’ensemble est über-glauque avec des viols, des meurtres, des mutilations, passages à tabac. De l’horreur psychologique. Des enfants victimes. Etc. Y’a aussi de la fesse, assez peu réjouissante ou récréative, pour être franc. Le deuxième film, très inspiré du premier Millénium, est d’une brutalité asphyxiante. A tel point qu’on se demande à un moment jusqu’où ils vont aller.

Quand aux défauts, ils sont malheureusement nombreux, mais certains sont inacceptables. Je pense notamment aux erreurs scénaristiques incroyables des deuxième et troisième films (une fois encore, je ne vais pas spoilier, mais bon, on a quand même l’impression que les scénaristes se foutent un peu du truc, touillent leur café tiède et se disent : « ouais, ça devrait passer »). Globalement la série repose sur le postulat que la police danoise est constituée d’une bande de brèles d’une incompétence crasse et que seuls Carl et Hassad, relégués en sous-sol, assurent. Puis Rose, évidemment, parce que la caution féministe, tout ça.

Dispensable, mais quand même on se dit qu’avec de meilleurs scénarios, ça aurait pu être formidable.

PS : Il n’y avait visiblement pas de conseiller « médical » sur les films, ou alors il a fait tout de suite copain-copain avec les scénaristes pour adopter leur way of life « je touille mon café tiède en me disant : ça devrait passer. »

 

The Infiltrator, Brad Furman (2016)

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Robert Mazur (Bryan Cranston) ancien comptable devenu policier, infiltre le cartel de Medellin sous couvert de blanchir leur argent, des millions des dollars. Alors que les sommes ne cessent d’augmenter et que l’enquête avance, Robert se trouve piégé dans sa couverture et doit s’inventer une fiancée. La police lui fournit alors une « pucelle », une flic qui n’a jamais travaillé sous couverture : Kathy Hertz (Diane Kruger).

The Infiltrator est un drôle de film. D’un côté, il joue le pari du réalisme, ici pas de fusillades improbables, pas de courses-poursuites mises en scène par un clone de William Friedkin et, d’un autre côté, il ne respecte pas la réalité historique. Je pense évidemment aux scènes avec Barry Seal (actuellement incarné au cinéma par Tom Cruise, dans un film éponyme qui semble être une comédie ; quand on connaît la vie de Barry Seal : chapeau !). Pour en revenir à The Infiltrator, ce choix scénaristique semble bien étrange étant donné le côté invraisemblable de cette histoire vraie. Pourquoi la réinventer alors qu’elle se suffisait à elle-même ?

John Leguizamo y livre une prestation inspirée dans le rôle d’un flic infiltré qui probablement ne sait plus où se situe la ligne blanche de la loi : « tu dois sniffer comme eux, baiser comme eux, car c’est ce qu’ils attendent de toi, c’est comme ça que ces mecs fonctionnent. Au moindre faux pas, t’es mort. »

En fait la grande force du film est de recycler ce que Michael Mann avait si bien décrit dans la série Miami vice : la griserie de brasser du fric, des grands restaurants, des jets privés et des yachts, l’amitié qui peut naître entre un flic infiltré et ceux qu’il doit faire tomber. Le sentiment de trahison, mais aussi de dégoût de soi, quand le couperet tombe. Ici l’amitié est incarnée par Benjamin Bratt, qui joue Roberto Alcaino. C’est sans doute lui qui produit le plus de jeu dans cette histoire, qui est le plus écartelé. Je l’ai trouvé excellent, aussi juste que Leguizamo, dans un registre quasiment opposé.

La mise en scène de Brad Furman est sans grand relief, il pouvait proposer quelque chose de nettement plus créatif. On aurait pu voir l’argent circuler, avec un montage vigoureux à la Oliver Stone. On aurait pu trouver la folie narrative du Loup de Wall Street de Martin Scorsese. Le sujet s’y prêtait parfaitement. L’implication de Noriega, Pablo Escobar offraient beaucoup de possibilités esthétiques, graphiques. Le réalisateur s’est laissé clairement guider par son scénario, s’est reposé sur lui, s’est concentré sur la tension, la paranoïa, le danger permanent. Ce n’est pas forcément raté, mais c’est clairement insuffisant pour faire de The Infiltrator un grand film.

