Noroi, Koji Shiraishi (2005)

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L’écrivain Masafumi Kobayashi est spécialisé en phénomènes paranormaux, il participe à des émissions de télévision et a sa propre émission, pour laquelle il filme en permanence ses enquêtes. Un jour, alors qu’il interviewe une famille qui entend des pleurs de bébés provenant de la maison voisine, maison où vivent une femme dérangée et son fils de dix ans environ, mais aucun nourrisson, il approche pour la première fois d’une vieille légende de montagne, qui va le mettre sur la piste du démon folklorique Kagutaba. Cette même enquête va aussi le rapprocher d’une petite fille, Kana Yano, qui possède d’impressionnants pouvoirs de clairvoyance et d’une actrice « hypersensible » qui a été terrifiée par quelque chose en forêt, prêt d’un temple. C’est près de Nagano, dans un village de montagne où tout le monde possède un chien que repose le secret de Kagutaba, enfoui sous les tonnes d’eau d’un lac de barrage artificiel.

Noroi est un drôle de film, une sorte de Blair Witch Project nippon. Si la réalisation found footage n’a pas grand chose d’original, et ne surprendra personne, le film a l’étrange qualité (et défaut) de partir dans tous les sens, de suivre mille pistes hétérogènes qui nous ramènent toujours au même endroit, ce village, un rituel pour faire la paix avec un démon. Le jeu des acteurs est de qualité très variable et le film de presque deux heures est trop long, pourtant il a un petit quelque chose de différent qui lui donne une véritable identité.

Malgré ses indéniables défauts, j’ai vraiment bien aimé. Notamment parce que ça montre un Japon très différent de l’habituel décor hyperurbain de Tokyo.

Ghost House, Rich Ragsdale (2017)

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Un couple se rend en vacances en Thaïlande. Julie (Scout Taylor-Compton) se passionne pour les ghost houses, ces petites maisons destinées aux esprits, dans lesquelles les bouddhistes déposent des offrandes. Emmenée par deux Anglais dans la « campagne » où l’on trouve des ghost houses encore plus intéressantes que celles de la capitale, Julie revient malade. Elle est possédée par un watabe, un esprit en colère.

Un film fantastique situé en Thaïlande… difficile de résister.

Ghost house est un J-horror qui serait extrêmement classique s’il avait été situé dans la campagne japonaise ou à Tokyo. Tourné à Bangkok et dans la campagne thaïlandaise (je n’ai pas réussi à trouver la liste des lieux de tournage, dommage), le film sort presque du lot. Mais il est insuffisamment thaï/couleur locale pour convaincre totalement. On reste un peu à la surface de ce bouddhisme animiste où coexistent moines et chamanes. Niveau ambiance thaïlandaise, Only god forgives est très au-dessus, surtout dans sa description vénéneuse de la nuit. Les scènes de rivière et de lac, vers la fin du film, avec l’immense pont en bambou et le temple isolé sur sa rive, sont très chouettes d’un point de vue esthétique. Les scènes fantastiques sont par contre très classiques, assez peu subtiles, et pour tout dire un peu ridicules. Le fantôme qui marche bizarrement, se déplace comme un cafard sur les murs et plafonds, la jeune japonaise aux longs cheveux noirs, l’enfant mort aux yeux blancs que seule Julie voit, car en contact avec le monde des esprits tourmentés. On connaît ça par cœur, depuis presque vingt ans maintenant. Et sur ce plan Ghost house ne fait que recycler ce qu’on a vu et revu. Allant jusqu’à se conclure par la fin la plus cliché qui soit. Comme il se doit.