The assignment, Walter Hill (2016)

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Frank Kitchen (Michelle Rodriguez avec une barbe et en pénis, en full frontal) est un tueur à gages latino, originaire de Miami. Répondant à un contrat, il assassine Sebastian Jane, le frère de la génialissime (c’est elle qui le dit) chirurgienne Rachel Jane. La vengeance de Jane sera pour le moins originale : elle opère Frank et le transforme en femme (Michelle Rodriguez, toison et tétons au vent, en full frontal, pour les amateurs… dont je fais partie, ce qui ne coûte pas cher à avouer).

Ce film est tiré d’une BD : Corps et âme, chez Rue de sèvres. N’ayant pas lu la bande-dessinée, je ne peux parler que du film qui n’est pas fameux. On me l’avait vendu comme un navet et c’est vrai qu’il y a une indéniable saveur de navet trop cuit, mais un navet pas marrant, un navet sérieux, et insufisamment nanardesque pour devenir jouissif. Le film ne présente guère de surprise, de A à Z on sait où il va, comment il y va. Sigourney Weaver fait la dame de glace, amatrice de Shakespeare et Poe, avec un certain dédain, trouvé-je. Michelle Rodriguez est belle, mais belle ; résultat son opération semble assez peu crédible. Il n’y a pas une ombre de réflexion sur le changement de sexe, la forme de viol / torture que représente le fait d’imposer une telle opération à quelqu’un (on trouvait déjà cette idée d’opération imposée au centre de La Piel que habito de Pedro Almodovar, 2011, tiré d’un roman de Thierry Jonquet).

Même dans sa nullité, The assignment est médiocre. Un tour de force.

 

 

A monster calls / Quelques minutes après minuit

monster

Un petit garçon, trop vieux pour être enfant, encore trop jeune pour être un homme, fait un cauchemar à minuit et sept minutes. Ainsi l’histoire commence, avec une église qui s’effondre et un arbre monstrueux (Liam Neeson, pour la voix en VO) qui va bientôt lui raconter trois histoires. L’enfant devra conclure par une quatrième histoire : la sienne, la vérité.

Waouh !

Non ?

Si si.

Waouh !

Franchement, je cherche un défaut à ce film, mais là je ne vois pas (ou il me faudrait être d’une horrible mauvaise foi et pinailler sur une pointe de pathos en trop ici, un monstre qui ressemble trop à un ent là – mais, ne pinaillons pas ! le film est waouh !). On est transporté par l’émotion. Les effets spéciaux (une bonne moitié du film) sont enfin utilisés intelligemment pour raconter quelque chose de profond et non pour en mettre plein la vue.

Il y a des scènes magnifiques de justesse, des scènes qui font rire, des scènes qui vous nouent le cœur, et des scènes qui vous font pleurer tout le sel de votre corps. Expliquer pourquoi ce film est formidable ce serait détruire sa force : essayez de le voir en en sachant le moins possible à son sujet.

Waouh !

A voir ABSOLUMENT en VO pour profiter de la voix profonde de Liam Neeson. Et un dernier petit conseil : regardez attentivement les « photos familiales » chez la mère et la grand-mère, vous aurez peut-être une étrange surprise…

 

PS : De Juan Antonio Bayona, j’avais vu L’Orphelinat que je possède en DVD quelque part dans ma montagne aux trésors (vite, ma pioche ! mon royaume pour une pioche !), mais je n’en ai aucun souvenir, aucun. Une « seconde chance » s’impose.