The Darkness, Greg McLean (2016)

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Deux couples vont camper dans le Canyon de Chelly, sur les anciennes terres des Anasazis. L’un des enfants, Michael Taylor (qui est par ailleurs autiste) tombe dans une crevasse et récupère cinq pierres magiques, libérant des forces qui n’avaient pas arpenté la terre depuis plusieurs siècles : celle du loup, du serpent, du bison, du coyote et du corbeau.

Il y a tout les bons ingrédients dans The Darkness : les mythes Amérindiens, le mystère qui entoure la fin de la civilisation anasazi (ou du moins la désertion de leurs cités), un couple (Kevin Bacon et Radha Mitchell) qui ont des problèmes de couple : la parentalité, l’infidélité du mari, la perte de désir, l’anorexie de l’aînée, l’autisme du cadet. Il y a tout et, paradoxalement, Greg Mclean n’en fait pas grand chose. Il copie (involontairement, supposera-t-on) tout un pan du Poltergeist de Tobe Hooper.

The Darkness ronronne, il devient vite ennuyeux et ce qu’il y a de plus intéressant tourne autour des relations entre les personnages : relations de travail, relations de couple, etc (on notera d’ailleurs un beau portrait de mari complètement odieux). Toute la dimension surnaturelle (et spirituelle) du film est bâclée par le réalisateur, les contradictions s’accumulent pour laisser place au sensationnel. Et malgré de très bonnes scènes et deux trois trouvailles graphiques assez bluffante, la mayonnaise ne prend jamais. Les Anasazis (et leurs croyances) méritaient mieux.

 

Solitaire / Eaux troubles, Greg McLean (2007)

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Un journaliste spécialiste en voyages (Michael Vartan, impeccable) se rend dans les territoires du nord de l’Australie pour faire une croisière d’observation des crocodiles. Son voyage se passe plutôt mal, on a perdu ses bagages, il y a la chaleur, les mouches et les autochtones ne sont pas forcément accueillants. Mais bon, courage, on va y arriver, il monte avec d’autres touristes à bord de la Suzanne, pilotée par la charmante Kate Ryan (Radha Mitchell, elle aussi impeccable). Évidemment, tout tourne à la catastrophe quand un crocodile de taille exceptionnelle, aux exigences territoriales marquées, endommage le bateau.

On doit la réalisation de Solitaire à Greg McLean,  le réalisateur plutôt doué de Wolf Creek 1&2, Jungle, The Darkness… J’ai beaucoup aimé le premier Wolf Creek et surtout Jungle.

Solitaire est une série B de luxe, avec des paysages magnifiques, des personnages un peu caricaturaux, une ou deux facilités scénaristiques, comme quand Sam Worthington accroche la corde à un arbre mort, alors qu’il y a plein d’arbres tout à fait en bonne santé à proximité. Et en même temps, c’est vraiment un film prenant avec plein de rebondissements et une scène de tension, incroyable, sur la fin. Les effets spéciaux sont exceptionnels. A aucun moment on n’a l’impression que le crocodile est en images de synthèse ou en caoutchouc pourri.

Si vous voulez une petite série B d’horreur, un tantinet poisseuse, ce film est parfait.