Noroi, Koji Shiraishi (2005)

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L’écrivain Masafumi Kobayashi est spécialisé en phénomènes paranormaux, il participe à des émissions de télévision et a sa propre émission, pour laquelle il filme en permanence ses enquêtes. Un jour, alors qu’il interviewe une famille qui entend des pleurs de bébés provenant de la maison voisine, maison où vivent une femme dérangée et son fils de dix ans environ, mais aucun nourrisson, il approche pour la première fois d’une vieille légende de montagne, qui va le mettre sur la piste du démon folklorique Kagutaba. Cette même enquête va aussi le rapprocher d’une petite fille, Kana Yano, qui possède d’impressionnants pouvoirs de clairvoyance et d’une actrice « hypersensible » qui a été terrifiée par quelque chose en forêt, prêt d’un temple. C’est près de Nagano, dans un village de montagne où tout le monde possède un chien que repose le secret de Kagutaba, enfoui sous les tonnes d’eau d’un lac de barrage artificiel.

Noroi est un drôle de film, une sorte de Blair Witch Project nippon. Si la réalisation found footage n’a pas grand chose d’original, et ne surprendra personne, le film a l’étrange qualité (et défaut) de partir dans tous les sens, de suivre mille pistes hétérogènes qui nous ramènent toujours au même endroit, ce village, un rituel pour faire la paix avec un démon. Le jeu des acteurs est de qualité très variable et le film de presque deux heures est trop long, pourtant il a un petit quelque chose de différent qui lui donne une véritable identité.

Malgré ses indéniables défauts, j’ai vraiment bien aimé. Notamment parce que ça montre un Japon très différent de l’habituel décor hyperurbain de Tokyo.

Le pacte du mal, Oskar Santos (2010)

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Diego Sanz (Eduardo Noriega, très convaincant à contre-emploi) est un docteur distant, tête à claques, mais doué. Il travaille avec des patients en phase terminale, amputés, souffrant de sclérose en plaques qui, tous, ont besoin qu’on les soulage de leur douleur. Un jour, dans le parking de l’hôpital, il est agressé par un homme bouleversé parce que sa maîtresse est en état de mort cérébrale, mais aussi enceinte de sept mois. L’homme tire au pistolet sur Diego avant de se suicider. Quand les médecins et les infirmières arrivent pour prendre en charge leur collègue, Diego est certes inconscient, couvert de sang, mais personne n’arrive à trouver l’orifice d’entrée de la balle.

Le pacte du mal est un film espagnol construit autour de deux idées fantastiques a priori complémentaires qui, à mon humble avis, sont assez mal mariées dans le cas présent. La bonne idée c’est que Diego le distant se retrouve soudain avec le pouvoir de guérir certains de ses patients et que ce pouvoir le rapproche des gens. La mauvaise idée est le contrepoids posé sur l’autre plateau de la balance, celle de la condition humaine. Ce qui est gagné d’un côté est perdu de l’autre. On peut aussi y voir une métaphore du bénéfice/risque des interventions chirurgicales, poussée à son paroxysme.

On voit alors deux films se dérouler en parallèle : le premier sur la médecine hospitalière, le serment d’Hippocrate, le lien médecin-patient que j’ai trouvé formidable. Un second, plus fantastique, plus classique dans sa « malédiction » (et ses mécanismes) que j’ai trouvé banal et, pour tout dire, assez mal mené. La métaphore devient vite éléphantesque, alors qu’elle aurait gagné à ne pas être souligné. La fin (et ses pudeurs de gazelle) est particulièrement décevante.