There must be a place


Tous les endroits pour écrire ne se valent pas, en tout cas en ce qui me concerne.

Un peu par hasard, je me suis retrouvé au Riverside Homestay de Pak Nam. On peut y aller en moto, mais c’est une galère absolue (aucun chauffeur de taxi ne savaient où ça se trouvait au terminal de bus, j’ai dû montrer le truc sur google maps)… alors qu’en bateau, il suffit de prendre un moto-taxi pour le marché de Pak Nam et traverser la rivière en bateau (10 bahts de jour, 20 bahts de nuit), les longtails tournent jour et nuit.

C’est une guesthouse à l’ancienne. Le patron passe ses journées à s’occuper des plantes et à discuter avec ses amis. La patronne fait des pâtisseries en grandes quantités. A marée haute, une partie de la guesthouse sur pilotis est inondée. J’ai dû changer de chambre. C’était rigolo.

Y’a pas d’eau chaude dans la douche ; l’hiver est une notion toute à fait relative dans le sud de la Thaïlande, mais bon, quand même, de bon matin, ça pique un peu, comme on dit.

Je partage l’endroit avec une Thaïe qui voyage seule et passe ses journées à pianoter sur son téléphone et à faire des selfies (elle doit être influenceuse plantes vertes, je ne vois que ça).

Et plusieurs chats, très amicaux

(Vue de l’intérieur)

(Vue de la guesthouse.)

(Banana cake, gentiment offert par la propriétaire – il était délicieux.)

(Travaux à prévoir.)

Home Sweet home (2025-2026)


(En vadrouille pour avancer sur divers projets d’écriture, tant en BD qu’en littérature.)

Image 1 : bateau dans le port de Ranong (Thaïlande). Le scooter a droite c’est le « mien ». 130km/h, l’air de rien. Après en Thaïlande ça sert strictement à rien (d’autant plus que tout le monde roule beaucoup plus vite que moi).



Image 2 : à l’horizon : le point le plus méridional du Myanmar continental.

Juste à côté du Mulpipurpose Port Ranong (la faute n’est pas de moi, mais bien lisible sur le panneau à l’entrée), se trouve comme une belle verrue rose bonbon accrochée au visage d’un lépreux, le Sea Swan, un étrange mélange de complexe hôtelier (avec piscine et plage) et de meringue à la fraise. Les desserts du café ont des couleurs si vives qu’on les croit en plastique. Bien que fréquenté par une clientèle jeune et aisée (beaucoup de voitures de sport sur le parking gardé), étrangement l’établissement affiche des tarifs tout à fait raisonnables. 85 bahts (2,29€) pour une grande boisson de 50 cl, 100 bahts environ pour une part de tarte. Les croissants rose culotte exposés en vitrine, au-dessus des tartes aux fraises radioactives, m’ont laissé rêveur ; je n’ai pas poussé le vice à en goûter un. Depuis mon voyage au Japon je suis arrivé à la conclusion que manger un croissant en Thaïlande c’est un peu comme manger des sushis en France…

Contrairement à l’usage en Thaïlande, le grand restaurant à côté refuse que vous asseyez juste pour boire un verre en profitant du paysage. Il n’y avait que 200 places environ de libre.

L’Emprise, Sidney J. Furie (1982)


Carla Moran (Barbara Hershey, excellente, et à poil… soit dit en passant) est la mère de trois enfants. Billy, adulte, né d’une aventure alors qu’elle n’avait seulement que 16 ans. Puis deux filles plus jeunes, issues d’une autre union un peu plus stable, mais guère plus. Carla étudie la dactylographie pour trouver un meilleur travail, avoir un meilleur salaire. Un soir, elle est violée, par… elle ne sait pas, une entité, une chose, puissante et invisible. Une autre fois, deux créatures semblent lui tenir les jambes, pendant que la grande la pènètre. Elle s’adresse à un psychiatre, le docteur Sneiderman (Ron Silver, intense, y compris dans sa mufflerie), pour avoir de l’aide. Mais il ne la croit pas, pense qu’elle est malade. Et les viols continuent, jusqu’au jour où un témoin permet à Carla d’aller de l’avant, de prendre son destin en mains, si tant est que ça soit possible.

L’Emprise (titre français idiot, le film s’appelle The Entity en VO) est un classique de l’horreur, salué par d’immenses réalisateurs dont Martin Scorsese. Plus de quarante ans après sa sortie, il n’a pas beaucoup vieilli et reste particulièrement marquant. D’abord parce que Barbara Herhsey déchire tout en mère de famille violée. Sa descente aux enfers est particulièrement bien retranscrite : proches qui ne la croient pas, médecins qui veulent l’interner, etc. S’ajoutent à cela les scènes de viol, ses seins martyrisés, sa nudité frontale, symbole de son extrême vulnérabilité.

Là ou le film prend une tournure inattendue, c’est avec l’arrivée de scientifiques de l’Université de Californie et non d’un exorciste ou d’un médium. D’un seul coup, toute une équipe de chercheurs s’occupe de Carla ; ils doutent, bien évidemment, mais ils l’écoutent, l’aident (vraiment) et finissent par la croire.

Ce film est tiré d’un roman, lui-même inspiré de l’affaire Doris Bither.

Le film est particulièrement choquant, il y a non seulement les scènes de viol (répétées), mais aussi le sort réservé à une femme qui se dit violée, la façon dont son entourage réagit, ce qui est sans doute le pire dans l’histoire, ce manque de soutien. Il y a aussi cette scène d’anthologie où Carla, endormie, a un orgasme. Il y a peu Brigitte Lahaie a pris cher (médiatiquement) en rappelant qu’une femme peut avoir un orgasme spontané lors d’un viol. C’est malheureusement un fait scientifiquement avéré (d’un point de vue purement médical, l’orgasme est un réflexe) et il n’y avait sans doute pas matière à polémiquer à ce sujet. D’ailleurs, ce petit bouquin de Brigitte Lahaie est tout à fait recommandable (disclaimer : je suis salarié de la maison d’édition depuis 2017).

L’Emprise est vraiment un monument, ne serait-ce que pour l’interprétation « complète » de Barbara Hershey, tour à tour, victime, mère, amie, amante, objet de toutes les attentions, guerrière…

The Life of Chuck, Mike Flanagan (2024)


Alors que le monde s’effondre, d’étranges publicités apparaissent sur les panneaux, à la radio. « Charles Krantz, 39 grandes années, merci Chuck. » Mais qui est ce Charles Krantz, alors que l’internet ne fonctionne plus, la Californie a sombré dans la mer, les gens se déplacent en masse au Nevada ? « On dirait un comptable », dit quelqu’un.

Quelques mois plus tôt, une jeune noire installe sa batterie au coin d’une rue et commence à jouer pour un public fantôme, quand un comptable s’arrête et commence à danser.

 » Je suis vaste, je contiens des multitudes. » Walt Whitman

Ca faisait très longtemps qu’un film ne m’avait laissé aussi dubitatif. Je crois que je l’ai compris et qu’en même temps c’était tellement banal sur le fonds que je n’ai profité en fait que de la forme, notamment les deux belles scènes de danse (au coin de la rue, et le bal de fin d’année), qui sont vraiment d’anthologie.

Tom Hiddleston est parfait. Le reste du casting est très chouette.

Un beau film, étrange, original, que j’ai trouvé au final diamètralement opposé à ses intentions de départ : c’est à dire vain et creux.

The Life of Chuck, Mike Flanagan