Preacher saison 2 | True Detective saison 3 | Black Coal |

TrueDetective3

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Bon je fais mon premier « en bref » depuis que je tiens ce blog, me semble-t-il. Je ne sais pas si c’est un effet collatéral du confinement ou plutôt un manque de choses intéressantes à dire sur les séries et les films que j’ai vus ces derniers temps.

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Je me suis infligé la seconde saison de Preacher, j’avais quand même plutôt aimé la première. Hé ben la seconde est pas bien passé du tout : je me suis ennuyé, mais ennuyé. Jesse Custer (quel connard !) m’est souvent sorti par les yeux. Tulip avait perdu de son abattage et était limite conne par moments. Quant au vampire irlandais, bon y’a une bonne idée avec l’arrivée de son fils, mais ça ne donne pas grand chose au final. L’ensemble est moins drôle, plus sérieux trouvé-je. Et le pire dans tout ça, c’est qu’ils ne font rien ou presque du cadre : La Nouvelle Orléans.

J’ai acheté le troisième coffret (avant de regarder la saison 2), mais là j’ai un gros doute sur mon envie de m’y plonger.

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Dans la saison 3 de True Detective, deux enfants disparaissent dans l’Arkansas de 1980, un garçon de 12 ans, une fille de 10 ans. Le garçon est trouvé mort dans une grotte, les mains jointes, la fille n’est pas retrouvée. Deux policiers mènent l’enquête, un Noir qui a fait la guerre du Viêt-Nam et un blanc qui a fait celle de Corée. Un suspect est désigné sans mal : un Indien divorcé, vétéran à moité clochardisé, qui collecte les ordures et traînait dans le même coin que les enfants, le soir où ils ont disparu.

C’est vraiment une drôle de saison qui se passe à trois époques différentes, 1980, 1990 (quand la fille réapparaît) et 2015 quand une journaliste s’intéresse à l’affaire et cherche à lui trouver un angle « complotiste ».

Y’a du bon et du moins bon. La vraie fausse bonne idée, c’est d’avoir voulu remettre en place un système narratif analogue à celui de la saison 1, y’a des moment ça fait copié-collé et panne d’inspiration tragique. Par ailleurs, les scènes de ménage entre le flic Noir et sa femme écrivaine semblent assez peu naturelles, et j’ai trouvé certains de leurs dialogues particulièrement mal écrits (ce qui est rare chez HBO). L’histoire en elle-même est plutôt intéressante, mais elle ne tient pas vraiment la route : dès 1980 les flics (ils sont une centaine à bosser sur l’affaire) ont toutes les pièces du puzzle (j’avais compris dès le deuxième épisode sur huit). L’ensemble fait un peu fabriqué en jouant avec les infos cachées des époques précédentes et il n’y avait vraiment pas matière à faire huit épisodes. Par contre, cette saison 3 est ponctuée par des scènes, brèves mais exemplaires, qui vont de la baise extrêmement viscérale à l’interrogatoire percutant en passant par une fusillade très maîtrisée.

Carmen Ejogo qui campe une prof’, pacifiste, écrivaine, mère de deux enfants, tout ça sans que jamais sa sexualité particulièrement incendiaire soit émoussée, est éblouissante. Ce qui est intéressant dans ce personnage, c’est justement la dimension solaire, très positive, très saine de son approche de la sexualité. Elle est le cœur de cette saison 3, son âme vive.

Mahershala Ali est plutôt un bon acteur, mais là je l’ai trouvé en dents de scie. Étrangement, Stephen Dorff m’a semblé bien meilleur, bien plus étale (malgré sa ridicule perruque dans les segments 1980 – sérieux, on ne voit que ça !).

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De tous les polars chinois qui sont arrivés jusqu’à chez nous ces dernières années (The looming storm, Wrath of silence), Black coal est celui qui m’a le plus convaincu. On y suit un ancien flic alcoolique enquêtant sur une jeune veuve employée de pressing qui est liée à deux meurtres à priori sans lien et distants d’un paquet d’années. Sorte d’étude sur les rapports humains très difficiles, notamment entre les hommes et les femmes, dans la Chine d’aujourd’hui, il y a du Antonioni dans ce film, celui d’Identification d’une femme. On y trouve aussi une scène de fusillade très étrange. Le rythme est lent, lancinant, et certains rebondissement sont difficilement compréhensibles.

