
Première adaptation du premier roman de William Golding (Lord of the flies, 1954), le film de Sir Peter Brook ne cache à aucun moment sa nature « métaphorique » (on est dans le même genre de métaphore puissante que La Ferme des animaux d’Orwell). Après un accident d’avion peut-être provoqué par une attaque nucléaire (c’est en tout cas ce que suggère le réalisateur en générique d’ouverture), des garçons (il n’y a aucune fille dans le lot) se retrouvent sur une île tropicale déserte. Ils sont de plusieurs âges différents. Aucun n’est blessé, aucun ne semble manquer à l’appel (d’où le statut métaphorique que j’impose d’emblée au film). Rapidement deux clans se forment : celui de Ralph le porteur de conque qui pense que des règles sont nécessaires et celui de Jack qui ne pense qu’à chasser le sanglier et vivre comme des sauvages (comme si les « sauvages » n’avaient pas de règles). Ces enfants perdus, effrayés pour la plupart, vont faire l’expérience de la mort.
Voilà un film pas tout neuf, tourné en décors naturels à Porto Rico (sur l’île de Vieques), qui n’a rien perdu de sa force. Certaines des scènes sont impressionnantes sur le plan cinématographique, mais aussi par la direction d’acteurs qu’elles sous-tendent. Par exemple : une dizaine de gamins qui exécutent une espèce de danse / transe avec des lances autour d’un feu.
Sa majesté des mouches est très court (pour les standards actuels), 92 minutes, une demi-heure supplémentaire ne m’aurait pas dérangé tant on est immergé dans cette histoire à la fois horrible et magnifique.
Un classique. Impossible de passer à côté.
PS : Il existe une nouvelle version, L’Île oublié, tournée à Hawaï, je l’ai en DVD. J’en garde un bon souvenir.