Blink, Michael Apted (1993)

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A la suite d’un drame familial particulièrement horrible, Emma Brody (Madeleine Stowe) a perdu la vue. Elle joue du violon dans un groupe de Folk-Rock The Drovers (les conducteurs de bétail) et vit comme elle peut avec son chien d’aveugle. Un jour on lui propose une greffe de cornée. Elle va pouvoir de nouveau voir. Mais le retour à la vision est un processus lent et pénible. Décourageant, pour tout dire. Qui réserve de nombreuses surprises, dont un effet retard particulièrement perturbant. Et quand la voisine du dessus est assassinée, Emma ne sait pas si elle a vu ou non cet assassin qui frappe dans différents états du pays et dont les crimes semblent posséder une connotation religieuse orthodoxe. Le fait que l’enquête soit confiée au détective Hallstrom (Aidan Quinn) n’aide en rien, car Hallstrom est amoureux d’Emma depuis longtemps.

Il est impossible d’oublier la première scène de ce film : Madeleine Stowe en robe de soirée – longiligne, sexy en diable – qui débute un concert pendant qu’un groupe de policier avinés (on peut dire enbièrés ?) bave sur les magnifiques seins qu’elle n’a guère, il faut bien le reconnaître. Une force de police aussi déficiente au niveau du don d’observation, ça fait peur.

 

En 1993, Madeleine Stowe était la plus belle actrice d’Hollywood (bon, c’est un peu péremptoire, mais l’important c’est d’être sincère dans ses commentaires). Blink n’est pas un grand film, ce n’est même pas le meilleur film du sous-estimé Michael Apted : Gorky Park, Gorille dans la brume, Incident à Oglala (documentaire inestimable), Coeur de Tonerre et Nell (bouleversant et terriblement sous-estimé, à mon sens), mais ça reste un bon film policier (un peu maladroit dans sa gestion des révélations finales). Un film qui vaut surtout pour le portrait très humain, très nuancé que Apted dresse d’Emma Brody. Emma peut être chiante, de mauvaise humeur, elle peut avoir envie de baiser, comme ne pas en avoir envie. Elle est très humaine, et son handicap l’agace évidemment, puisque ses proches veulent absolument la surprotéger tout le temps. Michael Apted, voilà un réalisateur qui arrive souvent à tirer le meilleur de ses actrices et acteurs : Sigourney Weaver dans Gorille dans la brume, Val Kilmer et Graham Greene dans Coeur de Tonnerre, Aidan Quinn dans Blink.

Je conseille. Vous devriez passer un bon moment en compagnie d’Emma Brody.

Upgrade, Leigh Whannell (2018)

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Futur proche.

Grey Trace répare des vieilles voitures. Un jour, il propose à sa femme de ramener une de ses voitures à son propriétaire. La surprise est totale pour Asha : elle se retrouve en face d’Eron Keen, inventeur génial qui travaille comme elle dans le domaine des implants intelligents/connectés. Sur le chemin du retour, la voiture connectée d’Asha est déroutée dans un quartier mal famée où le couple a un terrible accident. La jeune femme est assassinée devant les yeux de son mari. Lui est laissé tétraplégique par une blessure à la nuque.

Quelques jours après l’agression, Eron Keen propose à Grey une opération qui n’a jamais été tentée, une opération totalement illégale, mais qui pourrait lui rendre ses bras et ses jambes. Bien décidé à retrouver les assassins de sa femme, Grey accepte. Eron lui greffe alors une puce intelligente dans la nuque.

L’heure de la vengeance a sonné.

Upgrade est une série B australienne, dans tout ce qu’une série B peut avoir de plus noble : sincérité, maladresses scénaristiques, fautes de goûts, refus des standards scénaristiques hollywoodiens, envie de donner du plaisir brut aux spectateurs. J’ai beaucoup aimé ce petit film, même si, me semble-t-il, il était totalement inutile de faire du méchant un clone d’Adolf Hitler, même si l’inévitable twist n’en est pas un, tant on a compris dès le début de quoi il était question et où le film allait nous mener. Il y a une vraie belle faille scénaristique qui s’ouvre sur la fin. Elle était facile à combler ; le scénariste et réalisateur Leigh Whannell n’a pas jugé nécessaire de le faire. Son ambition semble ailleurs : produire une science-fiction éloignée des standards hollywoodiens, très nostalgique trouvé-je de la science-fiction fauchée des années soixante-dix. Upgrade est très chouette. Malgré tous ses défauts, vous pouvez lui donner une chance.