On pourrait être rebuté par la misogynie apparente de l’ensemble, mais il me semble que c’est plus malin que ça.

C’est pas totalement réussi, ça part sans doute dans trop de directions différentes (comme un feu d’artifices en plein jour), mais c’est vraiment intéressant si on supporte ce genre de films, tout en faux-rythme.

 

 

 

Cinéma / TV… a quickie

Jungle-New-Poster

Bien occupé par mon vrai travail (tu ne m’avais pas préparé à ça, vieux coq espagnol !), si je trouve encore le temps de regarder des films et des séries TV, je ne trouve plus du tout la demi-heure que nécessite une recension à peu près honorable de mes visionnages.

Jungle, Greg McLean (2017)

Avec Harry Potter. Un film de jungle, en Amérique du sud, une histoire vraie. Je n’ai évidemment pas pu résister à la tentation. Le scénario tient sur une page « notes » d’un Lonely Planet, à condition d’écrire gros. Les acteurs sont bons. Pas un grand film, mais une sorte de film honnête, aux ambitions limitées et bien cernées, que j’ai bien apprécié. Ça n’a pas la puissance de Lost city of Z.

 

Homicide, David Mamet (1991)

Le meurtre d’une vieille juive dans un petit magasin. Le destin de deux flics (Joe Mantegna et William H. Macy). Je ré-explore le cinéma de David Mamet avec un vrai plaisir. Semblants, faux-semblants, trahisons, quiproquos. Ce n’est peut-être pas le meilleur film de Mamet, mais je le trouve très bon.

 

Braquages, David Mamet (2001)

J’a acheté tout Mamet en DVD, donc je pioche. Et ce Braquages, je ne l’avais jamais vu. C’est un Mamet mineur avec un casting plaisant : Gene Hackman, Rebecca Pidgeon, Danny de Vito, Sam Rockwell, Delroy Lindo. Comme souvent chez Mamet, le scénario est bourré de petites erreurs/approximations qui semblent volontaires et nous (dé-)montrent que le cinéma est un art de la prestidigitation / l’illusion. Braquages n’atteint pas en la matière le brio de Spartan filmé trois ans plus tard. Avec ses personnages complexes, Braquages dit toutefois des choses intéressantes sur la vieillesse, sur la retraite, sur l’avant-mort.

 

True Detective saison 1, Nic Pizzolatto (2014)

La première fois que j’ai vu la série, j’ai été terriblement déçu. D’une certaine façon, on me promettait une sorte de thriller lovecraftien / Carcosa / Le Roi en jaune et ce n’était pas ça, au final. Bon j’étais clairement entré dans une pizzeria pour commander des sushis, ça arrive. L’erreur est humaine.

La deuxième vision (je connaissais la fin, l’identité du tueur) a été plus intéressante. J’ai pu me concentrer sur d’autres trucs (loin de ma prime déception). Notamment le jeu de Matthew McConaughey qui en fait des tonnes, le pire étant la scène dans la bagnole où d’une voix mortifère il nous explique la vie, la mort et l’univers. Donc, là, Matthew, je dois t’avouer que j’ai bêtement rigolé. Mis à part ça, il y a quelques scènes qui m’ont scotché, et notamment l’intégralité du dernier épisode que je trouve d’une puissance et d’une tension assez rarement atteintes à la télévision.

 

La Isla minima, Alberto Rodriguez (2014)

La Isla Minima c’est True Detective dans le sud de l’Espagne. J’avais déjà vu le film, je l’ai revu juste après avoir fini True Detective pour comparer les deux œuvres. Je n’ai pas été déçu, c’est toujours aussi bien, même à la seconde vision. Broyés par des forces qui nous dépassent, nous ne restons que des hommes.