 

The lost city of Z, James Gray

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The lost city of Z raconte l’histoire d’un officier anglais, par ailleurs père de famille, Percy Fawcett, qui au début du XXe siècle est envoyé cartographier un fleuve à la frontière entre la Bolivie et le Brésil. Là, aux sources du fleuve, dans la jungle, il découvre des poteries là où il pensait qu’aucun homme n’avait jamais vécu. Convaincu que son guide indien ne lui a pas menti, qu’il existe une cité très ancienne, quelque part en Amazonie, Percy décide de monter une seconde expédition, malgré le danger et tous les sacrifices que cela représente pour sa famille.

J’avais découvert James Gray en 1994 avec Little Odessa, l’excellent Little Odessa. Avaient suivi The yards en 2000 et La nuit nous appartient en 2007, qui ne m’avaient pas totalement convaincu, l’un comme l’autre (encore que je me souviens plutôt bien du second, mais je crois que la scène où Eva Mendes se masturbe y est pour beaucoup). Puis nos routes se sont quittées, pour se recroiser en Amazonie. Une invitation que je ne pouvais pas refuser, ne serait-ce que par curiosité.

Tout d’abord ce qui surprend dans The lost city of Z, c’est l’esthétique, la photo. Tout y est magnifique : les couleurs, les cadrages, la mise en scène de la dernière scène amazonienne et de la dernière scène avec Sienna Miller. J’ai senti un peu le même vertige esthétique que devant The Revenant. L’hommage assez marqué au cinéma de Werner Herzog (Fitzcarraldo, Aguirre la colère de Dieu et même Cobra verde) passe tout seul. Ça aurait pu être pesant, mais non.

The lost city of Z est un très beau film qui pâtit à mon sens de ne pas avoir été une mini-série HBO. C’est long pour un film (2h20), mais pas assez long pour toute la matière qu’avait le réalisateur à sa disposition. Résultat : le rythme m’a semblé quelque peu bancal. James Gray s’attarde sur certaines scènes « anglaises » et tourne au pas de course certaines scènes amazoniennes, pourtant cruciales.

Si Charlie Hunman est incandescent, Robert Pattinson est bluffant (moi qui pensais que ce charmant garçon n’était pas vraiment un acteur, me voilà obligé de me mordre la joue jusqu’au sang). Je suis plus réservé sur la prestation de Sienna Miller, l’épouse de Fawcett, qui subit des dialogues « féministes » que j’ai trouvés extrêmement didactiques et manquant profondément de naturel.

En 1994, dans Légendes d’automne d’Edward Zwick, Tristan Ludlow (Brad Pitt) ne pouvait pas lutter contre l’appel de la forêt, c’était sa malédiction. Percy Fawcett ne peut lutter contre l’appel de la jungle (étant moi-même fasciné par les jungles sud-asiatiques, je peux comprendre). C’est sa malédiction, mais aussi son élégie (et c’est là que le film qui s’attarde sur les contradictions du personnage, puis celles de son fils aîné, trouve une voie qui lui est propre, m’a-t-il semblé).

Comme l’a si bien écrit Nick Tosches : « Vous comprenez, il fallait vraiment que j’aille en enfer. J’avais, pour ainsi dire, le mal du pays. »

 

The last king – Nils Gaup (2016)

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Norvège 1206. Le roi de Norvège a un héritier secret. Empoisonné, juste avant de mourir, il demande à ses fidèles de protéger l’enfant. Deux hommes (à ski) vont se dresser contre les assassins.

The last king est un petit western médiéval, simple, voire simpliste, réduit la plupart du temps à ses scènes d’action : courses-poursuite dans la neige, batailles. Ici les forces en présence sont relativement humbles : une grosse dizaine de cavaliers d’un côté, deux guerriers et des paysans de l’autre.

C’est un film brutal, mais qui ne va pas au bout de sa brutalité et il est difficile de garder son sérieux quand les poursuites à ski commencent à ressembler à une scène de James Bond.

Encore plus difficile quand les personnages mangent des pommes de terre en 1206.

On peut toutefois se laisser tenter par cette série B anodine, pour l’interprétation assez inspirée de Kristofer Hivju vu dans Games of Throne.