The Tailor of Panama, John Boorman (2001)

Après une énième bévue, l’agent du MI6 Osnard (Pierce Brosnan) se fait sacquer et se retrouvé muté au Panama. A priori il n’y a rien à faire, c’est un poste-pantoufles (comprendre : putes low cost et alcool bon marché), à part surveiller le canal du même nom, enjeu stratégique s’il en est. Osnard cherche une tête de pont et la trouve en la personne de Harry (Geoffrey Rush) qui habille toutes les silhouettes qui comptent au Panama, truands, politiques, barbouze reconverties dans l’import-export, anciens révolutionnaires devenus alcooliques. Pour palper un peu de monnaie verte (dont il a fort besoin), Harry invente un complot sino-taiwanais pour s’emparer du canal du Panama. Amplifié par l’incompétence d’Osnard, le complot bidon devient une crise internationale majeure.

Je me suis régalé.

La collision, façon accident de voiture, du génie de John Le Carré et du talent de metteur en scène de John Boorman est totalement réjouissante. Pierce Brosnan, habitué aux rôles d’espion, 007 bien sûr, mais aussi The November Man (tout à fait correct), sans oublier le vieux beau de No Escape, s’en donne à cœur joie, aussi à l’aise dans les scènes mondaines que dans les scènes de bordel (la densité en « putes au mètre carré » du Panama à l’air tout à fait fascinante). Geoffrey Rush est « délicieux », désolé je ne trouve pas de meilleur adjectif : il est croustillant à cœur et tout sucre. Jamie Lee Curtis est impeccable, mais dans un registre sans surprise qui lui va bien au teint. Le reste du casting est tout à fait convaincant avec Brendan Gleeson (Braveherat), Catherine McCormack (Braveheart) et Harold Pinter dans le rôle d’Oncle Benny.

Boorman c’est le bien. The Tailor of Panama c’est super bien.