
Résumé éditeur :
Isolé avec sa mère dans la forêt depuis toujours, Perceval ne connaît rien à la société des hommes. Il aime vivre en communion avec la nature jusqu’au jour où il croise un groupe de chevaliers de la Table Ronde. Fasciné par leurs armures resplendissantes, il ne rêve plus que d’une chose : rejoindre leur ordre et servir lui aussi le roi Arthur. Malgré sa naïveté et grâce à une détermination exemplaire, il y parviendra sans trop de difficultés, mais il devra relever un autre défi plus complexe à mener à bien : découvrir qui il est vraiment.
Mon avis :
Depuis quelques années maintenant j’ai l’habitude de noter dans mon téléphone le titre des bande-dessinées qui m’intéressent, que je repère chez mon libraire spécialisé, sur les blogs, ou dont on me parle ici ou là, IRL ou sur le forum du Bélial’ qui est le seul que je fréquente… par manque de temps, il est vrai. Je ne sais plus comment j’en suis arrivé à noter cette BD, puis à la commander. Mais une chose est sûre, je l’ai achetée à peu près en même temps que Morgane de Stéphane Fert & Simon Kansara, donc ça vient de là, d’une envie de lire des BDs sur la Matière de Bretagne, après avoir travaillé sur le Morgane Pendragon de Jean-Laurent Del Socorro.
A priori, rien dans le projet n’était pour moi. Un jeune homme naïf, des animaux qui parlent. Aargh, ça commence comme un Walt Disney grande époque. Tout ce que je déteste. Sauf que la scénariste – Anne-Caroline Pandolfo – s’amuse beaucoup avec la soi-disant naïveté de son récit, décalque a priori logique de la naïveté (de surface ?) de son héros. Perceval est une bande-dessinée très agréable à lire, érudite, qui comporte plusieurs niveaux de lecture, et qui m’a beaucoup rappelé les scénarios d’Hubert, Beauté, Peau d’homme. Il y a plein de réflexions teintées d’humour sur la chevalerie, l’honneur, la transmission, la famille, la noblesse et avant tout l’identité. Il y a aussi tout un sous-texte sur la virginité, l’impureté du sang, la pureté des âmes.
Quant au dessin, il est original mais approprié, renforcé par un découpage souvent audacieux, qui m’a à plusieurs reprises impressionné. Terkel Risberg a un talent fou. Il me semble que son style très « jeunesse » peut être clivant, mais dans le cadre de ce récit, c’est parfait et ça n’empêche ni une certaine brutalité, ni une certaine cruauté, ni une certaine profondeur.
Plus philosophique qu’il n’y paraît au premier regard, Perceval est un album à découvrir.
PS : On notera aussi la très belle qualité de fabrication de l’objet-livre. Chouette reliure, plus signet rouge.
