Dragon dans la Bibliothèque de Philémont

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« On notera aussi le choix de l’auteur de déconstruire son récit, les chapitres s’enchaînant de façon non chronologique. A titre personnel je n’ai pas vu l’intérêt d’un tel choix ; il me semble même qu’une lecture bêtement chronologique ne changerait rien au fond du récit et à son caractère percutant. » 

(Mon commentaire :
Si une lecture chronologique ne change évidemment pas le « fond du récit », il me semble que certains « effets » ne peuvent se produire sur le lecteur que parce qu’il connait la finalité de telle ou telle scène, mais pas la façon dont les choses se sont réellement passées. Contrairement à ce qu’on pourrait penser cette déconstruction est aussi naturelle qu’artificielle, j’ai certes monté le texte final comme on monte un film, mais l’histoire m’est venue au départ dans le « désordre le plus total », par bribes, flashs, bouts de dialogue, images.)

 

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Dans les lectures de Bouch’

« Je pourrais en parler pendant des heures. Je pourrais, si mes pensées ne partaient pas dans tous les sens, encore sous le choc de cette lecture. J’ai rarement été bouleversée ainsi, et le ne serai sans doute pas de sitôt. Ce qui est plutôt drôle, c’est que la dernière fois que c’est arrivé… C’était avec un autre titre de la collection [Une heure-lumière]. Quand je vous dis qu’il ne faut pas passer à côté… »

 

Ghost House, Rich Ragsdale (2017)

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Un couple se rend en vacances en Thaïlande. Julie (Scout Taylor-Compton) se passionne pour les ghost houses, ces petites maisons destinées aux esprits, dans lesquelles les bouddhistes déposent des offrandes. Emmenée par deux Anglais dans la « campagne » où l’on trouve des ghost houses encore plus intéressantes que celles de la capitale, Julie revient malade. Elle est possédée par un watabe, un esprit en colère.

Un film fantastique situé en Thaïlande… difficile de résister.

Ghost house est un J-horror qui serait extrêmement classique s’il avait été situé dans la campagne japonaise ou à Tokyo. Tourné à Bangkok et dans la campagne thaïlandaise (je n’ai pas réussi à trouver la liste des lieux de tournage, dommage), le film sort presque du lot. Mais il est insuffisamment thaï/couleur locale pour convaincre totalement. On reste un peu à la surface de ce bouddhisme animiste où coexistent moines et chamanes. Niveau ambiance thaïlandaise, Only god forgives est très au-dessus, surtout dans sa description vénéneuse de la nuit. Les scènes de rivière et de lac, vers la fin du film, avec l’immense pont en bambou et le temple isolé sur sa rive, sont très chouettes d’un point de vue esthétique. Les scènes fantastiques sont par contre très classiques, assez peu subtiles, et pour tout dire un peu ridicules. Le fantôme qui marche bizarrement, se déplace comme un cafard sur les murs et plafonds, la jeune japonaise aux longs cheveux noirs, l’enfant mort aux yeux blancs que seule Julie voit, car en contact avec le monde des esprits tourmentés. On connaît ça par cœur, depuis presque vingt ans maintenant. Et sur ce plan Ghost house ne fait que recycler ce qu’on a vu et revu. Allant jusqu’à se conclure par la fin la plus cliché qui soit. Comme il se doit.