Légion, série Télé de Noah Hawley

David Haller souffre de schizophrénie et ne peut pas affronter le monde extérieur. Il vit donc dans un hôpital psychiatrique où il rencontre Syd Barrett (ah ah ah) qui ne supporte pas qu’on la touche. David Haller ne souffre pas de schizophrénie ; il est en fait un des plus puissants mutants qui soit. David Haller a un parasite dans la tête, le roi des ombres, qui lui pourrit la vie depuis sa plus tendre enfance. David Haller est poursuivi par la Division 3. Où se trouve l’illusion, ou sa trouve la réalité ?

Dans le registre série télé de super-héros, Legion est résolument à part. Psychédélique, hyper inventive au niveau de la réalisation, Légion est une expérience visuelle intense, assez rare. On ne peut pas dire que ce soit lisse, c’est même dans son genre délirant complètement jusqu’auboutiste, avec de vrais morceaux de comédie dedans, mais aussi des passages plus perturbants (le mélange rappelle un peu Utopia, mais la réalisation lorgne surtout du côté du David Fincher de Fight Club). Légion est aussi une sacrée brochette de personnages, bien campés, attachants, même dans le camp des « méchants » (ce qui ne veut pas dire grand chose dans le cadre de la série, ce qu’on ne saura que trop saluer). Comme souvent dans les séries modernes, le choix des chansons est bluffant. Série enthousiasmante qui ose tout ? Sans doute. Mais, car il y a un mais…

A cause de ses flash-backs incessant, de sa construction complètement explosée, de ses scènes chausses-trappes, Legion m’a exténué, lessivé ; j’ai repoussé autant que possible le visionnage de chaque épisode. Difficile d’en voir plus d’un par jour tant le côté pyrotechnique de l’ensemble est poussé à son comble. Évidemment quand arrive enfin le morceau de Pink Floyd (qu’on attend depuis le début) dans le dernier épisode, on sautille de joie.

Il faut sans doute se réjouir que de tels OVNIs télévisuels existent.

The Punisher (2017)

punisher

Frank Castle, le Punisher, n’est pas mort. Il casse des murs à la masse sur un chantier de construction. Impliqué bien malgré lui dans une affaire de braquage qui tourne mal, il se voit obligé de quitter sa couverture. Contacté par un hacker qui s’est lui aussi fait passer pour mort, et vit dans un sous-sol depuis un an, Frank va devoir se confronter à son passé, à une « opé noire » en Afghanistan qui a tourné affreusement mal. Un allié des USA est mort : Ahmad Zubair. Et Dinah Madani de la sécurité intérieure veut absolument savoir pourquoi… Frank sait, mais cette vérité lui a déjà coûté très cher : tout ce qu’il aimait.

The Punisher fait partie de la myriade de séries Marvel : Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist, etc. Je ne suis pas vraiment client, et je n’ai vu que les deux premières saisons de Daredevil (qui sont très bien, à mon humble avis) et c’est d’ailleurs dans Daredevil que j’ai côtoyé pour la première fois le Punisher incarné par Jon Bernthal (parfait pour le rôle). Personnage ambiguë (pour le moins), complexe, le Punisher est sur le papier un des personnages les plus intéressants de l’univers Marvel.

Mais je dois dire que je suis assez partagé sur la série qui lui est dédié.

D’abord, il y a le format : 13 épisodes ne me semblaient pas nécessaires pour raconter cette histoire, dix auraient sans doute suffi. D’un autre côté, j’ai trouvé les épisodes 11 et 12 proprement hallucinants. Auraient-ils eu le même impact s’ils étaient apparus plus tôt. Pas sûr. Evidemment, on retrouve dans ce show les deux twist du parfait guide du scénariste hollywoodien, aucun ne sera une surprise, mais néanmoins, à cause de leur dimension morale, ils font quand même leur petit effet.

Ensuite, il y a le message politique, ou disons la coloration particulièrement lourdingue Marines / famille / patrie, martelée (des fois on se croirait face à une publicité de l’armée de Terre). Semper Fi and co. Résultat : on a un peu de mal à avoir de l’empathie pour cette bandes de brutes épaisses, indéfendables et à moitié psychopathes.

Jon Bernthal est parfait ; on ne saura jamais si le Punisher est un abruti ou juste un tueur assez intelligent pour savoir qu’il doit se faire passer pour un abruti brut de décoffrage. Amber Rose Revah est très bien dans le rôle de Dinah Madani (personnage de pouvoir, mais sexué, avec une histoire familiale, des failles). Ben Barnes est excellent dans le rôle de Billy Russo, le mercenaire en costume Armani. L’interprétation est au top. De ce côté-là rien à dire, on retrouve la qualité Netflix.

The Punisher est assurément du beau travail (excellents acteurs, bonne réalisation, très bon habillage musical), mais il faut sans doute aimer les trucs de soldats, de camaraderie militaire et de frères d’armes pour l’apprécier à fond. Pas vraiment mon truc, un peu en opposition avec l’idée que je me fais du média bande-dessinée et du rôle qu’il se doit d’avoir dans la (contre-)culture. Heureusement que le personnage de Madani est là pour endiguer partiellement ce Niagara de testostérone.